Hadjar a de quoi mettre fin à la malédiction du deuxième baquet Red Bull

C’est "la prédiction réaliste" de Steiner selon "plusieurs éléments factuels"

Auteur : Franck Drui
29 décembre 2025 - 14:47
Hadjar a de quoi mettre fin à la malédiction du deuxième baquet Red Bull

Être appelé aux côtés de Max Verstappen chez Red Bull est souvent perçu comme le défi ultime en Formule 1... voire comme un piège. Pourtant, selon Gunther Steiner, Isack Hadjar pourrait bien disposer d’un avantage décisif que ses prédécesseurs n’ont jamais eu.

Promu dans ce que beaucoup considèrent comme le baquet le plus difficile du plateau, le Français s’apprête à rejoindre une équipe où les comparaisons avec le quadruple champion du monde sont aussi inévitables qu’impitoyables. Depuis le départ de Daniel Ricciardo fin 2018, un seul pilote – Sergio Pérez – est parvenu à rester plus de deux saisons aux côtés de Verstappen. Le Mexicain, six fois vainqueur en Grand Prix, a tenu quatre ans, là où Alex Albon n’a résisté qu’un an et demi après avoir remplacé Pierre Gasly, rétrogradé chez Toro Rosso dès la trêve estivale. Plus récemment, Yuki Tsunoda a disputé 22 courses, tandis que Liam Lawson n’en a disputé que deux dans une saison partagée entre les deux hommes.

Mais pour Gunther Steiner, le contexte dans lequel arrive Hadjar change radicalement la donne. Avec l’introduction d’une refonte complète des règlements techniques – châssis et groupes propulseurs – le pilote français bénéficiera d’une véritable page blanche.

"Je pense qu’Hadjar est un très bon pilote de course. Et ensuite, il a l’avantage des nouvelles réglementations. Cela lui permet de repartir de zéro avec Max à ses côtés."

"Il a cette opportunité, qui est un avantage, de ne pas arriver dans une voiture que Max connaît par cœur et lui pas. Ils ne connaissent rien de la voiture, tous les deux. C’est donc à son avantage. Bien sûr, pour défier Max, il faut être très bon, mais au minimum, je pense qu’il peut lui mettre la pression."

"C’est ce que j’attends de lui, parce qu’il fait du très bon travail. Une prédiction réaliste selon plusieurs éléments factuels en tout cas."

Un argument que Hadjar lui-même a déjà avancé, estimant que le moment est idéal pour rejoindre l’équipe de pointe, malgré une seule saison disputée en F1 avec Racing Bulls.

Ces dernières années, Red Bull a largement orienté le développement de ses monoplaces selon les préférences de Verstappen. Résultat : Tsunoda et Lawson se sont retrouvés cette saison au volant d’une RB21 façonnée à l’image du Néerlandais, sans avoir le temps ni l’expérience nécessaires pour s’y adapter pleinement.

Une situation que Hadjar ne connaîtra pas. Et même si la future Red Bull venait à évoluer progressivement selon les désirs du quadruple champion du monde – ce qui n’est pas garanti sous la direction du nouveau patron Laurent Mekies – le Français sera présent dès le départ pour grandir avec la voiture ou tenter d’en influencer la direction.

"Lawson et Tsunoda ont été mis dans une voiture avec laquelle Max avait énormément d’expérience, et ils n’ont pas réussi à combler l’écart rapidement," poursuit Steiner. "En plus, le plateau était extrêmement serré. Hadjar a de meilleures conditions à ce niveau-là."

L’ancien directeur de Haas F1 ajoute que "la philosophie doit être que Red Bull trouve un talent qu’ils estiment capable de devenir presque aussi bon que Max."

Steiner n’a d’ailleurs pas tari d’éloges sur la saison de débutant de Hadjar, qu’il a désigné comme son "rookie de l’année". Le Franco-Algérien a terminé 12e du championnat pilotes avec 51 points, devant son équipier chez Racing Bulls, Liam Lawson, 14e avec 38 unités.

Une performance d’autant plus notable que le début de saison du Français avait été marqué par une grosse désillusion : un accident lors du tour de formation du Grand Prix d’Australie. Loin de s’effondrer, Hadjar est revenu en force, décrochant même son premier podium en Formule 1 avec une troisième place au Grand Prix des Pays-Bas.

"Hadjar est mon rookie de l’année. Parce que sur l’ensemble de la saison, c’était lui... enfin, ils ont tous bien fait, mais Antonelli a vraiment eu des difficultés à plusieurs reprises, Hadjar a seulement eu un gros problème en Australie. Il n’a même pas pris le départ, mais il s’est relevé, et pour moi, le plus impressionnant, c’est qu’il s’est remis en selle immédiatement et qu’il est revenu avec la tête sur les épaules dès la course suivante en Chine."

Hadjar avait débuté sa saison aux côtés de Yuki Tsunoda chez Racing Bulls, avant de voir Liam Lawson le rejoindre après seulement deux week-ends, le Japonais étant promu chez Red Bull. Pour Steiner, cette situation a même pu compliquer la tâche du jeune Français.

"Si Hadjar avait eu un équipier expérimenté, on apprend plus vite. Là, il a dû tout faire tout seul."

"C’est ce qui le rend encore plus impressionnant, car quand vous avez une référence avec un équipier, vous pouvez regarder ses données et apprendre de lui. Là, c’était comme s’il était seul. Quand il avait un problème, quand il n’arrivait pas à trouver un réglage, il n’avait personne à qui se comparer. Pour la trajectoire, les points de freinage, pour progresser tout simplement... il était seul. J’ai énormément de respect pour lui aussi pour ça."


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