Les tops, les flops et les interrogations après le GP d’Azerbaïdjan de F1

Red Bull inflige une gifle à Ferrari à Bakou

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Par Emmanuel Touzot

14 juin 2022 - 18:30
Les tops, les flops et les interrogation

Après chaque Grand Prix, Nextgen-Auto.com vous propose de retrouver les tops et les flops identifiés par la rédaction. Qui mérite d’être applaudi ? Qui, au contraire, doit être critiqué ? Enfin, quels sont les points d’interrogation ou ambiguïtés, qui devront être suivis avec intérêt lors des prochains Grands Prix ? Découvrez-le ci-dessous !

Les tops

Top n°1 : Red Bull rend copie presque parfaite

Chaque Grand prix qui passe ne fait que confirmer la tendance que l’on observe depuis le Grand Prix d’Emilie-Romagne : Red Bull est désormais l’équipe favorite pour les victoires et les titres. Max Verstappen a semblé en difficulté tout le week-end, en retrait d’un Sergio Pérez en grande forme après sa victoire monégasque, mais le Néerlandais cachait en réalité son jeu.

Ou en tout cas, il préparait parfaitement sa course, puisque rien ne l’a empêché de dominer après l’abandon de la Ferrari de Charles Leclerc. Oui, il a bénéficié d’une consigne au sein de l’équipe autrichienne, mais comment ne pas la comprendre ? Au moment où Red Bull dit à Pérez de ne pas se battre, Verstappen venait de lui reprendre plus d’une seconde au tour. En proie à des difficultés pour remettre ses pneus médiums en température, le Mexicain lui concède même trois secondes pleines dans le tour où il laisse passer son équipier.

Au final, les deux hommes ont pu gérer leur course en tête et n’ont pas eu de mal à aller chercher les 44 points du doublé et du meilleur tour, l’œuvre de Pérez. Seules les qualifications restent toujours un point négatif, puisque les cinq dernières pole positions sont revenues à Leclerc, mais le dimanche sourit encore et toujours à Red Bull. Les deux pilotes sont désormais en tête du championnat, Leclerc pointant à 34 points de Verstappen, et Red Bull possède 80 unités de marge chez les constructeurs.

Top n°2 : Le métronome George Russell

Difficile de trouver des imperfections dans la copie qu’a délivrée George Russell ce week-end à Bakou. Le pilote Mercedes F1 s’est qualifié cinquième, soit meilleur des autres, et a terminé troisième, soit meilleur des autres aussi. Derrière Red Bull et Ferrari, le Britannique est désormais le pilote le plus rapide, et de loin. Il a devancé Pierre Gasly en qualifications, et Lewis Hamilton en course.

Le GP d’Azerbaïdjan vient confirmer ce que l’on voit de Russell depuis le début de saison, une régularité hors pair et des courses sans erreurs ni pertes de rythme. Grâce à cela, il signe son troisième podium de l’année, son quatrième en carrière, et enchaîne avec une huitième arrivée dans le top 5.

Celui que son équipe appelle M. Régularité (Mr Consitency) aimerait se battre pour des victoires, mais se félicite déjà de battre son équipier et d’inscrire des gros points chaque week-end. Cela lui permet, par ailleurs, de pointer quatrième au championnat du monde des pilotes, quasiment à équidistance entre les pilotes Ferrari.

Top n°3 : Gasly et Vettel confirment leur affection pour Bakou

Respectivement troisième et deuxième l’année dernière dans la capitale azérie, Pierre Gasly et Sebastian Vettel ont bouclé l’édition 2022 du Grand Prix d’Azerbaïdjan en cinquième et sixième positions. Ils signent chacun leur meilleur résultat de la saison, ce qui leur permet de revenir dans la lutte du peloton au championnat. Le Français pointe en dixième place, à égalité avec Fernando Alonso, et le pilote Aston Martin F1 est 14e, à trois points de Gasly.

Ce dernier a réalisé un sans-faute ce week-end, avec une qualification en sixième place et une arrivée au cinquième rang. A sept secondes derrière lui, Vettel a semblé à son aise sur le circuit de Bakou, après s’être qualifié la veille en neuvième position, égalant son meilleur score de l’année pour un samedi. Avec une course beaucoup plus calme que l’an dernier, il était difficile pour les deux hommes de briller autant, mais ils s’adjugent de nouveau les meilleures positions derrière les équipes de pointe.

Les flops

Flop n°1 : Carton rouge pour Ferrari en Azerbaïdjan

Un zéro pointé n’est pas dramatique dans une saison longue de 22 courses pour une équipe visant le titre, surtout quand sa rivale a connu le même sort lors de la course d’ouverture de la saison. Mais la dynamique dans laquelle s’inscrit la Scuderia depuis plusieurs courses a tout de même de quoi inquiéter à Maranello. Quoi qu’en dise Mattia Binotto, qui prône le calme, on ne peut pas imaginer qu’un vent de panique n’ait pas envahi l’usine au siège de Ferrari. Le fait qu’il admette que le manque de fiabilité de la F1-75 est "préoccupant" est d’ailleurs surement un signe.

Car ce week-end, les pilotes n’ont rien eu ou presque à se reprocher. Charles Leclerc a signé sa sixième pole position en huit courses, la quatrième consécutive, et menait la course quand il a connu une casse moteur au 21e tour. Pour Carlos Sainz, la course s’était arrêtée 13 boucles plus tôt, un problème hydraulique ayant apparemment causé un dysfonctionnement des freins.

Certes, l’Espagnol avait commis une petite faute dans son deuxième tour de Q3 et ne s’était qualifié que quatrième. Certes, Leclerc ne semblait pas en mesure de tenir le rythme de Verstappen sur l’ensemble de la course. Mais il était en tête avec un décalage stratégique pour les pneumatiques, et il aurait pu se battre pour la deuxième place, voire pour la victoire. Au lieu de cela, il connait son deuxième abandon en trois courses, et Ferrari signe un zéro pointé.

