Officiel : La F1 prête à retoucher ses règles 2026 après le GP de Chine

Trois pistes à l’étude pour réduire les critiques

Auteur : Franck Drui
9 mars 2026 - 09:24
Officiel : La F1 prête à retoucher ses règles 2026 après le GP de Chine

Les dirigeants de la Formule 1 et les équipes vont se pencher sur d’éventuels ajustements du règlement 2026 dès la fin du mois de mars, avec des discussions qui devraient avoir lieu après le Grand Prix de Chine de ce week-end.

Comme nous vous le révélions hier lors de notre debriefing du GP d’Australie à Melbourne (à revoir ici), le sport est prêt à réagir et à adapter les règles concernant les unités de puissance afin de rééquilibrer les choses.

L’objectif premier est de tirer les premières conclusions des deux premières manches de la saison avant d’envisager des modifications qui pourraient être introduites dès le Grand Prix du Japon.

L’arrivée des toutes nouvelles monoplaces et unités de puissance cette année a en effet divisé les opinions, aussi bien chez les fans que chez les pilotes.

Si les nouveaux châssis, plus agiles et s’éloignant d’un concept reposant exclusivement sur l’effet de sol, ont été largement salués, les groupes propulseurs, jugés trop dépendants de la gestion énergétique, ont suscité de nombreuses critiques.

Plusieurs pilotes ont ainsi déploré l’importance excessive de la gestion de la batterie dans la performance globale, notamment dans l’exercice des qualifications. Selon eux, cette situation les oblige à adopter des modes de pilotage contre-intuitifs, que peu semblent réellement apprécier.

Paradoxalement, le Grand Prix d’Australie a offert de nombreux dépassements. Selon les chiffres de la F1, il y en a eu près de trois fois plus que lors de l’édition de l’an dernier à Melbourne. Mais certains observateurs et pilotes ont estimé que ces manœuvres paraissaient trop faciles ou artificielles même si d’autres ont salué l’aspect stratégique. Dans une F1 moderne, très rapide, il est en effet difficile de dépasser avec la quantité d’appuis et d’adhérence mécanique disponible.

Du côté des dirigeants de la F1 et de la FIA, on reconnaît volontiers que les performances actuelles des monoplaces, notamment en matière de récupération et de déploiement d’énergie, ne sont peut-être pas calibrées de manière optimale. Cependant, malgré les critiques émises, le consensus reste qu’il serait peu judicieux de se précipiter pour modifier le règlement.

Des discussions tenues entre la F1, la FIA et les équipes entre les essais de Bahreïn et le Grand Prix d’Australie ont ainsi permis d’établir une feuille de route pour analyser la situation.

Il a été estimé qu’introduire des ajustements avant la première course n’aurait pas eu de sens, puisque la discipline avait besoin d’observer le comportement réel des voitures en course pour déterminer précisément ce qui devait être modifié. Par ailleurs, Melbourne figure parmi les quatre circuits les plus exigeants de la saison en matière de gestion énergétique. Réagir uniquement aux enseignements de cette course aurait donc été trompeur.

C’est pourquoi il a été décidé d’attendre la fin du Grand Prix de Chine pour analyser les données récoltées lors des deux premières épreuves et déterminer quelles mesures, le cas échéant, devront être prises. Si certaines modifications doivent être introduites rapidement, elles pourraient entrer en vigueur dès le Grand Prix du Japon, prévu le 29 mars. D’autres ajustements pourraient suivre lors des courses suivantes.

La probable annulation des Grands Prix de Bahreïn et d’Arabie saoudite en avril, en raison des derniers conflits au Moyen-Orient, pourrait également offrir un peu de temps supplémentaire pour mettre au point un ensemble de mesures plus complet avant le Grand Prix de Miami en mai.

La gestion de l’énergie au cœur des discussions

Le principal sujet à l’ordre du jour concerne la gestion de l’énergie et d’éventuelles modifications des niveaux de récupération et de déploiement.

Plusieurs pistes d’amélioration sont envisagées.

L’une d’elles consisterait à augmenter la puissance du super clipping, ce qui permettrait aux pilotes de recharger leurs batteries beaucoup plus facilement. Dans le paddock, beaucoup reconnaissent que les niveaux actuels d’énergie - avec un super clipping limité à 250 kW et un déploiement à 350 kW - ne sont probablement pas idéaux.

Une autre option serait de réduire la puissance maximale pouvant être déployée. Si cela entraînerait une baisse de la puissance totale, les pilotes pourraient en revanche conserver le boost beaucoup plus longtemps.

Enfin, certaines discussions portent également sur la possibilité d’augmenter la puissance du moteur thermique. Comme nous vous le précisions dans notre live, ces moteurs thermiques sont largement sous-exploités. En augmentant le débit de carburant pour retrouver des niveaux proches de 2025, leur puissance pourrait être largement augmentée, au moins pour les qualifications, afin de s’assurer que les F1 soient à fond tout au long d’un tour. En parallèle, le moteur électrique serait limité jusqu’à ce qu’il ne pose plus de souci de gestion de récupération d’énergie dans l’exercice du tour rapide.

Le directeur des monoplaces de la FIA, Nikolas Tombazis, a confirmé que plusieurs solutions étaient actuellement à l’étude.

"La position unanime des équipes était de conserver les dispositions actuelles pour les premières courses et de réexaminer la question lorsque nous disposerons d’un peu plus de données," a-t-il expliqué.

"Notre intention est d’évaluer la situation concernant la gestion de l’énergie après la course en Chine."

"Nous avons quelques atouts dans notre manche sur ce sujet, que nous ne voulions pas introduire avant la première course en réaction à chaud, et que nous examinerons avec les équipes après la Chine."


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