Désillusionné mais pas démotivé : Alonso s’exprime sur son moral avant Barcelone
Il a ouvert son compteur points à Monaco
Il l’a fait ! Fernando Alonso a de manière inattendue, et en profitant de la pénalité infligée à Sergio Pérez, ouvert le compteur points d’Aston Martin F1 cette saison, avec sa 10e place à Monaco. Pour autant, l’Espagnol est lucide : en qualifications, l’équipe verte était même derrière Cadillac… Tant que les évolutions n’arriveront pas (d’ici le milieu de l’été), Aston Martin F1 devrait donc continuer à souffrir, et ce sera le cas aussi ce week-end à Barcelone.
Le fait de compter un point au championnat serait presque un non-événement, admettait Fernando Alonso dans le paddock catalan.
« Fondamentalement, je ne crois pas que cela ait fait une énorme différence pour ce week-end. Nous avons marqué un point parce qu’il s’est passé diverses choses en course, avec des pénalités, des abandons et ce genre de choses, mais nous ne pouvons pas cacher la vérité : nous n’étions pas compétitifs non plus à Monaco et nous ne méritions probablement pas ce point, en termes de rythme pur. »
« Cependant, cette année, il sera difficile pour n’importe quelle équipe de marquer un point, car les quatre écuries de pointe occupent toujours, si tout se passe normalement, les huit premières places, et il ne reste alors que la neuvième et la dixième. Alpine pourrait facilement être la cinquième voiture la plus rapide, et donc, comme je l’ai dit, pour grappiller le moindre point, je crois qu’il faut un peu d’aide des voitures de devant, et à Monaco, c’était une aide supplémentaire. »
Le point marqué par Fernando Alonso a tout de même démontré une chose : il reste toujours autant motivé ! Malgré son âge et malgré surtout une monoplace lamentable en performance comme en fiabilité.
« Eh bien, concernant la motivation, pas de grand changement, car je comprends parfaitement comment fonctionne ce sport et comment tout se passe en Formule 1. Vous avez besoin du bon package pour être performant et vous devez travailler avec votre équipe pour amener ce package dans la meilleure position possible, et ce le plus rapidement possible, lorsque vous ne menez pas la danse. »
« Nous voyons tellement d’exemples de pilotes qui sont hors du top 10, et l’année suivante ils gagnent des courses, et vice versa, ils gagnent des courses puis sont éliminés en Q1. La motivation est donc toujours là parce que je crois en moi et j’ai une confiance totale en ce que je suis capable de faire. Et j’ai le sentiment que lorsque je dispose de la même machine que n’importe quel autre pilote au monde... je ne me suis jamais senti non compétitif en Formule 1 ou en dehors de ce paddock. J’ai piloté beaucoup de voitures différentes et j’ai ressenti la même chose toute ma vie, et je ressens toujours la même chose aujourd’hui. »
« Et puis, la confiance dans l’équipe ? Évidemment, ce n’est pas l’idéal quand on entame un nouveau cycle réglementaire avec un temps de retard, car tout prend du temps. Particulièrement dans notre cas, je pense qu’au niveau de l’unité de puissance, nous avons très vite constaté que nous n’étions pas dans le rythme, et oui, le projet en lui-même manquait un peu de maturité. »
« Nous avons donc rapidement réalisé qu’il nous faudrait du temps pour rattraper notre retard et pour régler certains des problèmes. Mais en Formule 1, vous courez toutes les deux semaines et vous devez livrer des performances toutes les deux semaines. Et nous avons vite compris que nous n’en serions pas capables et que le début de saison serait difficile. Mais nous naviguons à travers ce début difficile, et nous avons de plus grands espoirs pour la seconde moitié de l’année. D’ici là, chaque week-end est plus ou moins la même histoire. »
Des évolutions providentielles ?
Ce sont donc les évolutions attendues d’ici la Belgique, ou un peu avant, qui devraient changer la donne pour Aston Martin F1. Du moins faut-il l’espérer. Mais est-ce que ces évolutions ne devraient pas être utiles surtout pour l’année prochaine, et pas seulement pour 2026 ?
« Eh bien, les deux. Cela compte pour 2027 car nous devons absolument améliorer notre situation. Mais notre espoir est que la deuxième partie de l’année soit plus compétitive et que nous puissions commencer à nous battre dans le milieu de peloton. Oui, c’est l’objectif. »
Ce week-end marquera, pour Fernando Alonso, son 23e Grand Prix à Barcelone sur 27 ans. Avec comme meilleur souvenir un succès remontant à vingt ans pile !
« Je dirais 2006, car il y avait d’énormes attentes autour de nous après avoir remporté le championnat en 2005 et décroché la pole position. Tout le monde s’attendait à ce que nous gagnions le dimanche. Je crois que je garderai celle-ci comme mon souvenir numéro un. »
« Et beaucoup de choses se sont passées lors de ce week-end [en général]. Mon premier test avec Renault, mon premier test avec Benetton ont eu lieu ici également. Et puis quelques petites choses ici et là, des moments dont je me souviendrai toujours. Un tour avec Juan Carlos, le Roi, dans la Renault Mégane ; je me souviens qu’au virage 3, il n’était peut-être pas très à l’aise dans la voiture, et je ne réalisais pas que le Roi était sur le siège passager. Ce genre de choses... il y a énormément d’histoires qui se sont déroulées sur ce circuit, c’est donc un endroit très spécial. »
Madrid versus Barcelone, un conflit de circuits ?
Fernando Alonso est aussi l’ambassadeur de ce Grand Prix à Barcelone, tandis que l’autre Espagnol de la grille, Carlos Sainz, l’est pour le Grand Prix à Madrid. Une rivalité hors-piste ressentie par Fernando Alonso ?
« Non, Dieu merci, ce n’est pas comme au football. Nous en profitons, nous nous sentons privilégiés d’avoir deux Grands Prix dans notre pays, et nous sommes tous les deux extrêmement chanceux face à cette situation. Je pense que Barcelone et Madrid sont également très différentes l’une de l’autre, il n’y a donc aucun problème de ce côté-là. »
« En fin de compte, Barcelone est notre Grand Prix national pour tout le monde en Espagne, car, comme je l’ai dit, j’y ai effectué mon premier test en monoplace en 1994, et nous y testons beaucoup de choses. Quand il y a un événement, un sponsor ou un tour de démonstration, nous venons à Barcelone. C’est donc un circuit que nous connaissons très bien. Nous avons le MotoGP et diverses activités autour de Barcelone. C’est une activité sur 365 jours. »
« Madrid est davantage un événement ponctuel avec une approche différente, la nouvelle approche que prend la Formule 1 avec des courses comme Bakou, Singapour ou Miami, avec des publics différents qui viennent pour profiter de la course, du week-end, pour s’amuser à Madrid et vivre une expérience différente. Les deux sont complémentaires et sont toutes deux une bonne chose pour les fans espagnols et pour le pays. »
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