Ecclestone soutient Ben Sulayem pour ’le retour des moteurs V8, V10 ou V12 en F1’

Moteurs, Sprints et calendrier sont à revoir selon lui

Ecclestone soutient Ben Sulayem pour ’le retour des moteurs V8, V10 ou V12 en F1’
Auteur : Franck Drui
27 juin 2026 - 16:27

Bernie Ecclestone a apporté un soutien appuyé au président de la FIA, Mohammed Ben Sulayem, lors du Grand Prix d’Autriche. L’ancien patron de la Formule 1 estime que le dirigeant émirati accomplit un excellent travail et partage pleinement son ambition de voir la discipline revenir à des moteurs atmosphériques dans les prochaines années.

Présent au Red Bull Ring, Bernie Ecclestone n’a pas caché son admiration pour le travail accompli par Mohammed Ben Sulayem depuis son arrivée à la tête de la FIA. L’ancien grand argentier de la F1, qui a collaboré au fil des décennies avec Jean-Marie Balestre, Max Mosley et Jean Todt, juge très positivement le mandat de l’actuel président.

Son épouse, Fabiana Ecclestone, occupe d’ailleurs le poste de vice-présidente de la FIA pour le sport en Amérique du Sud, ce qui lui permet d’observer de près le fonctionnement de l’institution.

"Eh bien, j’essaie de trouver quelque chose qu’il aurait fait de mal", a déclaré Ecclestone. "Ce n’est pas une tâche facile de prendre les fonctions qu’il a reprises, et je pense qu’il essaie de faire en sorte que tout fonctionne de manière équitable, tout en modernisant un peu les choses."

Il reconnaît toutefois qu’aucun dirigeant n’est irréprochable.

"Malheureusement, comme dans toutes ces situations, on ne peut pas avoir raison à un million de pour cent tout le temps, mais je ne vois rien de ce qu’il a fait jusqu’à présent qu’il n’aurait pas dû faire. Il y a une ou deux choses que j’espère qu’il fera à l’avenir."

Interrogé sur ces évolutions souhaitées, Ecclestone n’a pas hésité une seconde.

"Un moteur trois litres. Peu m’importe que ce soit un V8, un V10 ou un V12. Je pense que vous seriez tous heureux avec ça. Je crois que c’est la bonne direction."

L’ancien patron de la F1 soutient ainsi la volonté affichée par Mohammed Ben Sulayem et le président de la Formule 1, Stefano Domenicali, d’étudier un retour à des moteurs plus gros, plus sonores et moins coûteux à partir de 2030 ou 2031. La FIA souhaite accélérer cette transition si les constructeurs donnent leur accord.

Ecclestone reconnaît toutefois que convaincre les motoristes ne sera pas forcément simple.

"Le seul changement qu’ils aiment faire, c’est quand ils en ont assez : ils s’en vont sans demander la permission."

Bernie Ecclestone estime également que Max Verstappen était pleinement fondé à dénoncer la complexité excessive des groupes propulseurs actuels.

Le quadruple champion du monde a régulièrement expliqué que son avenir en Formule 1 dépendrait notamment de l’évolution de la réglementation, lui qui réclame des monoplaces plus plaisantes à piloter et moins dépendantes de la gestion de l’énergie. Dès 2027, la répartition entre puissance thermique et électrique évoluera d’ailleurs vers un ratio de 58 % pour le moteur à combustion et 42 % pour la partie électrique.

Interrogé sur le risque de voir Verstappen quitter la discipline, Ecclestone a répondu : "Je veux dire qu’il avait raison de critiquer cela. Je pense que cette réglementation n’avait pas besoin d’aller aussi loin dans ce qui a été fait. Et c’est précisément ce dont Max se plaignait."

Malgré les réticences actuelles de certains constructeurs, il pense qu’un consensus finira par émerger.

"Ben Sulayem aimerait que toutes les équipes lèvent la main et disent que c’est fantastique, ce qu’elles feraient probablement si elles n’étaient pas contrôlées par un constructeur. Et je pense que les constructeurs finiront par adhérer à cette idée, parce que cela paraît évident."

Un redressement financier salué

Ecclestone a également mis en avant la gestion financière de Ben Sulayem. Après une perte de 24 millions d’euros en 2021, la FIA a récemment annoncé un bénéfice de 6,7 millions d’euros pour l’exercice 2025.

"Il a eu un travail difficile à accomplir."

"Parce qu’il a hérité de choses qu’il n’avait pas mises en place lui-même, il n’avait donc pas les mains libres. Il a été élu pour accomplir une mission sans savoir exactement tout ce qu’elle impliquait. Il a découvert progressivement ce qu’il fallait faire et ce qu’il ne fallait pas faire, et je pense qu’il a réalisé un travail remarquable."

L’ancien patron de la F1 estime que cette amélioration était indispensable au bon fonctionnement de la fédération.

"Sur le plan financier, il remet la FIA dans la situation où elle aurait toujours dû être. Il n’y a aucune raison de considérer que c’est un crime si la FIA gagne de l’argent."

"Elle doit faire vivre une organisation, elle a besoin de ressources pour la maintenir, mais aussi pour financer toutes les autres actions qu’il mène afin d’aider les clubs et, plus généralement, de soutenir le sport."

"Il ne touche pas d’argent pour lui-même, il n’est pas là pour des raisons financières. Il est là pour faire de son mieux au service du sport dont il a la responsabilité."

Toujours sceptique face aux sprints et au calendrier

En revanche, Bernie Ecclestone continue de critiquer certaines orientations prises par la Formule 1 moderne, à commencer par un calendrier de 24 Grands Prix et le format Sprint.

"Je pense que les deux sont de mauvaises idées. Vingt-quatre courses, c’est trop pour tout le monde, y compris pour le public. Les gens manquent une course et se disent : ’On en reverra une dans quelques semaines, non ?’"

"Quant aux courses Sprint, je n’ai absolument aucune idée de leur utilité."

Enfin, lorsqu’on lui demande si la Formule 1 lui manque, Ecclestone répond avec franchise.

"J’y réfléchis justement. Une partie me manque. Ce qui me manque, c’est l’aspect financier, le fait de monter des projets et de construire tout cela."

"Est-ce que je restais jusqu’à la fin des courses ? Non. Alors je ne sais pas si c’était une bonne ou une mauvaise chose. Moi, j’avais fait mon travail."

Concernant le championnat actuel, Bernie Ecclestone a salué la prestation de Mercedes F1 mais n’est pas vraiment convaincu par le redressement de Ferrari.

L’ancien grand patron de la Formule 1 a de nouveau avancé sa théorie selon laquelle Ferrari compterait "trop d’Italiens" pour connaître le succès alors que Lewis Hamilton a renoué avec la victoire pour Ferrari au Grand Prix de Barcelone-Catalogne.

"Le problème avec Ferrari, je pense, c’est qu’il y a trop d’Italiens impliqués pour expliquer ce qu’il faut faire ou ne pas faire."

"Il suffit d’une seule personne pour décider de faire ceci ou cela. Que la décision soit bonne ou mauvaise, c’est l’avenir qui le dira."


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