Haas F1 est-elle encore une équipe indépendante face à Ferrari et Toyota ? Komatsu se défend

Il refuse que Haas F1 devienne la Racing Bulls de Red Bull

Haas F1 est-elle encore une équipe indépendante face à Ferrari et Toyota ? Komatsu se défend
31 octobre 2026 - 14:51

En cette deuxième moitié de saison, Haas F1 fait partie des équipes ayant le plus fait parler sur le marché des transferts. S’il a été annoncé qu’Esteban Ocon ne serait pas conservé, Oliver Bearman n’a toujours pas prolongé son contrat pour l’équipe. Ayao Komatsu, le directeur d’écurie, a d’ailleurs tenu à vivement démentir les rumeurs faisant état d’une « gourmandise financière » bien trop importante de la part du jeune pilote britannique. En l’état, il y a peu de suspense : Oliver Bearman restera, sauf immense surprise chez Haas F1. Mais pour combien de temps ?

Oliver Bearman a en effet la cote dans le paddock. C’est d’ailleurs à Mexico, l’an dernier, qu’il avait signé son meilleur résultat en carrière, avec une superbe 4e place.

Depuis un an tout pile, à quel point Oliver Bearman a-t-il progressé selon son patron, Ayao Komatsu ?

« Si on compare à l’année dernière... Le début de cette année a été bon. Nous avons très bien démarré, mais à la mi-saison, nous étions vraiment en difficulté. Je pense que c’est la première fois qu’il a vécu la situation de piloter si bien, mais de se retrouver loin d’entrer dans les points et dans le top 10. Il faut donc presque se réajuster et se recentrer pour se dire : "D’accord, je ne me bats pas là où je voudrais être, dans le top 10, pour des points, même si je conduis mieux que jamais, je termine 13e, 14e." Il a dû passer par là. Il a dû garder cette motivation, continuer à motiver l’équipe, à la pousser vers l’avant. »

En clair, si le pilote a progressé, la voiture a régressé ! Mais alors comment garder les pilotes motivés ?

« Au moment le plus frustrant de son week-end, il a parfois dû penser à l’équipe, et il le fait sans même que nous ayons à lui dire : "Voici comment tu dois te comporter" » explique Ayao Komatsu.

Visiblement le Japonais est décidé à faire d’Oliver Bearman son leader d’équipe l’an prochain, et ce n’est pas un choix par défaut.

« Je vois une maturité et une croissance énormes dans ses capacités de leadership, alors qu’il n’a que 21 ans. C’est vraiment impressionnant. Je me souviens encore de l’une de ses courses les plus frustrantes. Dix secondes après le drapeau à damier, il ne se plaignait pas. Il essayait vraiment de motiver l’équipe, alors que n’importe qui d’autre aurait pu simplement dire à quel point la voiture était mauvaise. C’est une progression énorme. »

« Je dirais que sa pointe de vitesse n’a pas changé, car il a été extrêmement rapide dès le premier jour. Ça n’a pas disparu. C’est certain, il n’a pas ralenti, mais je ne suis pas sûr qu’il soit allé plus vite. Il est là. En termes de régularité dans ses performances, de compréhension de la façon dont il peut exploiter cette vitesse en permanence et de motivation de l’équipe, je vois un potentiel de croissance énorme. »

Dans les négociations en cours, Haas F1 aimerait certes prolonger Oliver Bearman pour de nombreuses années. Cependant Ayao Komatsu doit aussi être réaliste : il sait que son pilote veut courir, dans le futur, pour Ferrari. Comment prend-t-il en compte ces demandes dans les négociations ?

