’La meilleure Williams jamais vue’ : Vowles encense la FW48 malgré son absence à Barcelone

Une monoplace qui a mis toute l’équipe de Grove en stress

Auteur : Franck Drui
30 janvier 2026 - 10:39
’La meilleure Williams jamais vue’ : Vowles encense la FW48 malgré son absence à Barcelone

C’est une communication un peu osée à ce stade et étant donné le contexte qui entoure Williams F1. Mais James Vowles n’a pas caché sa satisfaction à propos de la nouvelle FW48, qu’il considère comme la meilleure monoplace produite par l’écurie depuis son arrivée à la tête de l’équipe en 2023. Un jugement fort, d’autant plus que la FW48 n’a pas pris part à la semaine de shakedown organisée à Barcelone.

La nouvelle Williams effectuera ses premiers tours de roue lors d’une journée de tournage à Silverstone, avant de rejoindre Bahreïn pour les essais de pré-saison. Ce sera alors la première occasion pour l’équipe de Grove de collecter des données concrètes en vue de la saison 2026.

Interrogé sur la décision de faire l’impasse sur Barcelone, Vowles a expliqué hier que celle-ci était directement liée aux délais de fabrication de la voiture... sans nier totalement des retards dus à des problèmes de conception et qui ont retardé la validation des crash-tests obligatoires de la FIA.

Cette pression étant maintenant retombée, le patron de Williams a été questionné sur le potentiel réel de cette monoplace très attendue.

Depuis sa prise de fonctions en 2023, Vowles a souvent insisté sur la nécessité de reconstruire l’infrastructure de l’équipe avec, en ligne de mire, le grand changement réglementaire de 2026. Après avoir mené Williams à la cinquième place du championnat constructeurs, l’idée de se rapprocher du peloton de tête n’a plus rien d’utopique.

Pour autant, Vowles refuse toute projection hâtive sur la compétitivité de la FW48.

"En ce qui concerne la voiture, c’est impossible à dire, et ce n’est vraiment pas une façon d’éluder la question. C’est simplement que, même aujourd’hui, alors que j’ai la chance de voir ce qui se passe à Barcelone, il est impossible de savoir ce qu’il s’y passe réellement aussi. Je ne sais pas quels objectifs les autres se sont fixés."

Mais s’il reste prudent sur la hiérarchie, Vowles se montre en revanche catégorique sur la qualité du travail accompli à Grove.

"De manière réaliste, la voiture que nous avons produite est la meilleure que j’aie vue ici. Ce sont des faits."

"Cela ne veut pas dire pour autant... cela n’indique absolument pas où elle se situera sur une feuille de temps. C’est Bahreïn et la suite qui nous le diront."

Revenant sur les retards de fabrication ayant conduit à l’absence au shakedown, Vowles a rappelé que Williams avait pleinement assumé le choix de sacrifier une partie du développement à court terme afin de maximiser le potentiel du projet 2026. Selon lui, manquer Barcelone n’est qu’un contretemps mineur dans une stratégie globale beaucoup plus ambitieuse.

"La voiture que nous avons construite, que ce soit en nombre d’heures ou en nombre de composants, est environ trois fois plus complexe que tout ce que nous avons fait auparavant. Cela signifie que la charge qui traverse notre système est environ trois fois supérieure à ce que nous connaissions, et nous avons commencé à prendre un peu de retard, avec des pièces livrées tardivement."

"Il y a des compromis que l’on peut faire dans ce genre de situation. En parallèle, nous avons clairement repoussé les limites dans certains domaines, notamment dans les tests associés."

Pour Vowles, ces difficultés restent anecdotiques à l’échelle du projet.

"Je dirais que ce n’est qu’un petit accroc dans l’ensemble. Un élément parmi beaucoup d’autres qui nous ont poussés absolument au-delà de nos limites, compte tenu du temps dont nous disposions. C’est davantage le résultat du fait de repousser non seulement les limites du design, mais aussi celles du nombre de composants que l’usine pouvait produire dans un laps de temps très court."

Le Britannique rappelle également que produire la voiture trop tôt aurait été contre-productif.

"J’ai dit l’an dernier que nous sacrifiions 2025 pour 2026... aérodynamiquement, c’est ce que nous avons fait. Mais si nous avions figé la voiture en février de l’an dernier, c’était beaucoup trop tôt. On aurait laissé énormément de performance sur la table. Plus encore, on ne pousse pas une organisation vers un niveau ’championnat’ si l’on ne repousse pas au maximum le moment où tout est figé."

"Ce que vous voyez aujourd’hui est le résultat de décisions agressives prises pour conserver autant de performance que possible dans la voiture."

En l’absence de shakedown à Barcelone - que la FW48 aurait toutefois pu disputer si cela avait été absolument nécessaire selon Vowles - Williams a compensé par un programme intensif sur piste virtuelle (VTT), utilisant des composants physiques de la monoplace. Vowles explique en quoi ce VTT sera utile.

"Le VTT a été très utile, principalement sur le système de refroidissement. Nous avons ici un système de refroidissement assez différent de tout ce que nous avons conçu ou utilisé auparavant."

"Cela nous permet non seulement d’apprendre comment l’exploiter efficacement, mais aussi de nous assurer que les problèmes de fiabilité que nous avons connus l’an dernier sont totalement résolus. Et cela nous aide également pour le dimensionnement et l’intégration future. C’est donc extrêmement précieux."

Vowles reconnaît que ce travail virtuel ne peut totalement compenser le retard accumulé par rapport à neuf autres équipes - Aston Martin n’ayant pas encore roulé non plus - et admet que l’ampleur du programme est inhabituelle.

"Normalement, on utilise un VTT, mais pas sur une durée aussi longue ni avec un programme aussi profond que celui que nous menons actuellement. Nous mettons l’entreprise au défi. Aérodynamiquement, la voiture est bien plus complexe que tout ce que nous avons produit auparavant. En termes de conception aussi."

"Cette complexité implique que les formes nécessaires pour atteindre les objectifs et passer les tests - flexibilité de l’aileron avant, de l’aileron arrière, et tout le reste - demandent beaucoup plus de travail. C’en est la conséquence directe."

Malgré ces contraintes, Vowles se montre satisfait du chemin emprunté, tout en reconnaissant une erreur d’anticipation.

"Je suis en réalité très heureux que la voiture soit plus complexe, mais il est clair que je n’ai pas dimensionné l’organisation correctement pour produire ce niveau de complexité dans les délais."


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