De 404 Grands Prix consécutifs à son canapé : Horner a mal vécu sa première course loin de Red Bull

Le malaise de voir son ancienne équipe continuer sans lui

De 404 Grands Prix consécutifs à son canapé : Horner a mal vécu sa première course loin de Red Bull
Auteur : Franck Drui
25 octobre 2026 - 16:48

Après plus de vingt ans passés à la tête de Red Bull Racing, Christian Horner a vécu une expérience particulièrement déroutante lorsqu’il a dû regarder un Grand Prix de Formule 1 depuis son canapé. Écarté de ses fonctions en juillet 2025, le Britannique a découvert une nouvelle manière de suivre un championnat dont il connaissait jusqu’alors les moindres coulisses. Entre le sentiment d’avoir abandonné une équipe qu’il avait contribué à construire, les messages reçus du paddock et la nécessité de retrouver une vie familiale, Horner raconte comment il est progressivement parvenu à prendre ses distances avec la F1.

Le départ de Christian Horner de Red Bull Racing, en juillet 2025, a mis un terme à une présence ininterrompue de plus de deux décennies sur les circuits de Formule 1. Remplacé par Laurent Mekies à la direction de l’écurie autrichienne, le Britannique s’est retrouvé pour la première fois depuis l’arrivée de Red Bull en championnat du monde dans la position d’un simple téléspectateur.

Une situation particulièrement inhabituelle pour celui qui avait accompagné l’équipe depuis ses débuts et assisté à chaque Grand Prix pendant plus de vingt ans.

Invité du podcast High Performance, Horner est revenu sur cette période de transition, marquée par un changement radical de rythme et de priorités.

"Les chiens ont eu droit à beaucoup de promenades. Et je pense que c’est simplement une forme de décompression. Petit à petit, on a l’occasion de prendre du recul."

"Quand j’ai regardé la première course, j’avais assisté à 404 courses consécutives. Je n’avais jamais manqué un Grand Prix. Depuis l’arrivée de Red Bull dans ce sport, j’avais passé chaque course sur un circuit de Formule 1."

Une présence permanente qui s’était accompagnée de nombreux sacrifices familiaux. Horner reconnaît aujourd’hui avoir manqué plusieurs événements importants de sa vie privée en raison de ses obligations à la tête de l’écurie.

"J’ai manqué les anniversaires de mes filles, ou des étapes importantes de leur vie. Même notre voyage de noces, c’était le Grand Prix de Monaco. J’ai donc fait énormément de sacrifices à cet égard."

Le premier Grand Prix organisé après son éviction a été celui de Belgique, disputé sur le circuit de Spa-Francorchamps. Pour Horner, habitué à diriger les opérations depuis le muret des stands, suivre la course à la télévision s’est révélé particulièrement frustrant.

"Et puis, soudain, on s’assoit et on regarde une course pour la première fois. On se dit : ’Merde, je n’ai aucune information !’ On dépend de Crofty [David Croft, commentateur Sky F1] et des autres commentateurs, ce qui n’avait rien de naturel pour moi, parce que j’avais l’habitude de regarder des écrans et des flux de données, sans entendre les commentateurs."

"Et tout à coup, on essaie d’ouvrir une application de Formule 1 pour consulter les temps intermédiaires."

"Mais comparé au fait d’être au centre de tout, assis sur le muret des stands avec toutes les informations qui arrivent en permanence, c’était vraiment : ’Waouh, c’est tellement différent !’"

Horner admet que son premier week-end loin du paddock a été marqué par une consommation presque compulsive de Formule 1. Incapable de décrocher de la compétition, il a suivi non seulement toutes les séances du Grand Prix de Belgique, mais également les courses des catégories de promotion.

"Lors de ce premier week-end, j’ai regardé toutes les séances d’essais, toutes les courses de Formule 2 et de Formule 3. J’étais littéralement scotché à la télévision. Et puis Max a remporté le Sprint à Spa."

Cette victoire de Max Verstappen, obtenue dès le premier week-end de course après le remplacement de Horner par Laurent Mekies, a donné lieu à une situation particulière.

"Je recevais énormément de messages du circuit qui me disaient que personne ne célébrait."

Le plus difficile, selon Horner, n’était pas seulement de perdre l’accès aux informations ou de ne plus participer aux décisions. Il s’agissait également de regarder évoluer une organisation dont il avait personnellement contribué à façonner l’identité.

"C’était étrange, parce que c’étaient vos hommes et votre équipe. C’étaient les sponsors que vous aviez fait venir et pour lesquels vous aviez obtenu ces emplacements."

"C’était vraiment bizarre, parce que ce sont vos gars, c’est votre équipe, ce sont les sponsors avec lesquels vous avez négocié pour qu’ils occupent ces emplacements. C’était donc une expérience différente."

"Mais avec le temps, c’est passé, au point que maintenant, j’allume la télévision juste avant le départ de la course et, dès que la cérémonie du podium est terminée, je pars promener les chiens."


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