Chaos en qualif, record absolu de dépassements : Monza pourrait devenir le Grand Prix le plus spectaculaire de 2026

Le GP d’Italie pourrait devenir complètement fou !

Chaos en qualif, record absolu de dépassements : Monza pourrait devenir le Grand Prix le plus spectaculaire de 2026
Auteur : Franck Drui
3 septembre 2026 - 13:52

Le Grand Prix d’Italie pourrait offrir un spectacle très différent de celui observé ces dernières années à Monza. Avec les monoplaces de 2026, la gestion de l’énergie électrique, l’aérodynamique active et l’importance accrue de l’aspiration pourraient transformer radicalement les qualifications comme la course. Les équipes s’attendent déjà à un week-end particulièrement complexe, avec le risque de voir les pilotes se livrer à de véritables jeux de position pour profiter du phénomène d’aspiration.

Les longues lignes droites de Monza en font l’un des circuits les plus exigeants du calendrier pour les nouvelles unités de puissance hybrides turbocompressées. La quantité d’énergie disponible dans les batteries pourrait rapidement devenir un facteur limitant, tandis que les caractéristiques de l’aérodynamique active rendent l’aspiration encore plus précieuse que par le passé.

En effet, suivre une autre monoplace ne permet plus seulement de bénéficier d’une réduction de traînée et donc d’un léger gain en vitesse de pointe. L’aspiration permet également de réduire l’énergie nécessaire pour propulser la voiture à travers l’air, ce qui peut donc préserver la batterie et offrir un avantage supplémentaire dans l’exploitation de l’unité de puissance.

Pour Paul Williams, ingénieur en chef de Williams F1, l’aspiration pourrait ainsi redevenir un élément stratégique majeur à Monza. Le Britannique estime qu’elle pourrait constituer une "tactique significative" sur le tracé italien.

La hantise du scénario de 2019

L’importance attendue de l’aspiration fait également craindre aux équipes un retour à certaines scènes particulièrement chaotiques observées par le passé. En 2019, les pilotes s’étaient notamment retrouvés à se battre pour être les derniers à prendre l’aspiration dans les derniers virages des qualifications, avec pour conséquence une succession de ralentissements et de situations dangereuses.

Mike Krack, responsable de l’équipe Aston Martin en bord de piste, espère donc que les nouvelles contraintes énergétiques ne conduiront pas à un remake de cette situation.

Interrogé sur le retour des jeux d’aspiration à Monza, après leur relatif effacement ces dernières années, Krack a répondu : "Je pense que oui !"

"Je pense que le manque d’énergie que vous avez ici sur le tour de qualifications va se traduire par le fait que les pilotes vont chercher à profiter de cela."

"J’espère que nous n’aurons pas une situation comme en 2019, certainement pas en Q1, mais qui sait ce qui va se passer ? Personne ne veut probablement être le premier, mais je pense qu’il y aura davantage de cela que ce que nous avons vu ici récemment."

La situation pourrait être particulièrement sensible en Q1, où les 22 monoplaces seront encore en piste. Avec le bénéfice considérable attendu de l’aspiration et la complexité des stratégies énergétiques, la bataille pour trouver une voiture à suivre pourrait donc fortement perturber le déroulement de la séance.

Perez s’attend à des qualifications "un peu désordonnées"

Sergio Pérez, pilote Cadillac, partage cette analyse. Le Mexicain rappelle que l’aspiration a toujours été importante à Monza, mais estime que les caractéristiques des monoplaces de 2026 vont encore renforcer son influence.

"Dans les générations précédentes, c’était déjà très important," explique Pérez. "Maintenant, cela va le devenir encore davantage, avec le manque d’énergie que nous allons rencontrer."

Le pilote Cadillac cite notamment le précédent de Spa-Francorchamps, où l’aspiration avait déjà produit des écarts considérables.

"Nous avons déjà vu à Spa que cela représentait environ deux secondes à une seconde et demie, donc je pense que cela va être vraiment serré."

"Cela va être un peu désordonné, car tout le monde va essayer de profiter de l’aspiration."

La FIA a pourtant déjà pris des mesures pour éviter que les qualifications ne reproduisent le chaos de 2019. Un temps minimal a notamment été instauré afin d’empêcher les pilotes de rouler excessivement lentement dans certaines portions du circuit. Mais cette règle conduit très rarement à une pénalité et la fédération pourrait donc devoir se montrer plus stricte dans son application cette année.

Reste une question qui ne pourra véritablement trouver sa réponse qu’une fois les monoplaces en piste : la recherche systématique de l’aspiration pourrait-elle créer un problème de sécurité ?

