Verstappen rassure sur son avenir mais reste désabusé par la nouvelle F1 : ’le concept n’est peut-être pas le bon’

Le Néerlandais se montre très pessimiste sur la direction prise

Auteur : Franck Drui
19 février 2026 - 07:41
Verstappen rassure sur son avenir mais reste désabusé par la nouvelle F1 : ’le concept n’est peut-être pas le bon’

Max Verstappen a tenu à clarifier sa position face aux spéculations sur un possible départ anticipé de la Formule 1. Le quadruple champion du monde assure qu’il n’est pas question de quitter la discipline dès la fin de la saison, même s’il reste très critique vis-à-vis de la réglementation technique de 2026 et de l’évolution du sport.

Ces derniers jours, le Néerlandais avait pourtant alimenté le débat en exprimant sans détour son scepticisme concernant la grande refonte réglementaire, marquée par une répartition 50-50 entre motorisation électrique et thermique. Une orientation qu’il avait qualifiée de Formule E sous stéroïdes et même d’anti-course.

La semaine dernière, Verstappen avait également laissé entendre qu’il pourrait, à terme, aller chercher du plaisir ailleurs. Il évoquait notamment la possibilité de participer aux 24 Heures du Nürburgring, soulignant qu’il y serait possible de "piloter à fond", une liberté qu’il estime ne plus vraiment retrouver en F1 en raison des exigences de gestion de l’énergie.

"Quand on a déjà tout gagné et tout accompli, alors piloter en F1 ne doit pas forcément continuer à tout prix," expliquait-il alors.

"Il y a beaucoup d’autres choses amusantes à faire, évidemment, et c’est clairement ce que je vais faire. Peut-être déjà cette année et dans les années à venir. Ce changement de réglementation n’aide certainement pas à continuer très longtemps."

Sous contrat avec Red Bull pour encore trois saisons, Verstappen a cependant tenu à calmer le jeu lorsqu’il a été interrogé sur son avenir immédiat. À la question de savoir s’il poursuivrait après cette année, sa réponse a été limpide : "Il faudrait vraiment que tout tourne très mal, mais ce n’est absolument pas le cas. Je vais simplement continuer."

"Je comprends les remous que mes déclarations ont pu faire. Mais mes critiques ne signifient pas un désengagement. Si je n’aime pas quelque chose, ça ne veut pas dire que je ne veux pas le faire. En tant que puriste, en tant que passionné de sport automobile, j’aurais préféré que ce soit différent. Mais je sais aussi que je dois faire avec. Je ne peux plus ajuster ça maintenant. C’est pour ça que j’essaie toujours d’en tirer le maximum."

Verstappen insiste également sur les aspects qu’il continue d’apprécier au quotidien.

"Je trouve aussi que c’est super sympa de travailler avec tout le monde et avec notre propre voiture. Ce sont des choses positives. Est-ce que j’aurais préféré une autre réglementation ? Oui. Mais je sais que c’est comme ça, alors il faut faire avec."

Verstappen avait reconnu que ses propos ne feraient pas l’unanimité, notamment auprès de ceux qui ont des intérêts commerciaux dans le sport. En coulisses, il assure toutefois avoir reçu le soutien d’autres pilotes.

"La plupart pensent la même chose," révèle-t-il.

Lorsqu’on lui a fait remarquer qu’il semblait exister deux camps, Lando Norris ayant, par exemple, exprimé une opinion plutôt positive sur les nouvelles voitures, Verstappen a répondu en riant : "Ce camp-là, c’est plutôt une petite tente pliante, alors que les autres sont dans une très grande tente. Donc il y a un petit camp et un très grand camp !"

"Je suis peut-être un peu plus extrême dans ma façon de le dire, mais c’est aussi parce que je m’en fiche un peu de ce que les autres pensent. Certains sont juste plus diplomates."

Les débats sur la F1 de 2026 se sont intensifiés après les propos du patron de McLaren, Andrea Stella, qui a appelé à plusieurs ajustements après la première semaine d’essais. Il pointait notamment trois problèmes : la procédure de départ sans MGU-H pour soutenir le turbo, les vitesses de rapprochement dangereuses liées au lift-and-coast, et des dépassements potentiellement trop difficiles.

Interrogé sur ces points, Verstappen a partiellement acquiescé : "Les deux derniers points, oui. Mais je l’avais déjà dit en 2023. On peut soulever ces problèmes maintenant, mais peut-être que les équipes auraient dû les examiner un peu plus tôt."

Concernant les départs, le pilote Red Bull se montre beaucoup plus détaché.

"Pour le départ, c’est simplement le choix que vous faites avec le turbo. Nous avons consciemment pris une certaine décision à ce sujet. Et comme je l’ai dit, ceux qui ont des problèmes avec ça, eh bien, ils peuvent aussi partir de la voie des stands. Comme ça, ils sont hors du trafic et peuvent rejoindre la course."

Verstappen rappelle que ses avertissements remontent à une conférence de presse en Autriche en 2023, lorsqu’il avait été interrogé sur ses premières impressions issues du simulateur. À l’époque, il mettait déjà en garde contre les rétrogradages et le lift-and-coast en ligne droite.

"Quand j’ai dit ça en 2023, j’ai immédiatement reçu beaucoup de critiques. On m’a dit : ’Non, ce n’est pas correct, ça ne se passera pas comme ça’. Mais au final, on se rend compte que c’est vrai à 90 %."

"On pouvait voir ça venir. Ces dernières années, il n’y a pas eu énormément de changements, juste quelques petites choses dans la manière de déployer et de récupérer l’énergie. Mais oui, on pouvait le voir venir de très loin."

Il évoque également d’autres effets secondaires aérodynamiques.

"Avec les ailes ouvertes en ligne droite, tout le monde a beaucoup moins de traînée, ce qui rend l’aspiration plus difficile. Et quand les ailes se referment à la fin de la ligne droite, la voiture touche très fort le sol. L’appui qui arrive soudainement sur les pneus influence beaucoup de choses. Il faut tout prendre en compte."

Même avec des ajustements à venir, Verstappen reste pessimiste quant à une amélioration majeure du spectacle.

"Peut-être que le concept en lui-même n’est pas le bon et qu’il n’est pas assez efficace. Ça va s’améliorer un peu, mais pas au point où on se dira soudain que tout a du sens. À moins de changer les règles, bien sûr, mais ce n’est pas moi qui décide."

Interrogé sur la possibilité réelle d’un tel changement, il conclut prudemment : "Tout est possible. Si on présente ça comme une question de sécurité, on peut modifier beaucoup de choses. Mais est-ce réaliste ? Je ne sais pas. Je n’en ai parlé avec personne."


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