McLaren F1 explique pourquoi elle freinera volontairement le développement de sa MCL40

La compréhension plutôt que les évolutions rapides en 2026

Auteur : Franck Drui
22 janvier 2026 - 09:37
McLaren F1 explique pourquoi elle freinera volontairement le développement de sa MCL40

McLaren F1 a donc annoncé ce matin qu’elle manquerait le premier jour des essais hivernaux à Barcelone, et peut-être même le deuxième (à lire ici). C’est un choix assumé, tout comme un autre : elle ne compte pas suivre la tendance observée chez plusieurs de ses rivales à l’approche de la saison 2026 de Formule 1.

Alors que certaines équipes ont déjà annoncé leur intention de lancer une première version A de leur monoplace avant de procéder à d’importantes évolutions entre les essais hivernaux et la première course en Australie, l’écurie de Woking entend adopter une approche bien plus mesurée.

Les premiers mois de cette nouvelle ère réglementaire s’annoncent comme une vaste phase d’apprentissage pour l’ensemble du plateau. Conscientes de l’ampleur des changements techniques, plusieurs équipes ont ainsi choisi de débuter avec un concept volontairement basique, avant d’introduire rapidement des développements majeurs dès l’ouverture du championnat.

Ferrari, par exemple, a publiquement évoqué l’idée d’une voiture en « spécification A » lors du premier test, destinée à être profondément remaniée pour la manche inaugurale de la saison.

McLaren, en revanche, a décidé d’emprunter un chemin différent. L’équipe préfère retarder l’introduction de changements d’envergure sur la MCL40 tant qu’elle n’aura pas acquis une compréhension complète du comportement des monoplaces 2026 et identifié précisément les domaines offrant les meilleurs gains de performance.

Cette stratégie doit également permettre à McLaren d’observer les solutions retenues par ses concurrents, tout en évitant d’engager inutilement des ressources précieuses dans le contexte du plafonnement budgétaire, au risque de devoir remplacer rapidement certaines pièces.

Présent au McLaren Technology Centre pour rencontrer les médias, le directeur technique Rob Marshall a expliqué que les évolutions apportées entre le premier test de Barcelone, prévu la semaine prochaine, et le Grand Prix d’Australie en mars seraient très limitées.

"Entre Barcelone et Melbourne, je pense que ce que vous verrez sera à peu près ce que nous apporterons à la première course," a-t-il déclaré.

"Une grande partie de nos efforts sera consacrée à la compréhension de cette voiture. Nous devons aussi prendre en compte ce que fait la concurrence : nous devons nous inspirer de ce qu’ils pourraient réussir ou non, et de ce qu’ils pourraient nous montrer... ou pas."

Selon Marshall, s’engager trop tôt dans une refonte majeure des concepts serait prématuré tant que les équipes ne maîtrisent pas pleinement les subtilités des nouvelles voitures.

"Nous allons vraiment devoir nous concentrer pour bien comprendre cette voiture," poursuit-il. "Elle est très compliquée. Tout est nouveau."

"Il y a énormément de paramètres à régler et à affiner. Introduire beaucoup de nouveautés très tôt compliquerait les choses."

"Je pense qu’il vaut mieux comprendre notre plateforme avant de nous lancer trop vite dans une refonte, avant même qu’elle n’ait tourné une seule roue."

Le patron du design chez McLaren souligne que l’équipe abordera les essais de Barcelone avec un esprit ouvert, tant les inconnues restent nombreuses quant au fonctionnement réel des monoplaces 2026.

L’un des grands sujets d’étude concernera notamment la hauteur de caisse idéale. La réduction de l’effet de sol signifie en effet que les voitures n’ont plus nécessairement besoin d’évoluer aussi près du sol que par le passé.

Interrogé sur la bataille aérodynamique à venir et sur le rôle du rake - la différence de hauteur de caisse entre l’avant et l’arrière - Marshall explique : "Je suppose que l’intention de ce règlement était de forcer une augmentation de la hauteur de caisse à l’arrière, et nous pensons que ce sera effectivement le cas."

"Jusqu’à quelle hauteur cela va monter, nous ne le savons pas encore. Jusqu’à quel point on peut descendre, nous ne le savons pas non plus."

"Il y a un très, très long chemin à parcourir la semaine prochaine à Barcelone pour essayer de déterminer la meilleure fenêtre de fonctionnement de la voiture."

McLaren ne publiera aucune image officielle de sa monoplace 2026 avant la veille de son entrée en piste lors des essais de Barcelone. Avant cela, seule une silhouette de la MCL40 sera dévoilée. L’écurie devrait par ailleurs rejoindre ce test à huis clos uniquement lors de la deuxième ou de la troisième journée, ce qui reporte la diffusion à lundi ou mardi.

Des rendus de la MCL40 dans sa livrée noire de tests ont toutefois déjà offert quelques indices sur ses choix techniques. On y distingue notamment des pontons à effet de « downwash », ainsi qu’un changement notable de concept de suspension avant, passant du pullrod au pushrod pour cette saison.

À ce sujet, Rob Marshall précise que cette décision est avant tout dictée par des considérations aérodynamiques.

"Plusieurs voitures utilisaient un poussoir ou un tirant à l’avant l’an dernier, comme les années précédentes," rappelle-t-il.

"Tout dépend du choix aérodynamique et de la suspension avant qui convient le mieux à votre nouvelle aile avant. Et évidemment, les ailes avant sont entièrement nouvelles."

"Je pense donc que la manière dont les équipes que vous avez vues jusqu’à présent ont organisé leur suspension est adaptée à leur package d’aile avant et à leur concept de train avant."

"C’est entièrement dicté par l’aérodynamique. Les deux solutions sont assez simples à mettre en œuvre mécaniquement ; ce n’est pas un défi mécanique particulièrement complexe."


Nouveau : comment suivre au mieux l’actualité de notre site ?

Via notre nouvelle chaîne WhatsApp Nextgen-Auto.com !

Vous abonner (cliquez sur l’étoile pour mettre en favori) à notre Google News si vous utilisez l’appli Google Actualités sur votre smartphone.


Partage

mclaren2_75_.jpg