’Tout peut arriver’ : Aston Martin F1 compte sur les rebondissements au Brésil

Stevenson se rappelle de l’édition 2003 et la victoire de Jordan

5 novembre 2025 - 14:58
’Tout peut arriver’ : Aston Martin F1 compte sur les rebondissements au Brésil

Le Grand Prix de São Paulo est l’un des week-ends de course les plus attendus de l’année, car il est souvent l’occasion d’un week-end intense mais aussi de chances de bon résultat. Andy Stevenson, directeur sportif d’Aston Martin F1, explique pourquoi c’est l’un de ses week-ends préférés.

L’Autodromo José Carlos Pace, plus connu sous le nom d’Interlagos, a accueilli au fil des années des éditions intenses de la course, et il explique comment il espère tirer des opportunités du format Sprint.

"Beaucoup de choses se passent, notamment la préparation pour 2026, mais je reste très concentré sur le présent, car la saison n’est pas terminée. Il nous reste encore quatre Grands Prix et deux Sprints, qui sont extrêmement importants" a déclaré Stevenson.

Il rappelle à quel point Interlagos peut créer des surprises et évoque la folle victoire de l’équipe, alors connue comme Jordan, en 2003 : "Il y a beaucoup de points en jeu et nous sommes en plein milieu d’une lutte serrée dans le peloton, séparés de nos rivaux de guère plus d’un dixième sur un week-end de course donné."

"Notre objectif est de terminer le plus haut possible au championnat, et nous ferons tout notre possible pour y parvenir. Il reste encore tellement à jouer. C’est une période de l’année extrêmement chargée, d’ici à ce que nous ayons quelques jours de repos, ce sera déjà Noël, mais c’est passionnant."

"Nous devons être prêts à saisir toutes les opportunités qui se présenteront. Nous savons qu’Interlagos offre souvent une course spectaculaire en raison de facteurs comme le temps changeant, et nous devons donc optimiser et exécuter notre week-end du mieux possible, en gérant les conditions potentiellement piégeuses."

"Il semble que la météo sera particulièrement compliquée samedi, jour du Sprint et des qualifications, mais nous donnerons tout. C’est un défi que nous attendons avec impatience. À l’époque de Jordan Grand Prix, l’édition 2003 de cette course était un parfait exemple de l’art de profiter du chaos."

"La course avait été interrompue à cause du mauvais temps et d’incidents en piste, et une erreur de comptage avait conduit à ce que Kimi Räikkönen soit déclaré vainqueur et Giancarlo Fisichella deuxième pour notre équipe."

"Nous étions pourtant assez convaincus que nous avions gagné, mais nous devions le prouver. Nous avons donc pris l’ECU de la voiture de Giancarlo pour le présenter à une audience, et cette preuve a suffi pour que la victoire nous soit finalement attribuée."

"Ce que peu de gens savent, c’est que la personne chargée de l’ECU l’a laissée dans une valise dans un véhicule de location que nous avions utilisé ce week-end-là, pensant que nous l’utiliserions aussi pour aller à l’aéroport, ce qui n’était pas le cas."

"Ainsi, pendant que nous étions à l’hôtel à célébrer ce qui était alors un podium dont nous étions sûrs qu’il deviendrait une victoire, nous avons réalisé que le véhicule de location avait été rendu ! Il nous a fallu six heures pour le retrouver et récupérer l’ECU."

"Ce week-end résume parfaitement les courses au Brésil : tout peut arriver, et il faut simplement être là pour en profiter. Nous nous étions mis en position de tenter notre chance pour la victoire."

"En tant qu’équipe, nous n’avons jamais abandonné. Le plus beau dans notre sport, c’est que, selon ce qui se passe le jour J, vous pouvez gagner un Grand Prix. Et c’est cet état d’esprit qu’il faut avoir à chaque week-end de course."

Le fait que ce soit un Sprint est un défi supplémentaire, mais les équipes le gèrent à merveille : "Le planning des week-ends Sprint a été affiné et il est désormais très efficace. Les équipes méritent du crédit pour leur contribution à son amélioration."

"Je pense que nous les gérons très bien, et c’est un témoignage du bon fonctionnement de toute notre organisation, cela commence par la préparation et la production des pièces à l’usine, puis leur envoi vers les différents circuits, et enfin le contrôle qu’elles soient conformes une fois sur place, ce qui demande une organisation colossale."

"Ensuite, il revient aux mécaniciens de construire et préparer les voitures dans un délai très court. Les week-ends Sprint sont intenses, mais nous avons les processus nécessaires pour être prêts à tout."

Stevenson explique pourquoi Interlagos est spectaculaire comme circuit : "En dehors de la météo, la configuration du circuit se prête très bien aux batailles rapprochées, avec plusieurs opportunités de dépassement, la principale étant la longue ligne droite menant au virage 1, où nous avons vu d’innombrables dépassements au fil des ans."

"C’est un circuit où l’on peut emprunter différentes trajectoires, notamment dans le secteur 2, plus technique, quand on se bat contre un adversaire. Nous l’avons vu avec Fernando (Alonso) en 2023, lorsqu’il a utilisé tout son art de la course pour décrocher un podium."

Interlagos offre un peu de tout, et les pilotes peuvent l’aborder de plusieurs façons, ce qui donne généralement lieu à de belles bagarres dans tout le peloton."

Mais si Interlagos a une telle popularité, c’est aussi pour la folle ambiance qui accueille le paddock de la Formule 1 durant les journées du Grand Prix : "C’est l’une des courses les plus marquantes de l’année grâce à son ambiance."

"Depuis le mur des stands, on sait que les voitures arrivent grâce à l’émotion et aux réactions des fans dans les tribunes. C’est comme une vague sonore qui déferle le long de la ligne droite des stands, c’est phénoménal."

"J’ai eu la grande chance d’être au Brésil en 1991, à l’apogée de la mania Senna. C’était l’un de mes premiers Grands Prix, mais je n’avais jamais rien vu de tel, et je n’ai rien vu de comparable depuis. À l’approche du circuit, on ne voyait plus rien : c’était une marée humaine."

"En passant, les fans applaudissaient, chantaient le nom de Senna, tapaient sur notre bus d’équipe. Ils étaient incroyablement enthousiastes. Je me considère chanceux d’avoir vécu cela, et je ne sais pas si nous reverrons un jour quelque chose d’aussi magique. Ce sont des souvenirs comme celui-là qui font que j’ai une telle affection pour ce week-end."


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