« Encore une fois, je n’aime pas entrer dans les détails de notre contrat. Mais Ollie montre un potentiel incroyable. Il a beaucoup contribué et il contribue énormément au succès de l’équipe. Nous voulons grandir ensemble. Nous voulons remonter sur la grille en tant qu’équipe. Avant tout, nous avons besoin d’une voiture compétitive en 2027. Ce ne sera pas un défi facile, car nous avons commis une erreur en 2026, dont nous payons également le prix pour 2027. Mais notre objectif est vraiment de maximiser tout ce que nous maîtrisons, en essayant vraiment de sortir une voiture compétitive en 2027, puis, espérons-le, d’avoir Ollie avec nous pour continuer sur cette lancée. »

Haas F1 devient-elle la Racing Bulls de Red Bull ?

Aux côtés d’Oliver Bearman, c’est donc Rafael Câmara qui roulera dans la deuxième Haas F1 l’an prochain. Or, comme Bearman, le Brésilien est un pilote de l’académie Ferrari… Haas F1 serait-elle ainsi devenue, officieusement, l’équipe B de la Scuderia ? La Racing Bulls de Red Bull ?

« Pour répondre à votre première question, je pense que la configuration de Racing Bulls et de Red Bull Racing est très, très différente de notre collaboration avec Ferrari » rétorque Ayao Komatsu.

« Nous n’avons pas le même propriétaire, nous sommes donc deux équipes totalement indépendantes. Ensuite, nous n’avons pas de programme global sur la façon dont nous réunissons les pilotes, contrairement à Racing Bulls et Red Bull qui travaillent clairement ensemble, n’est-ce pas ? C’est donc une dynamique très différente. À aucun moment... »

« Notre collaboration avec Ferrari nous offre un accès et des opportunités. Avec Ollie Bearman, pour la première fois ici, cette opportunité a été rendue possible grâce à notre collaboration avec Ferrari. Mais à aucun moment Ferrari ne nous a dit : "Oh, pouvez-vous prendre Ollie comme pilote titulaire ?" Il en va de même pour Rafael Câmara. Bien sûr, en regardant les formules de promotion, il a montré une vitesse incroyable et un talent prometteur. Grâce à notre collaboration, nous avons eu accès à lui. Nous avons entamé des discussions et nous avons dit : "D’accord, pouvons-nous tester Rafa lors d’un TPC ?" Nous étions tous d’accord, nous l’avons testé, et il s’est avéré très, très rapide. Nous l’avons donc choisi. »

« Je n’ai aucune inquiétude. C’est simplement un avantage de notre collaboration avec Ferrari d’avoir accès à ces jeunes. »

Haas F1 ne craint-elle pas d’aligner deux jeunes pilotes l’an prochain, alors que la nouvelle réglementation technique sera encore récente ? N’est-ce pas ouvrir la porte aussi à de féroces rivalités ?

« Ensuite, la deuxième partie de votre question, je crois que vous demandez s’il y a des inquiétudes concernant la dynamique ? Je ne pense pas. Ollie est un gars formidable, un pilote incroyable, et je pense qu’il accueillera vraiment bien quelqu’un comme Rafa Câmara pour qu’ils se stimulent mutuellement. »

« Il nous appartient également, en tant qu’équipe, de fournir le bon environnement. Nous essayons toujours d’offrir un environnement sûr et sécurisé. Oui, nous devons nous stimuler mutuellement. C’est ce que nous recherchons. Les deux pilotes doivent se pousser l’un l’autre, mais en tant que coéquipiers, nous travaillons pour l’équipe. C’est très, très clair depuis le premier jour. »

« Je me souviens de l’époque où j’ai signé Esteban Ocon, beaucoup de gens se posaient des questions sur le comportement d’Esteban face à un coéquipier. J’ai répondu : "Écoutez, si nous instaurons la confiance, la transparence et le respect, je ne vois aucun problème". Je ne pense pas que vous ayez vu le moindre problème. Nous avons eu un contact à Silverstone l’année dernière ou ailleurs, nous l’avons clarifié. Nous avons eu un contact à Spa cette année, mais les deux pilotes se respectent. Ils courent pour l’équipe. Consignes d’équipe, quoi qu’on leur demande de faire, ils le font. Je pense que tout dépend de l’environnement que l’on crée, et de la confiance et du respect que l’on bâtit ensemble. À condition de pouvoir faire cela, je ne vois vraiment aucun problème entre Ollie et Rafa. Je pense qu’ils seront d’excellents coéquipiers, se stimulant mutuellement. »

Toyota est-elle devenue jalouse du partenariat plus étroit avec Ferrari ?

