Pourquoi plusieurs innovations aérodynamiques seront interdites en F1 dès 2027

"Les équipes n’ont pas cassé le concept" mais la FIA veille au grain

Pourquoi plusieurs innovations aérodynamiques seront interdites en F1 dès 2027
Auteur : Franck Drui
4 août 2026 - 07:12

Après une première moitié de saison marquée par une évolution rapide des monoplaces, la FIA prépare déjà l’avenir. Plusieurs solutions aérodynamiques apparues cette année seront interdites dès 2027 afin d’éviter une nouvelle escalade des coûts et de préserver la capacité des voitures à se suivre en piste. Pour autant, Nikolas Tombazis estime que le nouveau règlement a déjà atteint un objectif majeur : contrairement à la précédente génération, les équipes n’ont pas trouvé de faille capable de remettre en cause le concept imaginé par la Fédération.

Afin de réduire les niveaux d’appui aérodynamique et de limiter la course au développement, la FIA a déjà décidé de modifier plusieurs aspects du règlement technique pour 2027 (à retrouver en intégralité ici). L’objectif est clair : empêcher les équipes d’exploiter certaines zones qui ont fait l’objet d’un intense développement au cours de cette saison 2026.

Parmi les innovations qui disparaîtront figurent notamment les ailettes d’échappement, les extensions des supports de l’aileron arrière, ainsi que les petits déflecteurs installés autour du carénage de l’actionneur de l’aileron arrière, apparus pour la première fois à partir du Grand Prix de Monaco.

Malgré ces ajustements, le directeur des monoplaces de la FIA, Nikolas Tombazis, estime que les équipes n’ont pas réussi à contourner l’esprit du règlement comme elles l’avaient fait lors de l’ancienne génération de voitures à effet de sol.

Selon lui, les pertes d’appui lorsqu’une voiture suit une autre sont aujourd’hui comparables à celles observées au début de la saison 2022. À cette époque, les nouvelles monoplaces ne perdaient qu’environ 15 % d’appui à 10 mètres d’une concurrente et 5 % à 20 mètres.

Mais, au fil du développement, les équipes avaient exploité plusieurs libertés du règlement qui dégradaient fortement le sillage aérodynamique. Les pertes étaient alors passées à environ 35 % à 10 mètres et 15 % à 20 mètres, rendant les dépassements beaucoup plus difficiles.

Tombazis estime que les enseignements tirés de cette période ont permis d’éviter que le même scénario ne se reproduise.

"Je pense que nous sommes dans une situation comparable à celle du début du championnat 2022, mais je crois que le concept est plus robuste cette année," explique-t-il.

"Les différentes solutions aérodynamiques développées par les équipes n’ont pas permis de casser le concept."

"Avec le précédent règlement, certaines solutions avaient considérablement compromis le concept, principalement les dérives à l’extrémité de l’aileron avant, les bords du plancher et tous les appendices autour des roues avant."

"Tous ces éléments dégradaient fortement les caractéristiques du sillage. Nous en avons tiré les leçons et j’espère qu’il n’existe aujourd’hui aucun problème équivalent."

Des surprises... rapidement corrigées

Le responsable de la FIA reconnaît toutefois que certaines innovations apparues cette année n’avaient pas été anticipées.

"Nous ne nous attendions pas, par exemple, à voir apparaître les solutions autour des échappements," admet-il.

Plusieurs de ces concepts ont déjà été neutralisés dans le règlement 2027.

"Et il existe également quelques solutions au niveau de la carrosserie que nous avons déjà corrigées pour l’an prochain."

La FIA ne souhaite cependant pas enfermer totalement les ingénieurs.

"Globalement, nous avons essayé de conserver un défi technique intéressant pour les équipes dans le développement des voitures."

"Nous n’avons pas choisi l’option la plus restrictive possible et je pense que nous avons trouvé un équilibre intéressant entre liberté de conception et convergence progressive des performances."

Selon Tombazis, il existe encore suffisamment de marge pour distinguer les meilleures équipes en termes de développement.

"Je pense qu’il subsiste encore des écarts de performances raisonnables et qu’ils continueront progressivement à se réduire au cours des six prochains mois."

Il souligne d’ailleurs que la zone réglementaire entourant l’actionneur de l’aileron arrière restera plus encadrée en 2027, même si les ingénieurs disposeront encore d’une certaine liberté pour imaginer de nouvelles solutions.

Des monoplaces exigeantes... mais plus agréables

Si les nouveaux groupes propulseurs 2026 ont suscité de nombreuses critiques de la part des pilotes, le comportement général des voitures est, lui, beaucoup mieux accueilli.

Les nouvelles monoplaces ont notamment abandonné les suspensions extrêmement rigides et les faibles hauteurs de caisse qui caractérisaient l’ère précédente. La réduction de l’appui aérodynamique les rend également plus délicates à piloter dans les virages.

Pour Tombazis, cet équilibre est précisément celui recherché.

"Elles restent, je pense, des F1 assez difficiles à piloter," explique-t-il.

"Et c’est une bonne chose qu’il ne s’agisse pas de voitures que n’importe qui puisse conduire."

"Certains aspects du règlement aérodynamique empêchent les équipes de corriger absolument chaque caractéristique de la voiture en virage, ce qui fait qu’elles conservent un certain nombre de défis à relever."

"Lorsque l’on dispose des 22 meilleurs pilotes du monde, il est normal que les voitures ne soient pas exactement des voitures que ma grand-mère pourrait conduire."

Enfin, il rappelle que les voitures sont également devenues plus agréables grâce à d’autres évolutions.

"Nous avons aussi relevé un peu les hauteurs de caisse, ce qui fait qu’elles sont moins brutales que l’an dernier. Elles sont également plus légères et plus compactes, ce que les pilotes apprécient."

Même satisfait de la philosophie actuelle, Tombazis estime que la prochaine génération de monoplaces devra aller encore plus loin. Sa priorité absolue concerne le poids.

"Sommes-nous arrivés là où je voudrais être ? Non," reconnaît-il.

"J’aimerais que les voitures soient encore 80 kilos plus légères, ainsi qu’un peu plus courtes et un peu plus petites."

"Voilà le type d’objectif que nous visons : franchir une nouvelle étape importante par rapport à ce qu’il était possible de réaliser aujourd’hui."


Comment suivre au mieux l’actualité de notre site ?

Vous appréciez nos actus ? Alors sélectionnez Nextgen-Auto.com comme source privilégiée sur Google, pour voir davantage de news F1 de ce site dans vos résultats d’actualités. Vous ne manquerez plus aucune information et serez parmi les premiers à lire nos interviews et analyses.

S’abonner est simple : il vous suffit de cliquer sur ce lien et de cocher les sources Nextgen-Auto.com.

Vous pouvez aussi vous abonner à notre chaîne WhatsApp Nextgen-Auto.com pour recevoir en temps réel les "breaking news" et quelques informations exclusives avant leur publication !

Nous suivre sur notre Profil Google afin que nos news vous soient présentées en priorité dans votre fil d’informations sur votre smartphone ! Il suffit de cliquer sur "Suivre sur Google".


Partage

xpb_1394485_hires.jpg