La FIA reconnaît son erreur après le bug qui a paralysé les F1 à Sepang

Un scénario qui n’avait pas pu être testé lors des essais hivernaux

La FIA reconnaît son erreur après le bug qui a paralysé les F1 à Sepang
Auteur : Franck Drui
4 octobre 2026 - 14:18

La FIA a présenté ses excuses aux fans après l’incroyable succession d’arrêts en piste qui a retardé le départ du Grand Prix de Bahreïn en Malaisie. Nikolas Tombazis, directeur monoplace de la Fédération, a reconnu qu’un scénario précis n’avait pas été suffisamment testé avant l’introduction de la nouvelle réglementation : celui de monoplaces évoluant à une vitesse extrêmement faible sous la pluie. Cette lacune a permis à un bug logiciel d’empêcher le redéploiement de la puissance, immobilisant plusieurs voitures et contraignant les équipes à installer en urgence une mise à jour avant de pouvoir enfin lancer la course.

Les difficultés avaient commencé avec les conditions météorologiques. Le départ initial avait été reporté en raison des fortes pluies qui s’étaient abattues sur Sepang et, environ 40 minutes après l’horaire prévu, les monoplaces avaient finalement quitté la voie des stands derrière la voiture de sécurité sur une piste toujours détrempée.

Mais cette première tentative n’est pas allée très loin. Alors que le peloton effectuait son tour, plusieurs voitures ont commencé à ralentir. En tête, Max Verstappen a notamment signalé qu’il avait l’impression de ne plus disposer de puissance.

Trois monoplaces se sont même immobilisées en piste : celles de Lewis Hamilton, Esteban Ocon et Valtteri Bottas. Tous trois ont finalement réussi à redémarrer et à reprendre leur route.

La situation est alors devenue particulièrement confuse. Tandis que le peloton progressait à une vitesse extrêmement faible derrière Verstappen, le pilote Red Bull avait réussi à poursuivre à un rythme bien supérieur. Le quadruple champion du monde a fini par revenir sur les autres concurrents et presque leur prendre un tour, créant une situation improbable dans laquelle la voiture de sécurité se retrouvait elle-même derrière certaines monoplaces.

Face à cette confusion, la FIA n’a eu d’autre choix que d’abandonner la procédure de départ.

Un bug empêchait le redéploiement de la puissance

Toutes les voitures ont été renvoyées dans la voie des stands, où le problème a finalement pu être identifié. Un bug affectait les groupes propulseurs et nécessitait une mise à jour logicielle pour être corrigé.

Tombazis a expliqué que le ralentissement en accordéon du peloton avait conduit certaines voitures à atteindre une vitesse extrêmement faible, jusqu’à pratiquement s’arrêter. C’est précisément dans cette situation que le bug s’est manifesté, empêchant le système de redéployer la puissance et certaines monoplaces de repartir normalement.

Le responsable de la FIA reconnaît également que des essais supplémentaires auraient vraisemblablement permis de détecter le problème avant le Grand Prix.

"Il y a eu un petit effet d’accordéon entre les voitures et certaines se sont presque complètement arrêtées."

"Ce bug empêchait la puissance d’être redéployée et les voitures de repartir."

"Si nous avions effectué un peu plus d’essais, nous aurions probablement réussi à le détecter à temps et à éviter de nous retrouver dans une telle situation."

Une fois l’origine du problème comprise, les ingénieurs ont dû travailler dans l’urgence pour préparer une correction. La mise à jour logicielle a ensuite été transmise aux équipes, qui ont elles-mêmes dû l’installer sur leurs monoplaces avant qu’une nouvelle procédure puisse être envisagée.

L’ensemble de l’opération a nécessité environ 20 minutes supplémentaires.

"Une fois que le problème s’est produit, nos équipes ont très rapidement compris ce qui se passait et ont dû travailler sous une énorme pression temporelle pour mettre au point une mise à jour du logiciel, qui a été transmise aux équipes, et celles-ci ont dû l’installer sur leurs voitures."

"Tout cela a donc pris environ 20 minutes. Cela a peut-être semblé durer cinq heures pour les spectateurs qui attendaient une course, et pour tous les autres, ce qui est compréhensible."

"Nous en sommes désolés, mais je pense que la réaction a été assez rapide compte tenu du problème."

Les premiers tours du Grand Prix à Sepang représentaient également une situation totalement nouvelle pour les monoplaces 2026. Pour la première fois cette saison, elles devaient évoluer de manière prolongée sur une piste réellement détrempée.

Durant un tour de formation effectué sur une piste humide, les vitesses sont naturellement beaucoup plus faibles qu’en conditions normales. C’est précisément cette situation qui a placé les nouveaux groupes propulseurs dans une plage de fonctionnement qui n’avait pas été suffisamment explorée lors de la validation du logiciel.

À très faible vitesse, le système s’est retrouvé dans une situation où les groupes propulseurs ne parvenaient effectivement plus à continuer de fonctionner normalement.

Tombazis reconnaît que le logiciel avait bien fait l’objet d’essais avant son introduction dans le cadre de la nouvelle réglementation, mais pas dans les conditions très particulières rencontrées à Sepang.

"Le logiciel avait été testé, il n’avait simplement pas été testé dans ces conditions précises."

"Ce qui nous a pris au dépourvu, c’est le fait que les voitures aient roulé à cette vitesse extrêmement, extrêmement faible, ce qui n’était normalement pas envisagé."

L’incident constitue ainsi un retour d’expérience particulièrement spectaculaire pour la première saison de la nouvelle génération de F1. Tombazis ne cherche pas à nier l’erreur ayant permis au bug d’échapper aux phases de validation, mais insiste sur le processus d’apprentissage inhérent au développement de systèmes aussi complexes.

"Lorsque des problèmes surviennent, les gens apprennent. Tout ce que vous utilisez, jusqu’au téléphone que vous tenez dans votre main, tout repose sur le fait d’apprendre des choses et de s’améliorer."

"Je ne dis pas qu’aucune erreur n’a été commise. Un bug est, par définition, une erreur."

"Mieux tester les choses permet d’éviter les erreurs. C’est évidemment ce que les gens essaient de faire."

"Parfois, certaines choses passent entre les mailles du filet, les gens apprennent et vous faites un meilleur travail la fois suivante."

De leur côté, les pilotes n’ont pas caché leur mécontentement à l’arrivée (à lire ici) !


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