Pourquoi Bearman voit 2026 comme un 2e saut dans l’inconnu en F1

Rookie en 2025, le pilote Haas va de nouveau réapprendre

Auteur : Franck Drui
19 janvier 2026 - 15:43
Pourquoi Bearman voit 2026 comme un 2e saut dans l’inconnu en F1

À peine six semaines après le drapeau à damier d’Abu Dhabi, Oliver Bearman est déjà replongé dans le grand bain de la Formule 1. Le Britannique, désormais débarrassé de son statut de rookie, se prépare à affronter la plus grande révolution réglementaire de l’histoire du sport, au volant de la Haas VF-26 présentée aujourd’hui. Une transition radicale qu’il aborde avec un mélange d’enthousiasme, d’impatience... et d’incertitude.

Pour Bearman, l’intersaison a été particulièrement brève.

"C’était une intersaison très courte. On m’a dit qu’elles ne sont normalement pas comme ça, mais jusqu’à présent, je n’ai connu que des intersaisons courtes."

Après les essais de fin de saison, le jeune pilote n’a pas totalement décroché.

"C’était agréable d’avoir une pause après les essais post-saison, même si nous avions encore beaucoup de choses à faire, comme du simulateur pour cette année et le baquet pour la voiture de cette saison. Ma dernière activité réelle pour l’équipe a eu lieu le 23 décembre, mais malgré tout, j’ai pu avoir pas mal de temps libre et passer du temps avec ma famille. Le plus important, c’est que j’ai pu récupérer et recharger les batteries pour la nouvelle saison."

Avant Noël, Bearman a découvert pour la première fois la F1 de 2026 en simulateur, sans encore avoir roulé avec la VF-26 en conditions réelles. Un premier contact qui souligne l’ampleur du changement.

"J’ai le sentiment que ces changements sont les plus importants de l’histoire de la Formule 1, et ça représente donc énormément d’excitation pour moi. J’aborde un changement de règlement pour la première fois de ma vie, vraiment. C’est un 2e saut dans l’inconnu après celui de l’an dernier, en quelque sorte."

Il compare cette situation à sa première saison complète en F1, où les repères étaient bien plus clairs.

"L’an dernier a été une grande étape pour moi, mais je pense que dès le début, on savait que si on mettait la voiture dans la bonne fenêtre, on serait capables de se battre pour les points, et on avait une idée de la compétitivité de la voiture."

À l’inverse, 2026 se caractérise par une grande inconnue.

"Ce manque de connaissance à l’approche de 2026 est à la fois une bonne et une mauvaise chose. D’un côté, j’ai l’impression qu’on peut vraiment avoir un impact immédiatement, mais de l’autre, c’est horrible de ne pas savoir."

"J’aimerais pouvoir avancer de six mois pour voir où nous en sommes, mais je vais tout donner pour m’assurer que notre position soit la plus élevée possible."

Sur le plan physique, Bearman a dû adapter sa préparation à cette intersaison raccourcie, en s’accordant d’abord une vraie coupure.

"Tout d’abord, j’ai passé tout le mois de décembre hors de la salle de sport, sans véritable entraînement physique, simplement en essayant de me détendre et de profiter un peu. Je pense que c’est vraiment important, quand il n’y a pas de courses, d’avoir un peu de temps pour soi."

"Ensuite, très vite, on se remet à s’entraîner, et j’ai passé beaucoup de temps en montagne durant cette trêve hivernale."

"Non seulement c’est très bénéfique – l’altitude pour la santé et l’entraînement – mais j’ai aussi pu faire un stage d’entraînement dans les Dolomites, ce qui était incroyablement fun et très utile avant la nouvelle saison. Peut-être avec une petite interdiction du sucre..."

Désormais pilote confirmé, Bearman dresse un bilan lucide de sa première saison complète en F1.

"C’était une année durant laquelle j’ai énormément appris, non seulement sur moi-même en tant que personne ou en tant qu’athlète, mais aussi sur la Formule 1. J’ai vraiment augmenté ma base de connaissances de manière infinie, parce que j’ai été confronté à des situations qu’on ne peut tout simplement pas apprendre sans les vivre."

"J’ai clairement progressé dans tous ces domaines et je suis vraiment satisfait de la façon dont la saison s’est déroulée, en particulier la deuxième moitié. J’ai vraiment élevé mon niveau de jeu sur la deuxième partie de saison, j’ai commencé à signer des résultats qui me rendaient vraiment fier, et c’était crucial pour moi. J’ai hâte de poursuivre sur cette lancée cette année."

Avec 22 voitures sur la grille, Bearman refuse toute projection prématurée sur la hiérarchie.

"Il est impossible d’évaluer où nous allons nous situer actuellement. Tout ce que je vois de la part de l’équipe est positif, mais on ne sait pas comment on se situe par rapport aux autres, et on ne le saura pas avant les qualifications en Australie."

"Même là, je pense que lors des premières courses, la fiabilité va jouer un rôle énorme. Il y aura des équipes et des personnes qui feront des erreurs avec ce nouveau règlement."

« Il va être très difficile d’établir une hiérarchie claire."

Enfin, avec une saison complète dans les jambes, Bearman se réjouit surtout d’aborder 2026 avec davantage de repères.

"Ce qui m’enthousiasme le plus, c’est de revenir sur tous ces circuits en ayant déjà vécu un week-end de course. Je comprends désormais comment une piste évolue au fil du week-end, comment les pneus se comportent, et quels changements ont pu me piéger l’an dernier."

"La plupart du temps l’an dernier, j’allais sur des circuits que mes concurrents connaissaient déjà très bien."

"Bien sûr, je vais encore arriver sur des circuits que je n’ai parcourus qu’une seule fois, alors que mes concurrents y ont roulé dix ou onze fois, mais je pense que le simple fait d’avoir déjà vécu un week-end de course sur ces pistes, et la base de connaissances acquise sur une saison complète de F1, va me placer dans une bien meilleure situation."

Retrouvez toutes les photos HD de la présentation de la Haas VF-26 ici.


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