50 ans après Lella Lombardi, la F1 attend toujours sa prochaine pilote
De Giovanna Amati à Susie Wolff et la F1 Academy
Cela fait désormais un demi-siècle qu’une femme a pris le départ d’un Grand Prix de Formule 1. Le 15 août 1976, au Grand Prix d’Autriche, Lella Lombardi effectuait la dernière apparition féminine sur une grille de départ du championnat du monde. Cinquante ans plus tard, malgré les initiatives mises en place pour favoriser l’émergence de pilotes féminines, la Formule 1 attend toujours celle qui succédera à l’Italienne.
Le Grand Prix d’Autriche 1976, disputé il y a exactement 50 ans, constituait la 15e et dernière apparition d’une femme sur la grille d’un Grand Prix de Formule 1. Lella Lombardi avait participé à douze de ces quinze départs, les trois autres étant répartis entre d’autres pilotes féminines.
Ce dimanche-là, l’Italienne était engagée par RAM Racing au volant d’une Brabham BT44B datant de l’année précédente. Elle avait signé le 24e temps des qualifications sur une grille comptant 25 voitures.
Deux semaines plus tôt, Lombardi n’avait pas réussi à se qualifier pour le Grand Prix d’Allemagne, disputé sur la Nordschleife. En Autriche, le nombre d’engagés était toutefois inférieur de trois unités. Parmi les absents figurait notamment Niki Lauda, alors pilote Ferrari, grièvement blessé dans son terrible accident survenu au Nürburgring.
La dernière course de Lella Lombardi
Lombardi est parvenue à rallier l’arrivée du Grand Prix d’Autriche, même si elle a franchi le drapeau à damier avec quatre tours de retard sur le vainqueur, John Watson.
Elle a toutefois terminé six tours devant son équipier Loris Kessel. Celui-ci avait perdu beaucoup de temps dans les stands, son équipe ayant dû intervenir pour réparer un problème au niveau d’un raccord du système d’alimentation en carburant.
Cette arrivée allait pourtant constituer une conclusion malheureuse à la carrière de Lella Lombardi en Formule 1, alors que la saison précédente avait laissé entrevoir des perspectives bien plus prometteuses.
En 1975, elle était devenue la première, et reste encore aujourd’hui la seule, femme à inscrire des points en championnat du monde de Formule 1. Son résultat le plus célèbre reste sa sixième place au Grand Prix d’Espagne, sur le circuit urbain de Montjuïc.
La course avait été arrêtée prématurément, ce qui avait conduit à l’attribution de la moitié des points. Lombardi avait ainsi inscrit un demi-point, une statistique unique dans l’histoire de la Formule 1.
Une autre performance oubliée au Nürburgring
Son résultat de Montjuïc a éclipsé une autre performance pourtant remarquable, obtenue plus tard la même année. Au Grand Prix d’Allemagne, sur le redoutable Nürburgring, Lombardi avait terminé à la septième place, un résultat aujourd’hui beaucoup moins souvent évoqué.
Pour la dernière manche de la saison 1975, à Watkins Glen, elle avait rejoint l’équipe de Frank Williams. Mais sa course n’avait même pas réellement commencé : l’embrayage de sa FW03 avait cédé dès le tour de formation.
La saison 1976 avait ensuite débuté chez March. Lombardi n’y avait toutefois disputé qu’un seul Grand Prix. L’écurie l’avait remplacée après que les financements attendus de ses sponsors ne se furent pas concrétisés, tandis que Ronnie Peterson quittait Lotus pour rejoindre l’équipe.
L’Italienne avait finalement retrouvé une place chez RAM Racing. Mais malgré plusieurs tentatives, le Grand Prix d’Autriche allait être la seule épreuve de la saison lors de laquelle elle réussirait à se qualifier.
Et ce fut aussi la dernière fois qu’une femme prit le départ d’un Grand Prix de Formule 1.
Très peu d’occasions depuis 1976
Depuis la retraite forcée de Lombardi, les opportunités offertes aux femmes pour rejoindre Maria Teresa de Filippis et elle-même dans le très petit cercle des pilotes féminines ayant participé à un Grand Prix sont restées extrêmement limitées.
Desire Wilson avait pourtant démontré ses capacités en remportant une course de Formule 1 hors championnat à Brands Hatch. Mais lorsqu’elle eut l’occasion de se mesurer à l’élite, elle disposait d’un matériel nettement moins compétitif, ce qui ne lui permit pas de se qualifier pour une manche du championnat du monde.
