Williams F1 va faire un vrai test de ses évolutions à Sepang
Après un lancement difficile à jauger à Bakou
Williams F1 a inscrit un point à Bakou et a franchi la barre de la Q3 pour la première fois de la saison grâce à Carlos Sainz. L’équipe espère réitérer de telles performances ce week-end, mais le circuit de Sepang pourrait nettement moins convenir à la FW48 que le tracé azéri le week-end dernier. Le pilote espagnol retrouvera un circuit qu’il connait, y ayant déjà couru à trois reprises.
Mais l’actualité pour lui est aussi des bisbilles avec les commissaires de course, puisqu’il a été convoqué à trois reprises en Azerbaïdjan, dont deux pour non-respect des drapeaux jaunes. Au total, sur les cinq derniers week-ends de course, il a été impliqué dans 12 événements qui ont terminé par une convocation ou une sanction chez les commissaires.
"Oui, je pense que ce qui s’est passé le week-end à Bakou résultait d’une combinaison de facteurs qui m’a conduit à voir les commissaires trois fois" a expliqué Sainz, avant de se plaindre de sa pénalité en course.
"Je continue de penser que la sanction liée au drapeau jaune n’a été ni expliquée ni gérée correctement, si l’on analyse précisément ce que j’ai fait, mais c’est une question qui doit être abordée lors de la réunion des pilotes. Je ne vais pas en parler dans les médias car... eh bien, je ne veux pas que cela suscite une polémique."
Un mensonge total de la part de celui qui s’est montré coupable à plusieurs reprises d’infractions au règlement durant les dernières courses, notamment lorsqu’il avait percuté Oscar Piastri, alors leader et qui lui prenait un tour, en Hongrie.
Concernant Bakou, ce que dit Sainz est faux, puisque les commissaires ont clairement et précisément expliqué pourquoi ils l’avaient sanctionné, alors qu’il s’est défendu en disant avoir freiné sur une des deux zones de drapeau jaune.
Les commissaires lui ont rappelé que les neutralisations ne fonctionnent pas comme ça, et qu’elles exigent le respect dans chaque zone concernée. Et bien que les incidents se multiplient pour Sainz, il peine toutefois à reconnaître que le problème vient de lui.
"Il est clair qu’au cours des deux derniers week-ends, j’ai vu les commissaires plus souvent que je ne l’aurais souhaité ; c’est un point que nous analysons au sein de l’équipe pour voir ce que nous pouvons améliorer collectivement et éviter ces passages aussi fréquents. Mais non, ce n’est pas un manque de concentration."
"En général, lorsque l’on pilote dans le milieu de grille avec une voiture moins compétitive, l’expérience montre que l’on est plus souvent amené à voir les commissaires que lorsqu’on dispose d’une voiture de pointe et que l’on ne se bat que contre deux autres pilotes. Toutefois, il se trouve que lors des deux derniers week-ends, nous avons commis quelques erreurs de notre côté."
Quant au retour à Sepang, Sainz espère qu’il permettra de mieux comprendre et ressentir la monoplace, sur un tracé qui la testera particulièrement : "Peut-être verrons-nous enfin un peu de grip mécanique. Cela fait plusieurs week-ends d’affilée que nous n’avons aucune adhérence."
"La course dépend alors un peu moins du pilote, puisqu’il s’agit simplement d’attaquer au maximum avec la voiture dont on dispose, sans pouvoir jouer sur la stratégie ou autre. Je ne serais donc pas contre un peu d’adhérence."
"Eh bien, je pense que si l’on devait concevoir un circuit qui nous poserait le plus de difficultés, ce serait celui de la Malaisie. Le fait d’avoir la Malaisie comme seconde opportunité pour le vérifier, et pour voir de manière réaliste les progrès accomplis sur un circuit exigeant beaucoup d’appui aérodynamique, en fait le scénario parfait pour cette évaluation."