Le risque serait notamment lié à des stratégies de déploiement électrique très différentes d’une voiture à l’autre. Des pilotes pourraient alors arriver dans certaines portions du circuit avec des niveaux de puissance sensiblement différents, générant d’importants écarts de vitesse.

Krack estime cependant que ce scénario n’est pas nécessairement le plus probable.

"Normalement, lorsque vous regardez les profils de déploiement, ils convergent au cours d’un week-end, donc je ne m’attends pas à des différences majeures," explique-t-il.

"Mais si certains déploient leur énergie de manière complètement différente, alors il y a toujours un risque."

Monza devient "un nouveau jeu"

La difficulté ne se limitera donc pas aux qualifications. Les équipes savent déjà que Monza va imposer une gestion particulièrement délicate de l’énergie pendant le Grand Prix, avec la possibilité de voir apparaître des stratégies inhabituelles.

Krack considère même que les règles 2026 obligent les écuries à repartir pratiquement d’une feuille blanche pour ce rendez-vous traditionnellement très spécifique.

"Monza est un peu un nouveau jeu cette année qu’il faut apprendre à gérer," estime-t-il.

"Je pense que toutes les équipes vont devoir apprendre et que ce que nous savons de Monza n’est peut-être plus nécessairement vrai."

L’une des principales inconnues concernera notamment la sortie du dernier virage Alboreto, également appelé Parabolica. Les équipes devront déterminer à quel endroit il est préférable de commencer à exploiter pleinement la puissance électrique afin d’optimiser la vitesse au début du tour lancé.

Le choix sera particulièrement délicat : trop solliciter la batterie dans cette portion pourrait offrir un gain immédiat, mais entraîner une pénurie d’énergie avant même la première chicane.

Les pilotes devront donc apprendre à doser leur utilisation de l’énergie avec une précision extrême. Les mesures mises en place par la FIA pour limiter les problèmes liés à l’épuisement de la batterie ne suffiront pas nécessairement à éliminer les difficultés.

Pérez s’attend à ce que la moindre erreur dans la gestion de l’accélérateur puisse coûter très cher.

"Vous allez vous retrouver dans une situation où, si vous utilisez seulement un demi-pourcent d’énergie de trop dans un virage en accélérant, cela va vous coûter même quelques dixièmes."

"Spa-Francorchamps était très critique à cet égard et je m’attends à ce qu’ici, ce soit, disons, le pire de tous."

Cette gestion pourrait donc devenir l’un des éléments déterminants des qualifications, avec des pilotes contraints de réfléchir non seulement à leur trajectoire et à leur vitesse, mais aussi à la manière dont ils doivent répartir leur énergie sur l’intégralité du tour.

Un record absolu de dépassements ?

En course, cette nouvelle donne pourrait produire un spectacle radicalement différent. On s’attend notamment à un niveau de dépassements particulièrement élevé, même s’il faut rester prudent sur la facilité réelle avec laquelle les pilotes pourront se doubler.

"Les vitesses de pointe sont très inférieures à celles du passé, ce qui est un peu dommage, mais sur certaines lignes droites, vous pouvez créer une différence plus importante qu’avant lorsqu’il s’agit de défendre ou d’attaquer," souligne Valtteri Bottas, pilote Cadillac.

Le Finlandais estime toutefois que les caractéristiques de Monza devraient favoriser une course plus dynamique qu’au cours des dernières éditions.

"C’est normalement déjà un bon endroit pour faire la course, mais cela ajoute désormais un élément supplémentaire à une course plus dynamique ici. Il ne fait donc aucun doute qu’il y aura beaucoup de dépassements."

Krack va encore plus loin dans ses prévisions. Il estime que le Grand Prix pourrait atteindre un niveau d’échanges en piste rarement vu en Formule 1.

"Ce sera probablement un record absolu ici, comme en MotoGP," prédit-il pour conclure.


Comment suivre au mieux l’actualité de notre site ?

Vous appréciez nos actus ? Alors sélectionnez Nextgen-Auto.com comme source privilégiée sur Google, pour voir davantage de news F1 de ce site dans vos résultats d’actualités. Vous ne manquerez plus aucune information et serez parmi les premiers à lire nos interviews et analyses.

S’abonner est simple : il vous suffit de cliquer sur ce lien et de cocher les sources Nextgen-Auto.com.

Vous pouvez aussi vous abonner à notre chaîne WhatsApp Nextgen-Auto.com pour recevoir en temps réel les "breaking news" et quelques informations exclusives avant leur publication !

Nous suivre sur notre Profil Google afin que nos news vous soient présentées en priorité dans votre fil d’informations sur votre smartphone ! Il suffit de cliquer sur "Suivre sur Google".


Partage

ambiance-pirelli1_32_.jpg