’Nous avons été dépassés’ : Bearman ne mâche pas ses mots sur Haas F1

L’équipe est à la peine et a moins bien développé sa voiture

’Nous avons été dépassés’ : Bearman ne mâche pas ses mots sur Haas F1
2 juillet 2026 - 17:59

Haas F1 ne s’attendait pas à vivre un GP d’Autriche si compliqué, comme l’a révélé Oliver Bearman ce jeudi. Le pilote britannique explique qu’il se sentait à l’aise au volant en début de week-end, et que voir la VF-26 si loin dans la hiérarchie a été incompréhensible pour lui, avec une double élimination en Q2 et aucun point en course.

Il a souligné qu’avoir une voiture délicate qui n’a pas été optimisée – tout en sachant qu’elle avait plus de performance en réserve – était une bien meilleure position.

"Par rapport au week-end précédent, c’est dommage" a-t-il déclaré. "Parce que vous pouvez digérer le fait d’être ce que nous étions, c’est-à-dire la huitième voiture la plus rapide lors d’un week-end où vous êtes vraiment mécontent de l’équilibre, et vous dire ’oui, nous étions les huitièmes plus rapides, mais nous n’avons pas tout optimisé’."

"La semaine dernière, nous avons tout optimisé, et nous étions les huitièmes plus rapides, et ça, c’est vraiment difficile à accepter. Nous avons en fait terminé une place devant celle que nous aurions dû occuper, mais c’était loin des points, en se faisant presque prendre un tour par la VCARB."

"Donc, pour être honnête, ce week-end à Spielberg a été un peu un coup de poing au visage, parce que nous venions de Barcelone avec un très mauvais équilibre, mais en réalité un rythme de course relativement compétitif, et tout le reste."

"Nous avons vu, disons, ce qui manquait et ce qui nous empêchait de nous battre pour les points. Mais l’Autriche a été un week-end vraiment difficile, et un retour brutal à la réalité."

Lorsqu’on lui a demandé si l’équipe avait trouvé des réponses ces derniers jours, il explique qu’il n’y a pas de potentiel caché, mais que c’est la valeur intrinsèque de la Haas qui pose problème : "Il n’y a pas de réponses. La réponse est que nous avons été dépassés en termes de développement et doublés par nos concurrents."

"Ce n’est donc pas que nous avons laissé de la performance de côté par rapport à ce que nous aurions pu faire en Autriche, c’est que nous n’avons pas apporté autant de performance à la voiture depuis la première manche que tout le monde autour de nous, et cela a été très clair le week-end dernier."

Bearman a souligné que jusqu’à présent, Haas avait pris du retard dans la course aux évolutions de la voiture, tout en notant que d’autres choses étaient à venir : "Je pense que nous sommes juste un peu en décalage avec les autres, donc je ne pense pas que ce soit tout."

"Nous avons de la performance qui arrive sur la voiture, et il y a eu quelques défis. Cette année, jusqu’à présent, et jusqu’à cette course, nous avons apporté une seule évolution sur la voiture, une vraie évolution, et les autres en ont fait beaucoup plus."

"Nous avons beaucoup de défis supplémentaires auxquels les autres ne font pas nécessairement face, donc c’est difficile pour nous. L’année dernière, et même l’année précédente, chaque évolution était assez mineure dans l’ensemble, car c’étaient les troisième et quatrième années de la réglemnetation."

"Mais six mois après le début d’une réglementation, chaque évolution peut vraiment changer votre performance. Donc, si vous n’en apportez qu’une seule et que les autres en apportent trois, il est normal que même si vous commencez ici, ils franchissent des étapes pour vous dépasser."

"Ce n’est pas que quelque chose a changé, mais c’est juste que le rythme de développement est beaucoup plus élevé à ce stade, alors que si vous regardez à la même époque l’année dernière, tout le monde avait plus ou moins atteint le plafond de ce que les voitures pouvaient accomplir en termes de charge."

Le Britannique s’inquiète lui aussi de la gestion de l’énergie ce week-end : "Beaucoup des circuits qui avaient le plus de caractère avec la génération précédente, les circuits rapides et fluides, manquent désormais de gratification lorsqu’on les pilote, et cela fait un peu mal."

"Et l’une des sections de piste nécessitant peut-être le plus de couilles de toute l’année – qui était Maggotts et Becketts – cette année, cela semble n’être qu’un seul virage, et les parties d’avant, vous allez si lentement parce que vous n’avez pas de puissance que ce n’est plus vraiment un virage."

Il aime néanmoins courir devant son public : "Je suis impatient de courir ici, c’est un des meilleurs circuits au calendrier. On verra comment c’est avec le règlement moteur, mais c’est un de mes week-ends préférés devant mon public, comme Nigel [Mansell] le disait, ça vous donne deux dixièmes. C’est un week-end intense mais très cool."

"Ce sera un week-end difficile pour nous, on revient de Spielberg et j’ai l’impression d’avoir été performant mais on n’avait la huitième voiture la plus performante. Si c’est encore le cas, on ne pourra pas marquer de points, mais on a vu avec le podium de Nico [Hülkenberg] l’an dernier, notamment avec la météo, qu’il peut y avoir des surprises, c’est la F1."

Esteban Ocon rejoint Bearman sur le fait que le manque d’énergie sera très complexe à Silverstone, et qu’il faudra gérer d’une manière peu intuitive, qui enlèvera forcément la joie du pilotage sur le tracé rapide.

"La première partie du circuit restera un bon défi" a déclaré Ocon. "Au virage 1, vous allez encore avoir le déploiement [d’énergie], qui va vous pousser assez fort. Mais après cela, ce n’est plus aussi gratifiant et difficile que cela l’était les années précédentes."

Le Français refuse pour autant de céder à la panique et se prépare à un week-end agréable, sans faire attention aux rumeurs dont il est l’objet : "Je me sens bien, je suis prêt à lancer le week-end, et être ici avec autant de soutien est génial. Le soleil brille, ça ne pourrait pas être mieux."

"On fait un bon travail avec l’équipe pour nous assurer que la voiture est saine et aussi compétitive que possible pour pouvoir l’exploiter au maximum. Le reste n’est que bruits et rumeurs, et le plus important est ce qu’on fait dans l’équipe."


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