La FIA taclée : ’100% injuste’ d’avoir offert une seconde chance aux pilotes immobilisés selon Alonso

Hamilton et d’autres sauvés par le drapeau rouge ?

La FIA taclée : ’100% injuste’ d’avoir offert une seconde chance aux pilotes immobilisés selon Alonso
Auteur : Franck Drui
5 octobre 2026 - 06:38

Fernando Alonso n’a guère apprécié la manière dont la FIA a géré le chaos ayant précédé le véritable départ du Grand Prix de Bahreïn en Malaisie. Après le bug logiciel qui a ralenti et immobilisé plusieurs monoplaces pendant les tours de formation, la direction de course a décidé de rétablir l’ordre initial de la grille pour le nouveau départ, permettant notamment à Lewis Hamilton de retrouver sa deuxième position et Charles Leclerc la quatrième. Une décision jugée "100 % injuste" par le pilote Aston Martin, qui estime que les voitures immobilisées auraient normalement dû être considérées comme hors course.

Le début du Grand Prix à Sepang a donné lieu à une situation pour le moins inhabituelle. Alors que les pilotes évoluaient derrière la voiture de sécurité dans des conditions humides, un problème logiciel a affecté plusieurs monoplaces et particulièrement celle de Hamilton.

Parti deuxième sur la grille, le pilote Ferrari s’est immobilisé dans la ligne droite opposée et a chuté jusqu’à la 16e position, juste devant les Haas. Leclerc a aussi été touché. Esteban Ocon s’est lui aussi arrêté, tout comme Valtteri Bottas au volant de sa Cadillac.

Hamilton a finalement pu redémarrer après une réinitialisation de son système, mais la confusion était telle que Max Verstappen, parti de la pole position et lui-même confronté à un problème, a failli lui prendre un tour avant même que la course n’ait réellement commencé.

La FIA a rapidement suspendu la procédure de départ avant de brandir le drapeau rouge. Le bug logiciel a ensuite été corrigé pendant l’interruption.

C’est la décision prise avant la nouvelle procédure qui a particulièrement interpellé Alonso. Plutôt que de conserver l’ordre dans lequel les pilotes se trouvaient après leurs différents problèmes, la FIA a replacé les monoplaces dans leur ordre de départ initial. Hamilton a donc récupéré sa deuxième position.

Le Britannique a ensuite perdu énormément de terrain après avoir choisi les slicks pour le véritable départ, mais il est parvenu à reconstruire sa course pour finalement décrocher une improbable troisième place.

Alonso a lui aussi profité des circonstances mouvementées pour terminer huitième. Il s’agit du meilleur résultat d’Aston Martin cette saison et d’une performance qui a plus que doublé son total de points, passé de trois à sept.

Interrogé sur le fait que les Aston Martin n’avaient, elles, rencontré aucun problème durant les tours de formation, Alonso a immédiatement rapproché la situation des nombreux abandons subis par son équipe cette année.

"Je pense que j’ai eu 50 % d’abandons cette année et ils n’ont jamais arrêté la course pour nous. Il reste huit courses et, si nous conservons ce pourcentage, nous abandonnerons lors de quatre courses et nous verrons donc quatre drapeaux rouges, c’est certain."

Invité ensuite à donner son avis sur les monoplaces immobilisées derrière la voiture de sécurité, le double champion du monde a poursuivi sur le même ton, estimant qu’une Aston Martin arrêtée en bord de piste ne bénéficierait pas nécessairement d’une telle intervention.

"La même chose que ce qui traverse l’esprit de la FIA lorsqu’elle voit une Aston Martin s’arrêter et se ranger sur le côté parce qu’elle a un problème : très bien, vous avez une voiture de moins dans la course."

Une décision "100 % injuste" selon Alonso

Au-delà de l’ironie, Alonso conteste surtout la décision de remettre l’ensemble des concurrents dans leurs positions initiales lorsque le Grand Prix a finalement pu commencer, plus de 90 minutes après l’heure prévue.

Lorsqu’il lui a été demandé directement s’il considérait cette décision comme injuste, sa réponse a été sans ambiguïté.

"À 100 %. Je veux dire, c’est de la course automobile. S’il s’agit d’une question de sécurité, je le comprends. S’il y a cinq voitures au milieu de la piste, nous devons arrêter la course et comprendre ce qui se passe."

Alonso ne conteste donc pas le principe d’une interruption si les monoplaces immobilisées créent effectivement un danger. Son désaccord porte davantage sur ce qu’il estime être la conséquence sportive qui aurait dû être appliquée aux pilotes touchés.

