En ’lavant son linge sale en public’, Marko a parlé trop tard selon Schumacher
Ralf estime qu’il aurait dû le faire alors qu’il était en poste
Ralf Schumacher n’a pas mâché ses mots à l’égard du Dr Helmut Marko, reprochant au conseiller historique de Red Bull de "laver son linge sale en public" après son départ de l’écurie à l’issue de la saison 2025 de Formule 1.
Après plus de vingt ans passés au sein de l’organisation basée à Milton Keynes, Marko a décidé de son propre chef, selon lui, de quitter Red Bull Racing. L’Autrichien de 82 ans a joué un rôle central dans la stratégie de formation des jeunes pilotes du groupe, contribuant à l’accession de 17 pilotes à la Formule 1, 18 en comptant Arvid Lindblad, attendu sur la grille en 2026. Son héritage est considérable, avec notamment l’émergence de champions du monde comme Sebastian Vettel et Max Verstappen, ainsi que de vainqueurs de Grands Prix tels que Daniel Ricciardo et Pierre Gasly.
Mais Marko n’est pas parti dans la discrétion. Il a qualifié le communiqué officiel annonçant son départ de "plein de non-sens" et s’est livré à une attaque frontale contre l’ancien directeur de l’équipe, Christian Horner. L’Autrichien a accusé le Britannique de jeux malsains et affirmé que Max Verstappen aurait remporté le titre mondial en 2025 si Horner avait été écarté plus tôt.
Une sortie médiatique qui n’a pas échappé à Ralf Schumacher. L’ancien pilote Jordan, Williams et Toyota a tenu à rappeler que Marko avait eu l’occasion d’agir bien avant.
"C’était clair : il y avait deux camps," a expliqué Schumacher, consultant de Sky Sports Allemagne.
"Mais même si j’apprécie beaucoup Helmut, je dois lui rappeler que, du vivant de Dietrich Mateschitz, il avait déjà la possibilité de licencier Horner. À l’époque, les deux étaient très, très proches et unis autour d’une cause précise."
Schumacher va plus loin, révélant l’existence de discussions avancées entre Marko et le fondateur de Red Bull.
"En réalité, ils prévoyaient même de conclure un gros accord ensemble. Je ne dirai pas lequel maintenant, ce ne serait pas totalement juste, mais Marko sait exactement de quoi je parle."
Selon l’Allemand, la défiance de Mateschitz envers Horner était déjà bien présente.
"À ce moment-là, Mateschitz voulait déjà se débarrasser de Horner, parce qu’il ne le considérait pas comme loyal. Et cela ne plaisait pas du tout à Mateschitz."
Ralf Schumacher estime ainsi que Marko aurait pu empêcher la montée en puissance de Horner, mais qu’il a laissé passer sa chance. Le décès de Dietrich Mateschitz aurait ensuite considérablement affaibli le camp autrichien face à l’influence croissante du Britannique.
"Surtout après la mort de Mateschitz, quand Horner, grâce à l’actionnaire thaïlandais avec lequel il entretenait une très bonne relation, relation qu’il avait volontairement construite dans son sens, a obtenu une position aussi forte, le camp Red Bull de Salzbourg, et Marko lui-même, se sont retrouvés relativement impuissants."
Pour Schumacher, la situation actuelle est donc paradoxale.
"C’est précisément pour cela que je dois dire : il a raison, mais c’est aussi une forme de linge sale lavé en public qu’il aurait lui-même pu éviter. C’est simplement la situation telle qu’elle est aujourd’hui."
Helmut Marko a également affirmé qu’avec le temps, le camp autrichien était parvenu à convaincre l’allié clé de Horner, Chalerm Yoovidhya, qu’un changement de direction était nécessaire, une décision finalement actée en juillet, peu après le Grand Prix de Grande-Bretagne.
Christian Horner a quitté Red Bull avec une indemnité estimée à environ 80 millions d’euros et s’est depuis montré très discret, attendant la fin de son préavis avant de pouvoir envisager un retour en Formule 1, prévu au plus tôt en avril. La piste Alpine F1 semble la plus concrète.
"Horner avait manifestement de grandes ambitions, qui s’étendaient très haut dans la hiérarchie du groupe, notamment grâce à la position forte du camp thaïlandais au sein de l’entreprise," a ajouté Schumacher.
"Ces ambitions ont désormais été récompensées par une somme princière. C’est aussi pour cela que je pense que Horner s’est en quelque sorte engagé à garder le silence."
Si Schumacher reconnaît le fond des propos de Marko, il critique néanmoins le moment et la manière choisis pour les exprimer.
"Je pense aussi que le camp Red Bull de Salzbourg, dans son ensemble, n’est pas vraiment heureux des déclarations de Marko."
"Mais il faut être d’accord avec Marko sur un point : l’équipe était un désastre. Elle s’est désintégrée, elle a perdu énormément de personnes, et uniquement à cause de Horner et de sa manière de fonctionner. C’est en tout cas ce qui était raconté en interne."
Schumacher conclut sur une critique sans détour de la gouvernance passée.
"L’image donnée, c’était : c’était lui, il avait tout accompli, et il n’avait besoin de personne d’autre. Cela a coûté beaucoup de très bons éléments à Red Bull. Le gros problème, c’est que plus personne ne voulait venir. Il a fallu beaucoup de temps pour que Red Bull règle ce problème, et cela aussi en concertation avec le camp thaïlandais."
"Donc oui, Marko a raison. Personnellement, j’aurais préféré qu’il dise tout cela quand il était encore en poste, avec dignité. Et de manière apaisée, sans polémique. Cette déclaration après coup est plutôt maladroite."
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