Ford veut donner ’la meilleure F1 et le meilleur moteur’ à Verstappen

"Mais nous savons à quel point le défi est difficile"

Auteur : Franck Drui
14 janvier 2026 - 10:19
Ford veut donner ’la meilleure F1 et le meilleur moteur’ à Verstappen

Ce mois de janvier 2026 pourrait rester longtemps gravé dans la mémoire de Dearborn, dans le Michigan, siège mondial de Ford. Le coup d’envoi du projet F1 y sera donné le 15 janvier, avec la présentation des équipes Red Bull Racing - Ford et Racing Bulls - Ford, avant une étape clé le 26 janvier, date à laquelle les monoplaces propulsées par la nouvelle unité de puissance Red Bull-Ford prendra la piste pour la première fois lors d’essais privés à Barcelone.

Des échéances majeures pour Mark Rushbrook, directeur mondial de la compétition chez Ford (en photo au centre) qui a évoqué les enjeux et les ambitions du retour de Ford en Formule 1.

"Cela fait presque trois ans que nous avons annoncé notre partenariat avec Red Bull," rappelle Rushbrook.

"Travailler avec eux au développement de la nouvelle unité de puissance a été fantastique. Mais le temps est passé très vite. Et soudain, nous y sommes. Cette semaine, nous aurons le lancement de la saison, puis le 26 janvier, nous serons en piste à Barcelone. Nous pensons être dans une bonne position avec tout le travail réalisé à Milton Keynes, mais tant que nous ne roulerons pas, nous ne saurons pas vraiment où nous en sommes."

A noter que la présentation Red Bull Racing / Racing Bulls est prévue le 15 janvier au soir à Détroit, ce qui nous mène à vendredi 16 janvier à 4h du matin en France !

Dans cette alliance stratégique avec Red Bull Powertrains, Ford a défini très tôt son champ d’action.

"L’équipe et le programme moteur sont basés à Milton Keynes," explique Rushbrook. "Lorsque nous sommes arrivés, nous avons clairement indiqué que Ford voulait se concentrer sur la partie électrique. C’est là que nous avons mis notre priorité principale."

"Toutefois, l’implication ne se limite pas à l’électrification. Au-delà de cela, nous avons pu apporter notre expérience en matière de contrôle et de calibration afin de faire fonctionner ensemble le moteur à combustion et la partie électrique. Dans nos propres installations, nous pouvons également fabriquer certains composants, y compris pour le moteur thermique. La direction du projet se fait à Milton Keynes, mais nous avons mis à disposition toutes les ressources que nous pouvions apporter."

Une hiérarchie qui s’annonce très incertaine

Alors que certains estiment que Red Bull-Ford pourrait très bien se lancer côté moteur, grâce à de très bons recrutements chez Mercedes, Honda, Ferrari et Renault F1, Rushbrook se montre prudent.

"On verra. Il y a tellement d’éléments nécessaires pour réussir : une grande voiture, un grand moteur, performant thermiquement et électriquement, la fiabilité, la calibration... Avoir un avantage dans un domaine ne signifie pas que vous avez un avantage partout. Il y a beaucoup d’opportunités, et il faut que tout fonctionne ensemble."

Un ensemble dont fait évidemment partie le pilote vedette de l’équipe, Max Verstappen.

"Max est un pilote incroyable et une personne incroyable," souligne Rushbrook.

L’avenir du Néerlandais au-delà de 2026 pourrait d’ailleurs dépendre directement de la compétitivité du projet mené avec Ford.

"La clé sera la performance en piste. Nous voulons tous gagner, et chez Ford, nous voulons donner au meilleur pilote - et c’est ce qu’il est - le meilleur matériel pour gagner : la meilleure voiture et le meilleur moteur."

"Il est venu très souvent voir l’avancement du projet moteur. Le fait qu’il s’investisse et montre qu’il s’en soucie est important pour Ford."

"Verstappen est un talent générationnel. Avoir un champion dans une voiture équipée d’un moteur Red Bull Ford, c’est important. Nous avons confiance en l’équipe, en le moteur et en ceux qui conçoivent la voiture. Mais au final, tout repose sur le pilote : il doit exploiter tout son potentiel. Et nous sommes convaincus que Max est un champion."

Rushbrook a toutefois ajouté que l’engagement de Ford ne dépend pas d’un seul pilote.

"Max est un élément important, mais ce n’est pas au point de dire : ’S’il quitte l’équipe, nous aussi’. Non, nous avons confiance en l’équipe et nous savons que nous aurons à recruter d’autres pilotes à l’avenir."

Ford et Red Bull affichent clairement leur ambition de jouer les premiers rôles dès l’entrée en vigueur de la nouvelle réglementation moteur. Mais Rushbrook tempère les attentes.

"C’est notre ambition, mais nous savons à quel point le défi est difficile, d’autant plus que le programme de moteurs Red Bull part de zéro. Il est difficile d’imaginer que nous ayons un succès immédiat... mais peut-être que cela arrivera."

Un défi dont la complexité était anticipée, même si la réalité s’est révélée exigeante.

"Nous savions que ce serait compliqué... et ça l’a été," reconnaît-il. "Nous avons constaté que le rythme de développement en Formule 1 est bien plus élevé que dans n’importe quelle autre discipline. C’est clairement un autre niveau."


Nouveau : comment suivre au mieux l’actualité de notre site ?

Via notre nouvelle chaîne WhatsApp Nextgen-Auto.com !

Vous abonner (cliquez sur l’étoile pour mettre en favori) à notre Google News si vous utilisez l’appli Google Actualités sur votre smartphone.


Partage

si202509071239.jpg