Comment Sargeant a tourné le dos à la F1 et à ses critiques
L’ancien pilote Williams assume son nouveau départ en Endurance
Écarté de la Formule 1 en 2024, Logan Sargeant assure aujourd’hui avoir tourné la page, sans se soucier du regard porté sur lui. Désormais engagé en Endurance, l’Américain revendique un retour à la compétition guidé avant tout par le plaisir, loin de la pression qu’il a connue chez Williams.
Titulaire en 2023 puis durant la première moitié de la saison 2024, Sargeant avait été remercié par le directeur d’équipe James Vowles après le Grand Prix des Pays-Bas, à la suite d’un accident important venu conclure une période déjà compliquée. En difficulté face à son coéquipier Alex Albon, le pilote américain n’avait pas réussi à s’installer durablement dans le rythme.
Certains éléments n’avaient toutefois pas joué en sa faveur. En Australie, après l’accident d’Albon en essais, Sargeant avait dû céder sa monoplace à son coéquipier et n’avait pas pris le départ, malgré une performance jusque-là sans erreur.
Remplacé par Franco Colapinto, ce dernier avait rapidement démontré le potentiel de la voiture en inscrivant des points à deux reprises lors des quatre courses suivantes.
Après son éviction, Sargeant avait été annoncé en endurance avec IDEC Sport et Genesis Magma Racing pour l’European Le Mans Series 2025, avant de finalement se retirer du programme avant même ses débuts. Il expliquera plus tard avoir eu besoin d’une plus grande coupure après l’intensité physique et émotionnelle de la F1.
Aujourd’hui âgé de 25 ans, il s’est engagé dans le programme LMDh usine de Ford Performance en vue du Championnat du monde d’endurance FIA 2027. En attendant, il dispute la saison actuelle au volant d’une Ford Mustang GT3 Evo avec Proton Competition (photo ci-dessous).
Son retour à la compétition s’est progressivement concrétisé : en janvier, il a participé aux 24 Heures de Daytona, terminant neuvième de sa catégorie et 18e au général au volant d’une Oreca 07. Fin 2025, il avait déjà disputé deux courses à Indianapolis et Road America avec PR1 Mathiasen Motorsports, marquant des points à chaque fois.
Avec le recul, Sargeant revient sur sa période loin des circuits.
"Les deux dernières années ? Passées à me détendre sur la plage," explique-t-il avec humour à GP Blog. "Passer du temps avec mes amis, ma famille, vivre le style de vie floridien. C’était agréable de prendre un peu de recul, surtout pour passer du temps avec mes proches."
"Cela faisait longtemps que je n’avais pas passé autant de temps avec ma famille depuis leur retour aux États-Unis. Donc oui, c’était vraiment bien de profiter de ces moments avec tout le monde."
Et la F1 ne lui manque pas.
"Je suis devenu assez blasé par la Formule 1. C’est sans doute le mot juste. Finalement, après avoir vu comment certaines équipes fonctionnent, je n’avais plus envie d’y être."
"L’Endurance est un championnat fantastique avec des constructeurs fantastiques. L’ambiance est plus agréable ici, plus détendue, et tout le monde travaille ensemble vers un objectif commun."
Même s’il n’avait pas fixé de calendrier précis pour son retour, il ne doutait pas de revenir un jour à la compétition.
"J’ai toujours pensé que je reviendrais courir, mais je voulais laisser mon esprit suivre son cours naturellement. Si je n’en avais pas eu envie, je ne l’aurais pas fait. Mais naturellement, c’est vers cela que je suis revenu, ce que j’imaginais."
Parmi les options envisagées, l’endurance s’est rapidement imposée : "La seule autre option était vraiment l’IndyCar, et cela ne m’intéressait pas particulièrement. J’avais déjà passé du temps dans le paddock d’endurance en 2021."
"J’aimais l’ambiance. Le fait d’avoir des coéquipiers, de travailler vers un objectif commun. C’est une atmosphère plus détendue, ce qui est agréable. On ne se sent pas autant sous les projecteurs qu’en F1."
Sur le plan du pilotage, l’adaptation est réelle : "C’est très différent, c’est sûr. J’ai l’habitude de piloter des voitures à fort appui, comme les LMP2. Je n’ai pas encore piloté d’Hypercar, mais j’imagine que c’est plus proche d’une F1."
"Honnêtement, c’est agréable. C’est une voiture amusante à piloter, très difficile et différente. Mais je ne pense pas que cela me convienne autant que les voitures à fort appui, pour être honnête. On grandit en pilotant des monoplaces, et on s’y sent toujours plus à l’aise."
Cette saison est ainsi envisagée comme une phase de préparation avant 2027.
"Les essais commenceront à un moment cette année. Cette saison sert surtout à comprendre le WEC, le championnat, les circuits, et être aussi prêt que possible pour l’an prochain."
Désormais éloigné de la F1, Sargeant ne cherche plus à prouver quoi que ce soit.
"Je n’ai aucun intérêt à faire 24 courses par an, ça c’est sûr. Qu’est-ce que j’ai à prouver ? Regardez les trois courses que j’ai faites en IMSA en LMP2. Elles se sont très bien passées, alors que je n’avais pas piloté depuis un an. Cela parle de soi-même."
"Je pilote pour moi, surtout maintenant. Je ne me soucie absolument pas de ce que pense le monde extérieur."
"J’ai déjà vécu ça, et ça ne m’intéresse pas. Je pilote pour représenter Ford, pour me représenter moi-même, mais surtout je suis ici parce que j’en ai envie, pas parce que j’en ai besoin."
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