Sainz explique pourquoi les tensions entre Hamilton et Leclerc sont inévitables

L’Espagnol revient sur la pression des fans du Monégasque

Sainz explique pourquoi les tensions entre Hamilton et Leclerc sont inévitables
Auteur : Franck Drui
6 novembre 2026 - 15:07

La bataille particulièrement musclée entre Charles Leclerc et Lewis Hamilton au Grand Prix du Mexique continue de faire parler dans le paddock. Alors que le Britannique a reconnu être toujours frustré par le comportement de son équipier Ferrari, Carlos Sainz, qui a partagé le garage du Monégasque pendant quatre saisons, apporte un éclairage différent sur cette rivalité. L’Espagnol conserve de bons souvenirs de leurs affrontements et considère que les tensions sont inévitables lorsque deux pilotes de haut niveau se disputent la victoire. Selon lui, le véritable problème chez Ferrari ne réside pas nécessairement dans les relations entre équipiers...

Le Grand Prix du Mexique a laissé des traces chez Ferrari. Dès le premier tour, Charles Leclerc et Lewis Hamilton se sont livrés une bataille intense pour la tête de course sur l’Autódromo Hermanos Rodríguez, le Monégasque attaquant son équipier dans les premiers virages.

Le duel a culminé au quatrième virage, lorsque Leclerc a tenté de dépasser Hamilton par l’extérieur. Les deux Ferrari ont alors quitté la piste, avant que le Monégasque ne reprenne l’avantage sur son équipier.

Hamilton a également perdu une position au profit de Max Verstappen dans cette séquence, tandis que Leclerc a ensuite écopé d’une pénalité de cinq secondes.

Cette sanction a ouvert la voie à la victoire du pilote Red Bull, transformant une bataille interne chez Ferrari en occasion manquée pour la Scuderia.

Jeudi, à l’occasion du Grand Prix du Brésil, Hamilton a reconnu être "toujours frustré" par ce qui s’était passé au Mexique. Le septuple champion du monde a également approuvé l’idée selon laquelle Leclerc se montre plus agressif face à ses équipiers actuels ou passés que face à ses autres adversaires.

Interrogé sur cette situation à Interlagos, Carlos Sainz, qui connaît particulièrement bien Leclerc pour avoir couru à ses côtés chez Ferrari, a toutefois livré une analyse plus nuancée.

L’actuel pilote Williams ne partage pas nécessairement la frustration exprimée par Hamilton. Il estime que les affrontements entre équipiers deviennent naturellement plus intenses lorsque les enjeux sportifs augmentent.

"Sincèrement, je garde plutôt de bons souvenirs de ma période avec Charles et des batailles que nous avons livrées", a expliqué Sainz au Brésil.

"Il est vrai que lorsque vous vous battez pour des victoires, il y a toujours davantage de pression, davantage de choses en jeu. Vous devenez donc naturellement un peu plus égoïste que lorsque vous vous battez dans le milieu de peloton pour une huitième ou une neuvième place."

"Il est donc peut-être plus compliqué de suivre exactement le scénario idéal que l’équipe aimerait vous voir respecter, parce qu’une victoire est en jeu."

Sainz rappelle avoir lui-même vécu plusieurs batailles particulièrement serrées avec Leclerc durant leurs quatre saisons communes chez Ferrari.

"Il y avait des victoires en jeu à cette époque. Mais je pense avoir toujours respecté Charles. Il m’a toujours respecté. Nous n’avons jamais eu d’accrochages ou quoi que ce soit de ce genre. Nous avons simplement livré des batailles intenses. Je pense que vous vous souvenez de Monza, de Vegas. Il y a eu beaucoup de moments chauds", a-t-il rappelé.

Pour Sainz, les désaccords survenus en piste ne constituaient pas un obstacle insurmontable. Les deux pilotes avaient pris l’habitude de discuter après les courses pour clarifier les situations litigieuses et éviter que les frustrations ne s’installent durablement.

Mais si leur relation personnelle restait saine, l’environnement extérieur pouvait rendre certaines situations beaucoup plus difficiles à gérer.

L’Espagnol estime que la principale difficulté de sa cohabitation avec Leclerc ne venait pas directement de son équipier, mais plutôt de la polarisation qui entourait leur rivalité.

"Je pense que ce qui était le plus difficile, c’était davantage les supporters, les relations publiques et cette communauté de fans qui était vraiment très agitée à l’époque. C’était très polarisé entre Charles et moi. Je me souviens avoir un peu souffert de certains supporters très extrêmes de Charles, qui m’insultaient ou me souhaitaient du mal."

La pression ne provenait pas uniquement des réseaux sociaux ou des supporters...

"Il y avait peut-être aussi certains médias italiens qui disaient que je n’acceptais pas suffisamment d’être un numéro deux lorsque je devais l’être, et inversement lorsque Charles devait jouer ce rôle."

"C’était donc davantage la pression qui entoure Ferrari, tout ce qu’implique Ferrari, que les véritables problèmes que j’avais avec Charles. Ces problèmes étaient toujours réglés le soir même, lorsque nous nous appelions avec davantage de recul et la tête plus froide. Nous avons toujours réussi à trouver une solution pour avancer."

Au-delà du cas particulier de Ferrari, Sainz estime que les tensions entre équipiers sont une conséquence presque inévitable de la présence de deux pilotes compétitifs dans une même structure.

"Cela a toujours existé dans les équipes de Formule 1. Je ne me souviens pas d’une équipe de F1 ayant eu deux bons pilotes se battant aux avant-postes qui n’ait pas rencontré de problèmes lorsqu’ils luttaient pour des victoires."

"Vous pouvez choisir d’avoir un numéro deux comme second pilote, ou vous pouvez avoir deux bons pilotes qui créeront ce genre de problèmes. Mais vous ne pouvez pas avoir l’un sans l’autre, à mon avis, et vous ne pourrez jamais avoir l’un sans l’autre."

"Je ne sais pas, peut-être que chez Ferrari, tout cela est un peu exacerbé par tout ce qui entoure Ferrari, mais je ne me souviens pas d’une période où cela ne se soit pas produit. C’est arrivé chez Mercedes, c’est arrivé chez McLaren ces dernières années, c’est arrivé chez Ferrari, c’est arrivé chez McLaren en 2006, 2007 et 2008."

Sainz estime finalement qu’il serait illusoire de demander à deux pilotes capables de gagner de renoncer systématiquement à une attaque lorsque la victoire est à leur portée.

"Je ne sais donc pas quand cela ne s’est pas produit. Cela fait partie de la Formule 1 et, si vous êtes directeur d’équipe et que vous savez que vous allez avoir deux grands pilotes, vous aurez toujours ce problème."

"Je ne pense pas que vous puissiez un jour calmer complètement ces deux pilotes, à 100 %, et attendre d’eux qu’ils ne tentent pas une manœuvre pour aller chercher une victoire."


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