Williams souffre au Madring, Albon est déjà très inquiet sur la dangerosité du circuit

Sainz a signé le 16e chrono des EL2, son équipier le 18e

Williams souffre au Madring, Albon est déjà très inquiet sur la dangerosité du circuit
Auteur : Franck Drui
11 septembre 2026 - 20:26

Williams a connu une première journée compliquée sur le Madring, avec Carlos Sainz seulement 16e à domicile et Alex Albon 18e des Essais Libres 2. Si l’écurie britannique a pu mener deux séances sans incident majeur et multiplier les essais de réglages, son niveau de performance reste préoccupant sur le nouveau circuit de Madrid. Au-delà du manque d’adhérence et d’un comportement très changeant de la piste, Albon s’inquiète surtout des angles morts, des procédures de sécurité et des conditions qui pourraient se présenter en course.

A domicile, Carlos Sainz a signé le 16e temps avec sa Williams FW48.

"Cette journée de vendredi à Madrid est terminée ! Nous avons connu une journée relativement fluide, sans le moindre problème ni incident ; nous avons simplement enchaîné deux bonnes séances qui nous ont permis de tester différents réglages."

"Le tracé est spectaculaire. C’est le genre de circuit qui vous procure de vraies sensations au volant ; l’action y est pour le moins intense, mais j’y prends beaucoup de plaisir."

"Malheureusement, nous ne semblons pas très compétitifs sur ce circuit, mais nous ferons de notre mieux pour réaliser un week-end solide et voir ce dont nous sommes capables."

Alex Albon, 18e des Libres 2, admet avoir été mis à l’épreuve par le Madring.

"Ça va, oui. C’est... c’est un défi. Je pense que pour nous, la journée a été particulièrement difficile. Il y a beaucoup de types de virages différents, c’est très exigeant pour les pneus, la gestion du déploiement d’énergie est complexe aussi, et le comportement est très irrégulier car la piste change énormément d’un tour à l’autre. Donc, oui, tout ce que je peux dire, c’est que c’est un vrai défi."

"J’ai l’impression de ne jamais avoir vraiment trouvé mon rythme. Nous avons aussi été assez limités en nombre de tours à cause de nos propres problèmes. On espère donc repartir sur de meilleures bases demain."

Dans ce contexte, quelle importance auront les Essais Libres 3 et l’adaptation aux conditions de piste à mesure que l’adhérence s’améliore ?

"Ce sera intéressant. Je pense qu’on a beaucoup de travail à faire de notre côté... enfin, en tant qu’équipe. Euh, oui, je pense que c’est plus agréable pour les pilotes de tête que pour ceux qui sont en fond de grille. Mais bon, c’est probablement assez piégeux."

Mais Albon a surtout lui part de ses inquiétudes, à commencer par le virage 12.

Surnommé « La Monumental », ce virage relevé de 550 mètres de long, situé au milieu du tour, présente une inclinaison d’environ 24 %. Il a été conçu pour être le virage emblématique du circuit.

Cependant, après les préparatifs du week-end, incluant une reconnaissance de la piste à pied, Albon a exprimé deux préoccupations majeures concernant ce virage, liées à la sécurité pendant et après le roulage, et plus particulièrement en course.

"Il y a beaucoup de virages rapides, beaucoup de virages à l’aveugle ; cela me rappelle un peu Macao, mais adapté à une piste de F1. C’est un peu inquiétant : les angles morts dans certains virages."

"Si une voiture est arrêtée de l’autre côté du virage, par exemple... j’espère qu’ils seront très réactifs avec les procédures de VSC (voiture de sécurité virtuelle) et les drapeaux rouges. Inévitablement, il y aura quelques accidents ce week-end."

"Le virage 12 lui-même se négocie à haute vitesse. Je suis assez préoccupé par les tours de refroidissement, lorsque les pilotes roulent lentement. Je ne pense pas qu’il y ait d’endroit idéal pour placer la voiture. Si vous placez la voiture en haut, en fait, je crois que la trajectoire naturelle consiste à se déporter vers le milieu de la piste avant de revenir vers l’intérieur ; on ne se trouve donc pas dans une position idéale."

"Je m’inquiète de la présence de billes de gomme pendant la course. L’adhérence est très faible. Le revêtement de la piste a été refait assez tardivement dans le week-end - je crois que c’était en mai. Si l’on se réfère à la dernière fois qu’on a roulé sur une piste fraîchement resurfacée alors que des huiles remontaient encore - comme en Turquie en 2020, qui reste l’exemple le plus marquant - on constate qu’une trajectoire unique se forme car la gomme s’accumule à un seul endroit ; si l’on s’écarte de cette ligne, on perd toute adhérence."

"Donc, en plus de chercher de l’air propre et de monter haut sur le banking, il faudra aussi gérer ces billes de gomme plus tard dans la course ; il faut donc être vigilant à ce sujet."

"Personnellement, je ne pense pas qu’il soit possible d’emprunter beaucoup de trajectoires différentes. La piste est assez étroite ; c’est différent quand on a de l’air propre et de l’espace. Là, au moindre décrochage, on finit immédiatement dans le mur. Les pilotes ne sont pas très enclins à aller chercher le haut du banking et à prendre le risque d’adopter une trajectoire haute. J’espère me tromper, mais je ne pense pas que cette partie du circuit offrira beaucoup d’opportunités de dépassement."

En raison de sa longueur, « La Monumental » est un virage qui ne possède pas de point de corde défini à proprement parler, les pilotes doivent tourner en continu pour le négocier.

Albon estime que cette configuration va à l’encontre de la mémoire musculaire naturelle du pilote, habitué à chercher un point de corde précis.

"J’aime bien prendre un scooter et parcourir le circuit, ou le faire à pied, pour voir la piste à hauteur d’yeux. Juste m’asseoir sur mon scooter et faire le tour, tout simplement. On bénéficie vraiment d’une immersion différente, en réalisant à quel point la visibilité est réduite dans certains virages ; si l’on considère ces très longues courbes, il n’y a pas de point de corde évident et, en observant le tracé, on constate que beaucoup d’entre elles nécessitent une corde tardive."

"On aborde donc le virage depuis une zone sans visibilité et il faut essayer de viser un point imaginaire situé à quelques centaines de mètres devant soi ; c’est un véritable défi pour le pilote."

"Cela demande beaucoup de répétitions et fait appel à la mémoire musculaire pour trouver le bon timing, car on ne voit pas réellement la corde ; on se fie alors à son horloge interne et l’on visualise mentalement la trajectoire."

"On essaie de se concentrer sur un point de repère pour identifier la corde du virage, ce qui rend l’exercice complexe."

"Lorsqu’on est assis bas [dans le cockpit], la visibilité est évidemment bien plus difficile, ce qui rendra la situation intéressante."


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