Verstappen veut une F1 plus simple : ’le frein et l’accélérateur doivent décider du chrono’

"Arrêtez de nous faire gérer les batteries !"

Verstappen veut une F1 plus simple : ’le frein et l’accélérateur doivent décider du chrono’
Auteur : Franck Drui
25 octobre 2026 - 17:33

Max Verstappen poursuit son offensive contre la réglementation technique de la Formule 1 en 2026. Le quadruple champion du monde estime que la gestion de l’énergie électrique a pris une place excessive dans le pilotage, au point de compliquer des opérations autrefois élémentaires, comme le départ d’une monoplace ou la fin d’un tour. Entre les logiciels, la recharge des batteries et les stratégies de déploiement de puissance, le pilote Red Bull considère que les pilotes doivent désormais se concentrer sur trop de paramètres éloignés de la conduite pure. Il réclame un retour à une Formule 1 dans laquelle le freinage et l’accélération déterminent avant tout le temps au tour.

Depuis l’introduction de la nouvelle réglementation sur les groupes propulseurs, Max Verstappen ne cache pas son mécontentement face à l’évolution de la Formule 1. Le Néerlandais figure parmi les critiques les plus virulents d’une génération de monoplaces qui accorde désormais une importance considérable à la gestion de l’énergie électrique.

La suppression du MGU-H et l’augmentation de la puissance du MGU-K à 350 kW ont profondément transformé le fonctionnement des groupes propulseurs. Avec une répartition de la puissance désormais de 50 % pour le moteur thermique et 50 % pour la partie électrique, les pilotes doivent constamment surveiller l’état de charge de leur batterie et adapter leur conduite aux possibilités de récupération et de déploiement de l’énergie.

Cette réglementation avait notamment pour objectif d’attirer de nouveaux constructeurs et de renforcer les liens technologiques entre la Formule 1 et l’industrie automobile. Mais pour Verstappen, elle a également éloigné le championnat de ce qu’il considère comme l’essence même de la compétition.

Les pilotes doivent parfois lever le pied, rétrograder en pleine ligne droite ou modifier leur manière d’aborder certaines portions du circuit pour optimiser leur réserve d’énergie, plutôt que de chercher uniquement à aller le plus vite possible.

Interrogé par les médias, Verstappen a expliqué que cette complexité ne concernait pas uniquement les phases de course à haute vitesse. Selon lui, même des opérations relativement simples sont désormais soumises à de nombreux paramètres électroniques.

Il cite notamment la procédure nécessaire pour mettre la monoplace en mouvement.

"La procédure de démarrage peut prendre quatre ou cinq secondes. Ensuite, normalement, vous devriez simplement pouvoir partir."

"Le problème, c’est qu’il y a tous ces logiciels qui fonctionnent en arrière-plan et qui peuvent vous empêcher de démarrer, ou alors il peut y avoir un dysfonctionnement, ou n’importe quoi d’autre."

"Même pendant les tours effectués à faible vitesse, il peut se passer des choses."

Le quadruple champion du monde critique également la nécessité de préparer constamment le niveau de charge de la batterie.

Dans la réglementation actuelle, les pilotes doivent tenir compte de la quantité d’énergie disponible et des moments auxquels elle pourra être utilisée. Cette gestion commence avant même le début d’un tour rapide et se poursuit jusque dans les phases de dépassement.

Verstappen estime que cette complexité impose des contraintes inutiles.

"Lorsque vous franchissez la ligne, vous devriez pouvoir lever le pied sans avoir à vous préoccuper de recharger votre batterie ou de vous assurer qu’elle atteint le niveau de charge maximal au bon moment."

"Ou au départ également, lorsqu’il faut s’assurer que la batterie se trouve au bon niveau de charge, et lors d’un dépassement, où la batterie doit aussi être dans les bonnes conditions."

Ces préoccupations influencent directement les décisions prises au volant. Les pilotes ne cherchent plus seulement à optimiser leur trajectoire, leur freinage ou leur accélération, mais doivent également adapter leur conduite aux besoins énergétiques de la monoplace.

"Vous ne devriez pas avoir à réfléchir à l’endroit où lever le pied ou au moment où rétrograder pour vous assurer de bénéficier d’un meilleur déploiement de l’énergie."

Ces contraintes sont particulièrement visibles lorsque les pilotes doivent récupérer de l’énergie sur des portions du circuit normalement parcourues à pleine charge.

Pour Verstappen, cette évolution va à l’encontre de sa conception de la Formule 1. Le pilote Red Bull ne conteste pas seulement certaines caractéristiques techniques des groupes propulseurs : il remet en question la place prise par la gestion énergétique dans la compétition.

"Toutes ces choses-là, ce n’est pas ce que devrait être la course automobile."

"Vous devriez pouvoir prendre la piste, avoir une pédale de frein et une pédale d’accélérateur, et c’est cela qui devrait déterminer le temps au tour."


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