Une Aston Martin F1 moins rapide qu’une F2 à Bakou ! L’équipe doit abandonner Honda

C’est le constat froid et cruel de Ralf Schumacher

Une Aston Martin F1 moins rapide qu’une F2 à Bakou ! L’équipe doit abandonner Honda
Auteur : Franck Drui
25 septembre 2026 - 09:38

La situation entre Aston Martin et Honda continue de se compliquer à Bakou, où les difficultés du groupe propulseur japonais ont pris une nouvelle dimension dès la première journée du Grand Prix d’Azerbaïdjan. Fernando Alonso savait que les longues lignes droites du circuit risquaient d’exposer le déficit de puissance, mais une lourde pénalité sur la grille, une fuite d’huile et des vitesses de pointe inquiétantes sont venues assombrir davantage le tableau. Pour Ralf Schumacher, Aston Martin devrait désormais sérieusement envisager de changer de motoriste, quitte à redevenir une simple équipe cliente.

Alonso ne nourrissait déjà que peu d’illusions avant le début du week-end. Les caractéristiques de Bakou, et particulièrement ses longues portions à pleine charge, sont particulièrement exigeantes pour les groupes propulseurs. Dans ce contexte, le déficit affiché par Honda depuis le début de la saison devait logiquement coûter cher à Aston Martin.

Mais les difficultés ont rapidement dépassé le seul domaine de la performance. Alonso a reçu un nouveau moteur à combustion interne, un nouveau turbocompresseur ainsi que plusieurs autres éléments du groupe propulseur, ce qui lui a valu une accumulation de pénalités représentant 25 places sur la grille.

En ajoutant celles infligées à Lance Stroll, Aston Martin atteint un total de 45 places de pénalité pour le week-end de Bakou. Et le nouveau groupe propulseur monté sur la monoplace d’Alonso n’a pas tardé à poser problème : une fuite d’huile est apparue dès les EL2.

Les données de vitesse ont également illustré les difficultés rencontrées par Aston Martin.

La monoplace d’Alonso a atteint 322 km/h en EL1, alors que Nico Hülkenberg a été mesuré à 337 km/h, soit un écart de 15 km/h.

Une autre analyse a même indiqué que toutes les Formule 2 avaient atteint une vitesse supérieure à celle permise par le groupe propulseur Honda dans certaines comparaisons effectuées à Bakou.

Alonso s’attend donc à un week-end particulièrement difficile. L’Espagnol rapproche la situation de celle que son équipe devrait rencontrer à Las Vegas, autre circuit mettant fortement l’accent sur la vitesse en ligne droite.

Il considère même qu’une élimination dès la Q1 est une possibilité réaliste.

"Ce n’est pas le meilleur circuit pour nous, c’est simplement l’un des circuits que nous avons au calendrier. Ce sera difficile, comme Las Vegas. Il sera difficile de marquer des points et de sortir de la Q1, mais nous ne pouvons pas contrôler les choses qui échappent à notre contrôle."

Le contraste devient d’autant plus frustrant pour Aston Martin que l’équipe estime avoir réalisé des progrès significatifs avec son châssis révisé.

De nouveaux efforts ont notamment été consacrés à la réduction du poids à Bakou. Ces avancées renforcent en interne la conviction que le potentiel réel de la monoplace est supérieur à ce que laissent penser les résultats obtenus jusqu’à présent.

La pression se déplace donc de plus en plus vers le groupe propulseur Honda Spec 2.

Schumacher : “Changer de motoriste sera la seule chance”

Pour Ralf Schumacher, Aston Martin doit désormais se poser une question qui aurait semblé difficilement imaginable au début de son partenariat avec Honda : faut-il abandonner le constructeur japonais ?

L’ancien pilote de Formule 1 estime que les évolutions introduites par Honda n’ont pas suffisamment modifié la situation.

À ses yeux, cette incapacité à effectuer un bond significatif malgré les possibilités de développement offertes au motoriste peut indiquer un problème plus profond dans l’organisation technique.

"Je soupçonne qu’un changement de motoriste sera la seule chance."

"Honda a eu l’opportunité d’apporter des évolutions, mais cela n’a pas vraiment fait de différence. Cela laisse penser qu’ils n’avaient pas les bonnes idées ou les bonnes personnes aux bons postes."

Schumacher se montre encore plus sévère lorsqu’il compare Honda à Red Bull Powertrains-Ford.

Le programme moteur de Red Bull est beaucoup plus récent, l’équipe ayant construit son propre département consacré aux groupes propulseurs en quelques années seulement.

Voir cette nouvelle structure devancer un constructeur possédant l’expérience et les moyens de Honda constituerait, selon Schumacher, un véritable camouflet pour la marque japonaise.

"C’est un énorme embarras pour une entreprise mondiale comme Honda, lorsque l’on considère que Red Bull peut construire un département moteur en quatre ou cinq ans et parvenir ensuite à dépasser un constructeur automobile."

"Par conséquent, si j’étais Aston Martin, je ne perdrais pas de temps et je changerais de moteur."

Une telle décision constituerait évidemment un changement stratégique considérable pour Aston Martin, qui a précisément choisi Honda afin de bénéficier du statut d’équipe d’usine plutôt que de dépendre d’un fournisseur extérieur.

Schumacher considère néanmoins que la compétitivité doit primer sur cette indépendance.

Audi ou un retour vers Mercedes ?

Parmi les solutions possibles, Schumacher cite notamment Audi. Une solution plus sûre pourrait donc être de renouer avec Mercedes. Et Schumacher ne limiterait pas ce partenariat au groupe propulseur...

"Je suis fermement convaincu qu’Audi fera partie des meilleurs groupes propulseurs de la Formule 1. Cependant, ils en sont encore un peu à leurs débuts."

"Si j’étais le patron d’Aston Martin, je voudrais éliminer les principales sources potentielles d’erreurs. Si j’en avais la possibilité, cela signifierait adopter la boîte de vitesses et le train arrière de Mercedes, ainsi que tout ce qu’ils proposent avec leur groupe propulseur."

"Là, vous savez avec certitude que vous êtes dans une position de premier plan."

Ce scénario signifierait en pratique un retour vers une philosophie d’équipe cliente, alors qu’Aston Martin a précisément investi massivement afin de disposer d’une plus grande indépendance technique.

L’avenir d’Alonso ajoute encore à la pression

Le timing est d’autant plus délicat qu’Alonso n’a toujours pas tranché concernant son avenir pour 2027.

À mesure que les difficultés s’accumulent, la capacité d’Aston Martin à convaincre l’Espagnol de poursuivre l’aventure pourrait dépendre de sa faculté à lui fournir une monoplace capable de concrétiser les progrès réalisés sur le châssis.

Son conseiller de longue date, Flavio Briatore, estime en tout cas que la saison actuelle est particulièrement pénible à observer.

"Avec une voiture compétitive, Fernando gagne. Il n’abandonne jamais, même lorsqu’il doit faire face à une tragédie comme cette année."


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