Le Dakar délocalisé, la F1 maintenue : le Golfe sous pression avant les derniers Grands Prix

Les prochains événements au Qatar pourraient éclairer la FOM

Le Dakar délocalisé, la F1 maintenue : le Golfe sous pression avant les derniers Grands Prix
Auteur : Franck Drui
27 octobre 2026 - 11:57

La décision de délocaliser le Dakar 2027 hors d’Arabie saoudite, en raison de la dégradation de la situation sécuritaire régionale, ravive les interrogations autour des deux derniers Grands Prix de la saison de Formule 1, programmés au Qatar et à Abu Dhabi. Alors que le championnat entend toujours conclure son calendrier au Moyen-Orient, une éventuelle annulation pourrait avoir des conséquences sportives considérables, notamment dans la lutte pour le titre mondial entre Kimi Antonelli et George Russell. La Formule 2 serait encore plus directement touchée, puisque ses deux dernières manches doivent précisément se tenir sur ces circuits. Mais plusieurs événements internationaux programmés dans les prochaines semaines pourraient apporter de premières indications sur la situation.

Le Moyen-Orient continue de susciter des interrogations quant à sa capacité à accueillir les dernières grandes compétitions automobiles de l’année. La confirmation du retrait du Dakar d’Arabie saoudite pour son édition 2027 constitue un nouveau développement dans un contexte régional déjà marqué par des préoccupations sécuritaires.

La FIA et Amaury Sport Organisation (ASO), organisateur du célèbre rallye-raid, ont confirmé que l’épreuve prévue en janvier prochain ne se déroulerait pas sur le territoire saoudien.

Cette décision a été justifiée par les "récents développements dans la région" sans pour autant remettre définitivement en cause la présence du Dakar dans le pays, puisqu’un retour est envisagé dès 2028.

Cette annonce attire désormais l’attention sur la Formule 1, qui maintient pour l’instant son intention de terminer la saison 2026 avec les Grands Prix du Qatar et d’Abu Dhabi.

Si les deux situations présentent des différences importantes, la délocalisation d’une compétition internationale de l’envergure du Dakar montre que les organisateurs sportifs doivent continuer à tenir compte de l’évolution du contexte régional.

Une annulation pourrait précipiter le sacre d’Antonelli

À ce stade avancé de la saison, toute modification du calendrier de Formule 1 aurait des conséquences sportives particulièrement importantes.

Le championnat approche de son dénouement, avec Kimi Antonelli en position de décrocher son premier titre mondial dès le Grand Prix de Mexico.

Si les dernières courses prévues au Moyen-Orient ne pouvaient finalement pas avoir lieu, la FIA et la Formule 1 devraient déterminer les modalités de conclusion de la saison.

Une solution de remplacement en Europe, avec Imola comme éventuel circuit de secours pour accueillir la finale, se prépare toujours.

Ce scénario pourrait modifier radicalement la situation au championnat. Si les courses restantes au Moyen-Orient étaient annulées cette semaine et qu’Imola devenait l’ultime manche de la saison, Antonelli serait déjà assuré mathématiquement du titre mondial.

Une telle situation signifierait que le pilote Mercedes aurait décroché son premier championnat sans même devoir attendre la conclusion du GP du Mexique. Il s’agit toutefois d’un scénario hypothétique, dépendant d’une modification majeure du calendrier qui n’a pas été annoncée.

Si une annulation est sur la table, il est même possible que la FOM attende le titre d’Antonelli à Mexico (il ne lui faut que deux points) ou au pire au Brésil en cas de coup dur, pour annoncer un changement de calendrier.

Mais la Formule 1 continue pour le moment de préparer ses déplacements au Qatar et aux Émirats arabes unis à Abu Dhabi.

Les conséquences d’une éventuelle annulation seraient potentiellement plus importantes encore pour la Formule 2.

Contrairement à la Formule 1, dont le calendrier comporte encore plusieurs rendez-vous avant les deux dernières manches au Moyen-Orient, le championnat de F2 doit disputer ses deux ultimes épreuves précisément au Qatar et à Abu Dhabi.

Une suppression de ces deux week-ends priverait donc la catégorie de l’intégralité de sa fin de saison actuellement programmée.

Cela pourrait bouleverser les conditions d’attribution du titre et les dernières positions au classement, alors que les pilotes et les équipes comptent sur ces rendez-vous pour conclure leur championnat.

La question d’éventuelles courses de remplacement se poserait alors avec une acuité particulière, compte tenu des contraintes logistiques et du calendrier déjà très avancé. Se rendre à Imola est bien sûr une possibilité pour la F2 mais le championnat ne dispose pas d’autant d’équipements dédoublés que la F1.

Le Qatar et les Émirats ne sont pas dans la même situation que l’Arabie saoudite

La décision concernant le Dakar ne signifie pas automatiquement que les Grands Prix du Qatar et d’Abu Dhabi sont menacés dans les mêmes proportions.

L’Arabie saoudite a récemment été directement affectée par des perturbations sécuritaires régionales, notamment des attaques menées par les Houthis, qui ont déjà contraint plusieurs organisateurs d’événements sportifs internationaux à modifier leurs programmes.

La situation au Qatar et aux Émirats arabes unis doit donc être évaluée séparément. Pour l’instant, ces deux pays continuent de préparer plusieurs grandes compétitions automobiles internationales, sans avoir annoncé de changement comparable à celui du Dakar. Le maintien de ces événements pourrait constituer un premier indicateur de la capacité des organisateurs à poursuivre leurs activités dans des conditions jugées acceptables.

Trois rendez-vous programmés dans les prochains jours seront particulièrement suivis. Il y a déjà la course de MotoGP, que nous avons déjà évoqué.

Mais dès cette semaine, le Qatar International Baja doit se dérouler du 28 au 31 octobre, autour de Losail, sur le territoire qatari. Quelques jours plus tard, le Dubai International Baja est prévu du 5 au 8 novembre, aux Émirats arabes unis.

Ces deux épreuves internationales de rallye-raid devraient permettre d’observer comment les compétitions automobiles continuent de fonctionner dans les pays qui doivent accueillir les dernières manches de la Formule 1.

Leur déroulement pourrait notamment apporter des indications sur les conditions de sécurité, l’organisation logistique et la capacité des différentes autorités à maintenir les événements sportifs internationaux.

Il ne constituerait toutefois pas une garantie absolue pour les Grands Prix, dont les exigences opérationnelles et les dates sont différentes.


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