Dans les années 1970, Divina Galica avait elle aussi tenté sa chance, sans parvenir à placer sa voiture sur la grille de départ.
La dernière femme à avoir tenté de se qualifier pour un Grand Prix reste Giovanna Amati, en 1992 (photos ci-dessous). Elle aussi était engagée sur une Brabham au sein d’une équipe alors plongée dans une situation financière extrêmement difficile.
Compte tenu de son manque d’expérience et des énormes problèmes rencontrés par l’écurie, ses quatre tentatives infructueuses pour se qualifier n’avaient guère constitué une surprise.
Depuis lors, une seule femme a participé à un week-end de Grand Prix au volant d’une Formule 1 : Susie Wolff. Il y a plus de dix ans, l’Écossaise avait pris part à quatre séances d’essais libres 1 avec Williams.
Mais si une femme parvient un jour à retrouver une place sur la grille de départ de la Formule 1, Susie Wolff pourrait bien avoir joué un rôle déterminant dans son accession au plus haut niveau.
La F1 Academy comme tremplin vers le sommet
Désormais directrice de la F1 Academy, Susie Wolff est à la tête du championnat exclusivement féminin qui accompagne la Formule 1 sur plusieurs de ses week-ends de Grand Prix.
La discipline permet à de jeunes pilotes de bénéficier d’une exposition bien plus importante et de courir avec le soutien des équipes engagées en Formule 1. Pour la première fois depuis longtemps, un véritable effort est ainsi entrepris pour structurer et favoriser la progression des femmes dans les formules de promotion.
L’objectif est clair : permettre à davantage de pilotes féminines d’atteindre progressivement la Formule 3, puis la Formule 2, avant, éventuellement, de prétendre à une place en Formule 1.
Mais le chemin sera encore long. Stefano Domenicali, président-directeur général de la Formule 1, a lui-même reconnu il y a 4 ans qu’il ne s’attendait pas à voir une femme sur la grille dans un avenir immédiat.
"De manière réaliste, je ne vois pas, sauf si quelque chose d’aussi improbable qu’une météorite tombant sur Terre se produisait, une fille arriver en Formule 1 dans les cinq prochaines années," avait-il déclaré. "C’est très peu probable."
Et Domenicali va bien avoir raison puisque 2027 sera la 5e année qui suivra ces paroles et il n’y a toujours pas une femme en vue en F1.
Le constat est donc à la fois frappant et paradoxal. Cinquante ans après la dernière apparition de Lella Lombardi sur une grille de départ, la Formule 1 dispose aujourd’hui de structures bien plus organisées pour accompagner les jeunes femmes dans leur progression, mais aucune ne semble encore suffisamment proche du sommet pour mettre rapidement fin à cette attente.
Lella Lombardi reste ainsi, un demi-siècle plus tard, la dernière femme à avoir pris le départ d’un Grand Prix de Formule 1 et la seule à avoir inscrit des points. Son Grand Prix d’Autriche 1976 demeure donc un jalon historique, mais aussi le point de départ d’une attente qui se poursuit toujours.
Comment suivre au mieux l’actualité de notre site ?
Vous appréciez nos actus ? Alors sélectionnez Nextgen-Auto.com comme source privilégiée sur Google, pour voir davantage de news F1 de ce site dans vos résultats d’actualités. Vous ne manquerez plus aucune information et serez parmi les premiers à lire nos interviews et analyses.
S’abonner est simple : il vous suffit de cliquer sur ce lien et de cocher les sources Nextgen-Auto.com.
Vous pouvez aussi vous abonner à notre chaîne WhatsApp Nextgen-Auto.com pour recevoir en temps réel les "breaking news" et quelques informations exclusives avant leur publication !
Nous suivre sur notre Profil Google afin que nos news vous soient présentées en priorité dans votre fil d’informations sur votre smartphone ! Il suffit de cliquer sur "Suivre sur Google".
F1 - FOM - Liberty Media
- 50 ans après Lella Lombardi, la F1 attend toujours sa prochaine pilote
- La F1 introduit un nouvel élément stratégique : 6 millions de dollars qui pourraient changer la bataille pour le titre !
- L’approche ’intelligente’ que nécessitent les F1 2026 est-elle ’moins gratifiante’ ?
- La F1 aurait pu... et dû éviter les difficultés des nouvelles règles moteur
- La trêve estivale de la F1... pas vraiment des vacances pour les pilotes !