"Mais je pense que les voitures qui se sont arrêtées étaient hors course. Elles étaient contre le mur et les commissaires avaient simplement besoin de les pousser de deux mètres et de retirer les voitures, comme nous le faisons dans 50 % des courses. Ou elles repartent et alors elles restent derrière."

"C’est la première fois que je vois cela, mais pour l’instant je ne dispose pas de toutes les informations, donc il n’y a pas d’explication claire. Et ce n’est pas grave, cela ne me préoccupe pas outre mesure."

"De notre côté, nous essayons de faire notre travail, d’essayer de maintenir la voiture en fonctionnement, et ensuite la pluie a été vraiment très appréciée en termes d’opportunités pour nous."

Ce que dit le règlement

Il existe des règles spécifiques concernant la suspension de la procédure de départ, comme ce fut le cas après le chaos survenu lors du tour de formation.

L’article B5.14.1 du règlement sportif de la FIA stipule : "Si, à tout moment après le début des tours de formation derrière la voiture de sécurité, les conditions de piste sont jugées inadaptées au départ, le message "PROCÉDURE DE DÉPART SUSPENDUE" sera envoyé à tous les concurrents."

"Des drapeaux rouges seront agités à tous les postes de commissaires ainsi qu’à la ligne de contrôle, et les feux orange du portique de départ seront allumés."

"Toutes les monoplaces de F1 doivent emprunter la voie des stands derrière la voiture de sécurité."

"La première monoplace arrivant dans la voie des stands doit se diriger directement vers la sortie de celle-ci... Toutes les autres monoplaces doivent s’aligner derrière la première, dans l’ordre où elles sont entrées dans la voie des stands derrière la voiture de sécurité au moment de la suspension de la procédure de départ."

Toutefois, cet ordre est susceptible d’évoluer avant que la course ne reprenne véritablement ; c’est ce qui a permis à Hamilton de récupérer sa deuxième place.

Il existe une règle selon laquelle "tout pilote ayant provoqué l’interruption du départ mais étant ensuite en mesure de prendre le départ doit s’élancer depuis la sortie de la voie des stands" ; or, cette règle ne s’appliquait pas à Hamilton, car le départ avait été interrompu en raison de problèmes rencontrés par plusieurs pilotes, indépendants de leur volonté ou de celle de leur écurie.

La situation aurait donc été différente si Hamilton était parti en tête-à-queue seul et avait ainsi provoqué la suspension de la procédure de départ.

Mike Krack, directeur de l’équipe en piste chez Aston Martin, a qualifié le sujet de "délicat" lorsqu’il a été interrogé sur les propos d’Alonso. Et ne soutient pas la position de son pilote.

"Je pense que c’était vraiment la seule chose que la FIA pouvait faire à ce stade. La course n’avait pas encore commencé ; il s’agissait du tour de formation. La course n’avait pas débuté, et ils ont interrompu la procédure."

"Évidemment, nous devons analyser la situation dans son ensemble. C’était un peu chaotique. Je crois que personne ne savait vraiment ce qui se passait."

"Mais, en fin de compte, si l’on prend un peu de recul, je pense que c’était la bonne décision."

Mercedes aurait également pu en tirer profit, car l’abandon de Hamilton aurait permis à Kimi Antonelli et George Russell de gagner une place chacun ; toutefois, le directeur adjoint de l’équipe, Bradley Lord, a estimé que la bonne décision avait été prise.

"C’était une situation quelque peu inédite," a déclaré Lord.

"Par ailleurs, sur le plan formel, la procédure de départ n’avait pas encore eu lieu, nous étions en plein tour de formation avant qu’une décision ne soit prise. Sur le moment, on pouvait se sentir avantagé ou désavantagé, trouver la décision juste ou injuste, mais dans l’ensemble, c’était la solution dictée par le bon sens."

"Si l’on pense aux millions de téléspectateurs à travers le monde : ils se branchent pour le départ et, soudain, les voitures se retrouvent dans un ordre totalement chamboulé à cause d’un incident survenu 40 minutes plus tôt, alors qu’elles roulaient derrière la voiture de sécurité lors d’un tour de formation."

"Je pense que cela aurait été bien plus difficile à expliquer que de repartir à zéro et de lancer la course comme nous l’avons fait. D’autant plus que le bug ne venait pas des motoristes. D’ailleurs, le moment en lui-même a été assez palpitant."


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