Red Bull estime être au niveau de McLaren mais derrière Mercedes et Ferrari
Mekies évoque un retard d’une seconde au tour à combler
Après le Grand Prix d’Australie, Red Bull estime avoir confirmé son niveau réel dans la nouvelle hiérarchie de la Formule 1 : compétitive face à McLaren, mais encore nettement derrière Mercedes et Ferrari en ce début d’ère réglementaire.
Malgré un week-end très compliqué à Melbourne, l’écurie de Milton Keynes a tout de même montré quelques signes encourageants. Victime d’un énorme accident en qualifications qui l’a éliminé dès la Q1, le quadruple champion du monde Max Verstappen s’est élancé depuis la 20e et dernière place sur la grille avant de remonter jusqu’à la sixième position à l’arrivée du Grand Prix d’Australie, manche d’ouverture de la saison.
Le Néerlandais a terminé juste derrière le champion du monde en titre Lando Norris, sur McLaren, mais il a franchi la ligne d’arrivée avec près d’une minute de retard sur George Russell. Le Britannique a mené Mercedes vers un doublé, devant les Ferrari de Charles Leclerc et Lewis Hamilton.
L’autre Red Bull, pilotée par Isack Hadjar, avait pourtant laissé entrevoir un potentiel intéressant. Le Français s’était qualifié en troisième position sur la grille et occupait les avant-postes après un départ impressionnant, avant d’être contraint à l’abandon à la suite d’une défaillance de son unité de puissance Red Bull.
Pour le directeur de l’équipe Red Bull, Laurent Mekies, les performances observées à Melbourne correspondent globalement aux projections faites après les essais hivernaux disputés à Bahreïn.
"Nous avions prévu que nous serions la quatrième équipe la plus rapide en sortant des essais de pré-saison. Et au final, je pense que c’est assez exact."
"C’était probablement même un peu mieux ce week-end, dans le sens où Isack s’est qualifié troisième sur la grille. Il a fait un très bon travail pour optimiser chaque élément. En course, il est sans doute juste de dire que nous étions au moins au niveau de McLaren, mais certainement pas en mesure de nous battre avec Ferrari ou avec Mercedes."
Une situation qui ne surprend pas l’équipe et son directeur.
"Je me souviens de Toto (Wolff) qui nous pointait comme la référence (rires). Nous avions démenti et à juste titre. Il nous faut de la performance, partout. C’est quelque chose dont nous sommes conscients. Nous avons l’ambition et le devoir de construire un chemin pour aller chercher ces équipes. Cela prendra un peu de temps, mais ce n’est pas une surprise."
Concernant l’écart avec Mercedes, Mekies souligne qu’il était difficile d’avoir une lecture claire durant l’hiver.
"Après les essais de pré-saison, il était très difficile d’évaluer l’écart avec Mercedes, car nous savions que certains jouaient un peu à cacher leur véritable rythme. Donc je ne dirais pas que nous sommes surpris par l’écart que nous voyons. C’est probablement aussi ce que nous pensions devoir gérer."
Interrogé sur le déficit réel de Red Bull face à la marque à l’étoile, il avance une estimation assez nette : "C’était probablement proche d’une seconde au tour, je dirais."
Cette saison 2026 marque également un tournant majeur pour Red Bull, qui a relevé un défi colossal en concevant pour la première fois de son histoire un moteur entièrement développé en interne.
Lors des essais hivernaux, les performances comme la fiabilité de cette unité de puissance ont impressionné plusieurs rivaux. De quoi satisfaire l’écurie britannique, heureuse de se retrouver immédiatement dans la bataille au début de cette nouvelle ère technique.
"Le sentiment dominant est que nous avons confirmé que nous étions dans le combat. Nous sommes très fiers de tout le monde à Milton Keynes pour le travail accompli ces dernières années, pour le travail réalisé à l’approche de cette saison."
"Être capable d’être dans la lutte dès la première course est, je pense, une énorme réussite. Oui, nous avons l’ambition et l’obligation de faire mieux, mais le point de départ est d’être dans le combat : troisième place sur la grille et une remontée de la 20e à la 6e place."
Red Bull s’attend désormais à une lutte intense lors des prochaines courses, à commencer par le Grand Prix de Chine, avant que la bataille du développement ne s’intensifie.
"Nous serons encore dans la bagarre en Chine, puis la course au développement commencera. La course à l’apprentissage aussi. Vous avez vu à quel point les choses sont imparfaites sur un week-end de course : beaucoup de personnes se sont plaintes en qualifications de ne pas pouvoir optimiser leur tour, car il était difficile d’extraire le maximum de ces nouvelles règles d’une séance à l’autre, voire d’un run à l’autre."
"C’est un défi que nous devons relever, et c’est pareil en course. L’essentiel est que nous étions dans le combat en Australie et que nous espérons l’être encore la semaine prochaine. Ensuite, nous devrons aussi développer plus vite que la concurrence."
Malgré ces signaux encourageants, Mekies tient toutefois à tempérer toute attente excessive concernant les ambitions de Red Bull au championnat cette saison. Cela reste l’objectif mais cela ne sera pas facile.
"Oui, ce n’est pas ce que je dis. Je dis que nous sommes dans la lutte. La saison est très longue et être dans le top quatre est un bon point de départ compte tenu de l’état d’avancement du projet. Nous avons l’ambition et l’obligation de viser plus haut."
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