Les pilotes évoquent également l’impact potentiel de la dégradation des pneus sur le déroulement de la course, et Sainz pense que le fait que les pneus soient soumis à rude épreuve est un point positif pour le spectacle.
"J’ai toujours dit que les meilleures courses de Formule 1 sont celles où il y a un certain niveau de dégradation et où l’on hésite entre une stratégie à un ou deux arrêts. Lorsqu’il n’y a pas de flexibilité stratégique, le spectacle en pâtit toujours, car la seule option restante est de dépasser en piste, ce qui, nous le savons tous, est difficile et l’a été ces trente dernières années."
"C’est pourquoi je pense qu’en l’absence de dégradation, il doit y avoir un facteur d’usure empêchant de réaliser facilement un seul arrêt, obligeant ainsi les pilotes à réduire leur rythme pour que cette stratégie fonctionne. J’aime bien les pneus de cette année. Je pense que Pirelli a progressé dans la gestion de la surchauffe, il n’y a pratiquement plus de graining."
"On peut attaquer. Le seul facteur à prendre en compte est la durée de vie du pneu. C’est un pneu beaucoup plus robuste, mais sa longévité est, à mon avis, un peu excessive. Il faut donc trouver le moyen de créer des gommes plus tendres qui soient réellement plus rapides et qui conservent cette vitesse sur un nombre de tours suffisant pour accentuer l’usure, pour ainsi dire."
Ce qu’il aimerait par-dessus tout, c’est une course sous la pluie ce week-end pour pouvoir tester les voitures actuelles dans ces conditions, alors que plusieurs pilotes ont déjà dit que ce serait surement difficile à gérer.
"Ce serait sans aucun doute un bon test s’il pleut. Ce serait aussi un bon test pour le règlement car, avec tous les problèmes que nous rencontrons concernant les rétrogradages, la récupération d’énergie, la puissance et le comportement variable d’un virage à l’autre, les conditions de piste humide représenteront à coup sûr un défi."
"Que ce soit du point de vue des pneus, j’ai entendu dire que les pneus pluie et intermédiaires de cette année sont assez délicats pour les pilotes, ou en raison de la puissance accrue. Ce serait donc assurément un bon test."
Alex Albon espère pouvoir lui aussi profiter de la pluie et en tirer une possibilité de bon résultat, notamment parce que Sepang demande souvent aux pilotes de s’adapter aux conditions changeantes.
"Si ça arrive dimanche oui, mais ça ira, j’aime ces conditions mitigées. On a vu de belles courses ici par le passé avec le choix intéressant du moment où il faut changer de pluie à sec, c’est très intéressant, donc on est prêts" a déclaré Albon, qui veut aussi évaluer les évolutions.
"Bakou est difficile car c’est un circuit sur lequel on ne peut pas vraiment tester, analyser et optimiser les choses. Donc on a un programme vendredi pour tester la voiture et on espère en savoir plus samedi. Le circuit de nous convient pas, mais on espère réussir à faire progresser la voiture."
Albon n’a jamais couru en Formule 1 à Sepang, mais il a tout de même une connaissance du tracé et une expérience en catégorie reine qui lui donnent de l’espoir.
"J’ai couru ici en 2016 en GP3, donc je me place parmi les expérimentés. Mais c’est la piste qui rendra les choses intéressantes et qui fera rentrer l’expérience en compte. Cette piste est physique, et les pilotes expérimentés sont un peu plus prêts pour la chaleur normalement."
Interrogé sur la possibilité de voir Williams faire des progrès en 2027, le Thaïlandais se dit confiant, car l’équipe a été bridée dans son approche du développement cette année par la priorité mise sur le châssis.
"J’ai de l’espoir oui, le temps nous le dira. Nous n’avons pas réussi à attaquer complètement cette année car on visait la réduction de poids et l’arrivée du nouveau châssis, et il a fallu beaucoup de temps. On n’a pas pu se concentrer sur l’aéro, mais on le fera l’année prochaine. On va dans la bonne direction et on espère que ce sera assez."
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