Brundle pense que le danger en F1 est une chose positive

Même s’il n’aime pas voir de gros accidents

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Par Emmanuel Touzot

15 octobre 2022 - 09:50
Brundle pense que le danger en F1 (...)

Martin Brundle pense que la F1 doit offrir un spectacle impressionnant, quitte à avoir une part de danger. L’ancien pilote s’est élevé à Suzuka contre les décisions de la direction de course, notamment avec la grue, pense que le frisson du risque est aussi une part de ce qui attire le public.

"Pourquoi dépenseriez-vous mille dollars pour assister à une course de Formule 1 si elle n’était pas un peu effrayante, un peu nerveuse, et très rapide ? Vous ne le feriez pas. C’est donc un sport effrayant, dangereux, et ça le sera toujours. Et dans une certaine mesure, il devrait toujours l’être" a déclaré Brundle.

Le Britannique pense d’ailleurs que les pilotes doivent l’accepter : "Vous arrivez à un certain niveau de paix avec vous-même lorsque vous admettez que ce genre de choses peuvent arriver. Vous pouvez être blessé. Vous pouvez être paralysé, ou même tué."

"Donc si vous n’arrivez pas à gérer ça et que vous avez peur, vous ne pourrez littéralement pas courir. Bien sûr, on espère que ça n’arrivera pas. Et vous pensez que ça ne va pas arriver. Maintenant, j’ai survécu à trois crashs auxquels je n’aurais probablement pas dû survivre. J’ai eu de la chance."

"Si vous regardez l’accident d’Ayrton en 1994 à Imola, nous avons tous survécu à des accidents bien pires que celui-là. Il a juste eu tellement de malchance avec ce morceau de suspension, par exemple. Alors oui, je crois au destin et à ce genre de choses. Mais il ne faut pas avoir peur."

L’absence de peur est un facteur de différence

Certains exemples montrent selon lui que les pilotes n’ont pas peur : "Avez-vous déjà vu Mark Webber doubler Fernando Alonso par l’extérieur à Eau Rouge ? Ça vaut le coup de le regarder sur YouTube. C’est probablement l’une des choses les plus courageuses que j’ai vu dans une voiture de Formule 1. Mais non, il ne faut pas avoir peur."

Selon lui, il y a une certaine dualité face au risque en F1. S’il est de l’avis de ceux qui estiment que le sport n’est pas une raison pour mourir ou se blesser, il pense que la capacité des pilotes à défier le danger et la peur est ce qui les différencie des gens normaux.

"Je ne me vois que comme un pilote de course qui commente. Je ne me considère pas du tout comme un diffuseur. Je pense juste que je suis un pilote qui en parle, en gros. Je suppose que j’ai traversé une phase assez difficile où des pilotes ont été blessés, et des pilotes ont été tués."

"J’ai vu mon coéquipier se faire tuer. Et même mon fils a participé à deux ou trois courses où un pilote a été tué, et il est de la même génération. Donc vous avez déjà géré le danger de la course. Vous ne voulez pas voir quelqu’un se blesser au nom du sport. Mais vous savez, tout le monde aime voir un gros accident, ou un accident spectaculaire."

"Personne ne veut voir quelqu’un blessé ou certainement tué au nom du sport. C’est logique. Mais en même temps, vous devez faire quelque chose que les autres ne pourraient pas ou ne voudraient pas faire."

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