La F1 veut éviter toute critique sur le Qatar et à Abu Dhabi, le scénario du pire évoqué

Une décision définitive la semaine prochaine ?

La F1 veut éviter toute critique sur le Qatar et à Abu Dhabi, le scénario du pire évoqué
Auteur : Franck Drui
5 novembre 2026 - 11:04

Alors que la tenue des Grands Prix du Qatar et d’Abu Dhabi continue de susciter des interrogations en raison de la situation sécuritaire au Moyen-Orient, la Formule 1 aurait demandé aux équipes et aux pilotes d’éviter toute critique publique concernant les risques liés à ces deux événements. La F1 et la FIA souhaiteraient afficher un front uni afin de rassurer sur l’organisation des dernières manches de la saison, tandis que plusieurs autres compétitions sportives ont déjà été reportées ou annulées dans la région. Mais le scénario du pire est celui qui inquiète le plus...

La Formule 1 et la FIA ont adressé un courrier à l’ensemble des écuries pour leur demander d’adopter une position commune sur la sécurité des prochains Grands Prix du Qatar et d’Abu Dhabi, alors que les incertitudes persistent concernant la situation au Moyen-Orient.

Selon le quotidien autrichien Österreich, les instances dirigeantes souhaiteraient éviter que les pilotes et les équipes expriment publiquement leurs inquiétudes à l’approche de ces deux rendez-vous.

"Selon plusieurs informations, la Formule 1 a demandé aux équipes et aux pilotes de s’abstenir de toute critique concernant la sécurité lors des prochains Grands Prix", rapporte le journal.

"La Formule 1 et la FIA, dans une récente lettre adressée à toutes les équipes participantes, exigent qu’elles affichent un front uni afin d’instaurer la confiance. L’objectif de cette mesure est d’éviter les discussions publiques autour des questions de sécurité pendant les week-ends de course au Qatar et à Abu Dhabi."

Ces informations interviennent alors que la tenue des deux épreuves reste entourée d’incertitudes, dans un contexte géopolitique qui affecte déjà l’organisation de plusieurs événements sportifs internationaux. À ce stade, la F1 poursuit néanmoins ses préparatifs pour terminer sa saison au Moyen-Orient.

La volonté de maintenir le silence permettrait aussi de ne pas mettre en porte à faux les promoteurs des deux courses qui ont voulu les maintenir à tout prix, quitte à payer le prix du plateau même si les courses ne sont pas disputées.

Pas de déclarations mais le scénario du pire commence à inquiéter

Selon BBC Sport, de nombreuses personnes au sein de la F1, dont certaines occupant des postes à très haut niveau, estiment en privé qu’il est inapproprié de maintenir ces deux courses. Si le paddock a effectivement observé un certain silence depuis, cela ne signifie pas pour autant qu’il y a adhésion.

Andrew Benson, journaliste pour la BBC, souligne que les inquiétudes observées en MotoGP sont également présentes, et "largement répandues", au sein de la F1.

"En privé, beaucoup d’acteurs du sport expriment de sérieuses réserves quant à un déplacement au Moyen-Orient, mais ces opinions ne sont, dans l’ensemble, pas exprimées publiquement."

Il précise également que plusieurs personnalités de premier plan évoquent, en privé, "le pire scénario possible". Cela ne serait pas nécessairement par une attaque visant le circuit lui-même. Il prendrait racine dans une escalade soudaine survenant alors que le paddock est déjà arrivé dans la région, ne laissant au sport aucune porte de sortie facile.

"Imaginons que la situation reste calme, mais que des missiles recommencent à voler une fois que le paddock est sur place, au Moyen-Orient. Si cela devait conduire au blocage du personnel sur place, sans même parler du risque de blessures ou de pertes humaines, les conséquences en termes d’image pour la F1 seraient désastreuses."

Andrew Benson n’a pas affirmé que la F1 ignorait le problème. Il a écrit que la discipline "n’est pas sourde à ces préoccupations", mais qu’elle se trouve "entre le marteau et l’enclume". Il a précisé que les gouvernements des pays hôtes soutiennent qu’il n’existe aucun risque majeur et qu’aucune infrastructure civile n’a été prise pour cible depuis près de six mois. Le gouvernement britannique, de son côté, ne déconseille pas non plus de se rendre dans ces pays.

La F1 affirme disposer de plans d’évacuation complets pour chaque Grand Prix. Elle indique avoir passé en revue, avec chacune des 11 écuries, la marche à suivre si elles devaient quitter le Qatar ou Abu Dhabi dans l’urgence.

Plusieurs compétitions sportives déjà touchées par la situation

Les conséquences de la situation sécuritaire régionale ne se limitent pas à la Formule 1.

Selon le Guardian, le Qatar n’accueillera finalement plus les phases finales du Nations Championship de rugby prévues en 2028.

Un accord de sponsoring titre envisagé avec Qatar Airways aurait également échoué en raison de "l’incertitude provoquée par la guerre au Moyen-Orient".

D’autres compétitions ont également été affectées dans la région. La Coupe d’Asie de football, qui devait se dérouler en Arabie saoudite, a été reportée d’une année. Les Championnats du monde de BMX Freestyle et de Trial prévus à Riyad ont, quant à eux, été purement et simplement annulés.

Ces décisions illustrent les difficultés auxquelles sont confrontés les organisateurs d’événements sportifs internationaux, alors que les questions de sécurité et de logistique restent au centre des préoccupations.

Audi continue de préparer ses déplacements au Qatar et à Abu Dhabi

Malgré ce contexte, les écuries de Formule 1 poursuivent leurs préparatifs en vue des deux dernières manches prévues dans le Golfe.

C’est notamment le cas d’Audi, dont le directeur de la compétition, Allan McNish, a confirmé que l’équipe basée en Suisse continuait de travailler sur l’organisation de ses déplacements.

"Tous les déplacements, toute la logistique, absolument tout va dans cette direction", a expliqué l’ancien pilote de Formule 1.

McNish a décrit la situation actuelle comme un "statu quo", tout en reconnaissant qu’il s’agissait également d’une "cible mouvante".

Autrement dit, les préparatifs se poursuivent conformément au calendrier prévu, mais l’évolution de la situation pourrait encore nécessiter des ajustements.

Pour les équipes, l’enjeu consiste donc à maintenir leur organisation opérationnelle tout en restant attentives à d’éventuelles décisions concernant la tenue des courses... et bifurquer sur Imola au dernier moment si la situation l’exige.

Le MotoGP au Qatar suscite également des inquiétudes

La situation est particulièrement sensible pour le MotoGP, dont la manche qatarienne doit se dérouler ce week-end sur le circuit de Losail.

L’organisation de cette épreuve continue de susciter des controverses, notamment après la décision de Yamaha de renoncer à y participer.

Selon Blick, l’ancien pilote suisse de Moto2 Thomas Lüthi a lui aussi reconnu éprouver des inquiétudes face à la situation.

"Cela me laisse un sentiment de malaise", a-t-il admis.

Les réactions ne sont toutefois pas identiques dans toutes les disciplines.

Parallèlement au MotoGP, le Qatar accueille les Championnats du monde de tir, qui réunissent plus de 1000 compétiteurs sur un site situé à seulement 2,5 kilomètres du circuit de Losail. Toujours selon Blick, la fédération suisse n’a jamais envisagé de se retirer de cette compétition.


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