Si Haas F1 a renforcé ses liens avec Ferrari, comment se déroule aussi le partenariat avec Toyota ? Le constructeur japonais n’a pas mal pris le fait que Haas signe un deuxième pilote Ferrari, et non Ryo Hirakawa ? Est-ce le sens du déplacement récent de Komatsu au Japon, chez Toyota ?

« Encore une fois, si l’on regarde les articles auxquels vous faites référence, je voulais juste être à 100 % clair dès le premier jour, avant de signer quoi que ce soit, avant qu’Akio-san [patron de Toyota] ne s’engage à quoi que ce soit – car il était évidemment passionné à l’idée que l’un de ses pilotes occupe le baquet. Mais j’ai dit à Akio-san : "Écoutez, ce gars doit être le plus rapide, sinon ça ne marche pour personne". Toyota ne veut pas être perçue comme l’entreprise qui ne fait que déverser de l’argent pour placer son pilote en Formule 1. Et quel que soit le pilote, il ne veut pas être étiqueté comme un pilote payant. »

« L’équipe Haas F1 ne fonctionnera pas si le pilote n’est pas rapide. Il n’y a eu aucun malentendu à ce sujet. Mais encore une fois, nous avons une relation incroyable. C’est un gars fantastique. »

« Ensuite, pendant le processus d’évaluation, je l’ai informé de la situation et de la façon dont nous évaluions les pilotes. Il connaissait donc déjà la décision. Il savait comment nous y étions parvenus. Mais je voulais simplement aller le voir en personne, et je l’ai également remercié pour toutes les opportunités offertes. Je lui ai parlé du processus et du résultat, et il est tout à fait d’accord. »

« C’est un homme formidable, avec une grande vision. C’est une personne très inspirante, et nous sommes vraiment engagés à fournir l’environnement nécessaire pour développer les personnes, pas seulement les pilotes, pas seulement les ingénieurs ou les mécaniciens, mais toutes les personnes impliquées dans les opérations de l’équipe de course de Formule 1, pour mettre de la performance sur la voiture. Car en fin de compte, chacun de nous est ici pour apporter de la performance à la monoplace en piste. Nous nous y engageons. La relation se renforce de plus en plus. Le respect et la transparence en sont les fondations, et je ressens vraiment ce profond respect mutuel. Cette relation est aujourd’hui incroyable. Je suis très, très reconnaissant d’avoir eu l’opportunité de le rencontrer, pour finalement travailler ensemble. »

Ryo Hirakawa a pourtant fait du bon travail en EL1 à Mexico, en finissant à cinq dixièmes d’Oliver Bearman... qui plus est sans toutes les évolutions.

« Encore une fois, il a fait de l’excellent travail, tout comme dans le cadre du programme TPC. C’était vraiment bien de l’installer dans la voiture maintenant car la dernière fois qu’il a piloté, c’était notre spécification précédente, avant l’évolution de Monza. Cela a simplement confirmé que la voiture s’est améliorée de façon spectaculaire, elle est beaucoup plus constante et prévisible, ce qui fait écho aux commentaires de nos deux pilotes titulaires. C’était vraiment bien pour lui de s’en rendre compte également. Nous avions un programme différent pour les freins, qu’il a très bien mené à bien. Ses retours étaient bons. »

Et quel sera alors l’avenir de Ryo Hirakawa chez Haas F1 ? Troisième pilote ?

« Nous ne savons pas exactement ce que nous ferons avec lui l’année prochaine, mais nous aimerions poursuivre notre programme avec lui cette année, indépendamment de ce qui se passera pour l’an prochain. Il a donc fait du bon travail. »


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