Williams F1 s’explique sur son absence à Barcelone et se projette déjà vers Bahreïn

Sacrifier le shakedown pour sauver la saison 2026 ?

Auteur : Franck Drui
28 janvier 2026 - 17:17
Williams F1 s’explique sur son absence à Barcelone et se projette déjà vers Bahreïn

Williams assure qu’elle sera prête pour les premiers essais officiels de la saison 2026, programmés à Bahreïn dans deux semaines, malgré une absence remarquée lors du shakedown à huis clos organisé à Barcelone. L’écurie de Grove est en effet la seule à ne pas avoir participé à ce premier roulage collectif, si on omet Aston Martin F1 qui ne sera là qu’à partir de demain.

Quelques jours avant l’événement catalan, Williams avait confirmé qu’elle ne serait pas en mesure d’y prendre part, évoquant des retards dans le processus de construction de sa nouvelle FW48. Un choix assumé par le directeur de l’équipe, James Vowles, qui en a expliqué les raisons lors d’échanges avec un cercle restreint de médias.

"Ce n’était clairement pas notre plan, et c’est extrêmement douloureux, mais je veux que ce soit reconnu comme le résultat de notre détermination à repousser les limites de la performance avec ce nouveau règlement," explique Vowles cette après-midi lors d’un point avec la presse F1

Le Britannique insiste sur la transformation en profondeur engagée depuis son arrivée à la tête de l’écurie.

"Nous sommes en train de transformer Williams, et rapidement. L’une des missions qui m’incombe depuis plusieurs années est de m’assurer que cette transformation se fasse à la vitesse maximale possible. Et d’après mon expérience, la seule manière d’y parvenir est de repousser les limites de façon agressive, pour découvrir où elles se situent."

"Il ne sert à rien d’être juste en dessous de la courbe. Si vous voulez transformer une structure rapidement, vous devez identifier les points de douleur et les corriger très vite, ce que nous sommes en train de faire. Je suis confiant dans la décision de manquer Barcelone, et convaincu que c’était le bon choix pour préparer Bahreïn et Melbourne."

Crash-tests et rumeurs de surpoids : Vowles clarifie

Alors que des rumeurs persistantes évoquaient un possible échec de la FW48 aux crash-tests FIA, James Vowles ne les nie pas mais a tenu à rassurer.

"Je suis heureux de dire que nous avons passé tous les tests nécessaires, et que nous sommes prêts à rouler à Bahreïn," affirme-t-il.

Concernant le poids de la FW48, le directeur reste prudent.

"Il n’y a aucune certitude sur le poids tant que nous ne serons pas à Bahreïn. Personne ne peut réellement le savoir. C’est impossible, car il faut la voiture assemblée, sans capteurs, dans sa configuration définitive - et cela n’existe pas aujourd’hui."

"Si nous sommes au-dessus de la limite, alors nous lancerons un programme agressif pour perdre du poids. Mais pour l’instant, tout ce que vous lisez dans les médias reste de l’ordre de la rumeur. Je viendrai expliquer la situation quand nous aurons des faits. Ce n’est pas encore le cas."

Williams prévoit également une journée de tournage promotionnel avant Bahreïn, tout en poursuivant un programme intensif de VTT (Virtual Test Track), un banc d’essai physique reproduisant de nombreuses conditions réelles.

"Nous poursuivons le VTT, qui est en réalité un test de voiture physique, et cela continuera jusqu’à demain. Nous l’avons mené pratiquement en parallèle de Barcelone. Tout le monde à Grove travaille sans relâche, avec une passion et un engagement incroyables, pour être prêts. Nous avons vraiment hâte de retourner en piste."

Selon Vowles, ce dispositif permet malgré tout de tirer des enseignements précieux.

"C’est pratiquement la voiture physique complète. Vous n’avez pas les ailes, mais vous avez le châssis, le moteur, la boîte de vitesses. Vous utilisez un robot de freinage, donc vous testez aussi le système de freins avec tous les éléments montés."

"Ce que vous faites, c’est caractériser le système de refroidissement, comprendre comment il fonctionne sous charge, tout comme le moteur et la boîte. Vous n’avez pas les charges dynamiques en virage, mais vous pouvez simuler deux voitures devant vous, une seule, aucune... ou encore les conditions de Singapour, de Bahreïn, ou un Silverstone à quatre degrés."

"En parallèle de ceux qui roulent à Barcelone, vous pouvez utiliser exactement la même base logicielle pour le groupe motopropulseur et la boîte, mais dans un environnement bien plus contrôlé. Cela permet d’apprendre énormément sur les systèmes, l’énergie et l’ECU. Ce n’est pas équivalent à la piste, mais c’est un excellent usage du temps."

Un choix stratégique assumé

Vowles reconnaît que la FW48 aurait pu être envoyée à Barcelone, mais au prix de conséquences trop lourdes pour la suite du programme.

"Nous aurions pu y aller, mais cela aurait complètement bouleversé la situation des pièces de rechange, des composants et des évolutions pour Bahreïn, Melbourne et la suite."

"Entre rouler dans un Barcelone froid et humide, faire un test VTT, gérer la disponibilité des pièces - et honnêtement, sachant qu’il n’y a aucun point à gagner lors d’un shakedown - nous avons pris cette décision. Et je l’assume totalement : le plus important est d’arriver correctement préparés à Bahreïn, puis à Melbourne."

Le retard accumulé s’explique aussi par la complexité inédite du projet 2026, que Vowles décrit comme bien au-delà de tout ce que Williams a connu auparavant. Interrogé à nouveau sur les crash-tests, Vowles admet que certaines concessions ont été nécessaires.

"Il y a des compromis quand la production de certaines pièces prend du retard. Nous avons clairement repoussé les limites dans certains domaines, y compris dans certains tests associés."

Sans confirmer explicitement un échec initial, il relativise : "Ce n’étaient que des accrocs dans un tableau beaucoup plus large. Un élément parmi beaucoup d’autres qui nous ont poussés au-delà de ce que nous pouvions raisonnablement accomplir dans le temps imparti."

Vowles est finalement convaincu que la décision de Williams de faire l’impasse sur les essais de Barcelone ne les désavantagera pas trop par rapport à leurs concurrents en termes de préparation pour la saison à venir.

"Je suis confiant, car nous ne serons pas en retard pour la raison suivante : il nous reste six jours d’essais de qualité à Bahreïn. La piste y est généralement sèche."

"De plus, nous avons de la chance. Nous disposons du groupe motopropulseur et de la boîte de vitesses fournis par Mercedes. Les enseignements qu’ils acquièrent cette semaine à Barcelone nous seront donc utiles à Bahreïn."

"Il ne s’agit pas de minimiser leur travail, mais il est important de souligner que cela représente un avantage pour nous, un désavantage qui est compensé. Je suis convaincu qu’avec six jours à Bahreïn, nous bouclerons le programme d’essais nécessaire, et c’est pourquoi je suis focus sur le VTT actuellement."

"Ce que je voulais, c’était m’assurer que dès le départ à Bahreïn, nous ayons une voiture fiable et prête à prendre le départ, pour ne pas nous retrouver dans la situation que beaucoup de pilotes et d’équipes tentent de faire à Barcelone sans quitter le garage. Nous devons être prêts à rouler."


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