Lors des trois dernières courses, Leclerc a concédé 53 points à Verstappen et 51 points à Pérez, tandis que Ferrari a perdu 86 points sur Red Bull. De quoi ne plus avoir le choix de se réveiller, et ce dès ce week-end au Canada.

Flop n°2 : A quoi joue Nicholas Latifi ?

Est-il préoccupé par son possible remplacement à venir ? Nicholas Latifi continue de subir la loi d’Alex Albon chez Williams F1, mais le Canadien ajoute en plus des erreurs en course, et des explications douteuses. A Bakou, il accusait six dixièmes de retard sur son équipier en qualifications, et a terminé dernier le lendemain. Mais c’est surtout sa gestion des drapeaux bleus qui a posé problème.

Ainsi, Latifi a ignoré 12 de ces drapeaux demandant de laisser passer les voitures qui lui prennent un tour. Interrogé par les commissaires sur le fait qu’il ait bloqué Gasly pendant plusieurs minutes, il a assuré vouloir se faire pardonner de l’avoir gêné... en lui offrant le DRS et l’aspiration, pour ne pas le laisser à la merci de Hamilton. Ce dernier était revenu sur le Français à cause de Latifi, ce qui a fait culpabiliser le principal intéressé.

C’est louable de sa part si cela est avéré, mais on peut tout de même se poser la question de la capacité de Latifi à évoluer dans le trafic. Car à Monaco, il avait déjà bloqué Carlos Sainz de la sortie des stands jusqu’au tunnel, soit un demi-tour, coûtant de précieuses secondes - et possiblement la victoire - à l’Espagnol. Après deux saisons modestes mais encourageantes, Latifi semble désormais engagé dans une spirale infernale qui conduira inéluctablement à son remplacement, l’an prochain ou avant.

Flop n°3 : Alfa Romeo sans performance ni fiabilité, Bottas décroche

Alfa Romeo nous avait habitué à mieux récemment ! En dépit d’essais souvent perturbés par des problèmes techniques, Valtteri Bottas était parvenu à inscrire des points à chaque course entre l’Australie et Monaco. Mais en Azerbaïdjan, l’équipe a sombré, et avec le Finlandais, qui a subi la loi de Guanyu Zhou. Le Chinois s’est qualifié 14e, juste devant son équipier, et était devant Bottas avant son abandon.

La double élimination en Q2 a donc laissé place à un abandon pour Zhou et à une 11e place pour Bottas, malgré cinq abandons en course. Pire, l’équipe ne parvient pas à comprendre pourquoi sa C42 a totalement perdu en performance. Des premiers éléments de réponse pourraient toutefois arriver au Canada, où Alfa Romeo prévoit des changements drastiques pour comprendre cette baisse de régime.

On demande à voir...

Le marsouinage, entre jeu politique et réel danger

Le marsouinage a été le grand sujet du week-end, avec plusieurs pilotes qui ont émis de nouvelles inquiétudes sur leur santé à long terme. Hamilton et Russell ont été les plus vocaux, le septuple champion du monde peinant à s’extraire de sa voiture dimanche, au point de mettre en doute pendant quelques heures sa participation à la course suivante. Russell, quant à lui, a émis l’idée qu’un gros accident pourrait se produire avec les pertes d’adhérence que cause le marsouinage dans les virages rapides.

Le fait que les deux pilotes Mercedes F1 s’en plaignent a poussé le clan adverse, Red Bull, à conseiller à l’équipe de simplement relever la garde au sol de sa monoplace, quitte à sacrifier quelques dixièmes. Une solution qui fonctionne sur d’autres monoplaces comme l’Aston Martin, mais pas sur la Mercedes, dont les suspensions rigides empêchent ce type de réglage.

Mais quoi qu’en dise Christian Horner, le problème ne concernait pas que Mercedes, puisque Sainz, Ocon et même Gasly s’en sont plaints, ce dernier craignant de finir sa carrière "en marchant avec une canne". Mais le léger doute que cela provoque dans l’opinion publique suffit à en faire un jeu politique, certaines équipes craignant que Mercedes ne cherche qu’à gagner de la performance.

On peut regretter que la FIA peine à intervenir, afin de mener à minima une enquête complète sur les effets du marsouinage sur les pilotes. L’action de quelques commissaires de la fédération, de spécialistes aéro et de médecins sportifs pourrait suffire pour évaluer rapidement si oui ou non, le marsouinage est un sujet de sécurité. Il faut maintenant espérer que l’on n’attende pas trop longtemps pour le savoir.

Mercedes F1 ne confirme pas ses progrès

Avant le week-end, Russell nous avait confié en exclusivité que Mercedes F1 espérait valider dans la longue ligne droite la disparition du marsouinage entrevue à Monaco, mais surtout à Barcelone. Malheureusement, il n’en a rien été, et l’on a vu la W13 talonner plus que jamais dans les 2,2 km de pleine charge. Cela implique également les virages qui se négocient à fond et mènent sur la ligne droite de 1,6 km, dans lesquels Hamilton a failli perdre le contrôle de sa monoplace, ce qui aurait pu mener à un accident très violent (voir vidéo ci-dessous).

La W13 va mieux qu’avant sur certains circuits, c’était indéniable en Espagne, mais les tracés bosselés sur lesquels ses suspensions rigides n’encaissent pas les irrégularités de l’asphalte font réapparaître rapidement le phénomène de marsouinage. L’équipe de Brackley a encore du pain sur la planche pour rattraper les deux top teams, car elle peinait plutôt, ce week-end, à se défaire des AlphaTauri.

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