Règles F1 2026 : révélations sur les 5 solutions étudiées par les équipes et la FIA
4 points seront activables dès le GP de Miami, le dernier concernera 2027
Les acteurs de la Formule 1 s’apprêtent à vivre un moment charnière. Une réunion cruciale est prévue le 9 avril afin de corriger les principaux défauts du règlement 2026, révélés au grand jour lors des trois premières courses de la saison. Objectif : apporter des ajustements rapides, potentiellement dès le Grand Prix de Miami, le 3 mai.
La nouvelle ère réglementaire n’a laissé personne indifférent. Si le style de course « en yo-yo » divise – entre partisans et détracteurs – il ne constitue pas une priorité pour les instances. En revanche, plusieurs problématiques majeures font consensus dans le paddock et nécessitent une intervention rapide.
Ingénieurs en chef, motoristes, dirigeants de la FIA et de la F1 vont ainsi tenter de s’accorder sur une série de modifications ciblées. Trois axes principaux dominent les discussions : la sécurité, les qualifications et la gestion énergétique.
La sécurité propulsée au sommet des priorités
L’accident spectaculaire d’Oliver Bearman lors du Grand Prix du Japon a servi d’électrochoc. Le pilote Haas a échappé à de graves blessures après un choc à haute vitesse, provoqué par un différentiel de vitesse de 50 km/h avec l’Alpine de Franco Colapinto, alors en phase d’économie d’énergie.
Un scénario redouté depuis les essais hivernaux, comme l’avait souligné le patron de McLaren, Andrea Stella. Après cet incident, difficile d’ignorer le problème.
Qualifications : un spectacle dénaturé
Autre sujet brûlant : la physionomie des qualifications. Des pilotes comme Charles Leclerc regrettent la disparition des tours lancés à la limite, remplacés par une gestion énergétique excessive.
Entre lift and coast, super clipping et comportements erratiques liés à certains algorithmes, les monoplaces semblent parfois se battre contre elles-mêmes. Résultat : un spectacle jugé peu lisible et frustrant, tant pour les pilotes que pour les fans.
Des vitesses en chute libre en bout de ligne droite
C’est sans doute l’aspect le plus critiqué par les fans : la perte brutale de vitesse en fin de ligne droite lorsque la batterie est à plat. Un phénomène amplifié avec les nouvelles monoplaces, comme observé à Melbourne ou Suzuka. Et lorsque cette perte de vitesse se combine à un passage dans des virages rapides qui ne deviennent plus des juges de paix, c’est le plaisir des pilotes qui s’en va aussi.
Les solutions étudiées
Face à ces constats, cinq leviers sont actuellement à l’étude et seront étudiés le 9 avril à Londres par les équipes, la FIA et la FOM.
1. Renforcer le super clipping
Augmenter la puissance récupérable en pleine accélération (de 250 à 350 kW) permettrait de limiter le recours au lift and coast, réduisant ainsi les écarts de vitesse dangereux. Les équipes ont démontré qu’elles procédaient toutes au super clipping dans les mêmes zones, contrairement au lift and coast. Le point sécurité serait donc grandement amélioré.
2. Ralentir les monoplaces pour mieux les exploiter
Etaler la délivrance de la puissance maximale du MGU-K et donc l’utilisation de l’énergie sur toute la ligne droite éviterait les coupures brutales et favorisant des tours plus engagés en qualifications.
Un point qui doit s’associer à un abaissement du plafond de récupération (actuellement 9 MJ par tour) pour simplifier la gestion énergétique. Mais cela aurait un coût en performance : jusqu’à plus de deux secondes au tour avec une limite à 6 MJ.
3. Simplifier le règlement
Enfin, la simplification des règles apparaît essentielle. Certains paramètres, comme les seuils d’activation énergétique, compliquent inutilement la tâche des pilotes. L’exemple de Charles Leclerc en Chine, piégé par un algorithme, illustre cette dérive.
4. Repenser l’aérodynamique active
Une solution plus audacieuse, à l’étude, consisterait à libéraliser totalement l’utilisation du mode "ligne droite", aujourd’hui restreint à certaines zones. Une approche qui rappellerait les débuts du DRS, avec une liberté accrue pour les équipes.
5. Modifier l’équilibre moteur (à moyen terme) entre thermique et électrique
Si les 4 premiers points peuvent être actionnées dès Miami, ce n’est pas le cas du 5e.
Augmenter la part du moteur thermique (actuellement 400 kW contre 350 kW pour l’électrique) réduirait la dépendance à l’énergie électrique. Mais ce chantier ne pourra pas aboutir avant 2027 pour des raisons de fiabilité et de conception. Ce point doit toutefois être décidé au plus vite pour que les motoristes puissent concevoir de nouvelles unités de puissance. Une répartition 60-40 entre thermique et électrique pourrait résoudre les soucis actuels, même s’il faudrait toujours lisser le déploiement de l’énergie (point 2).
Si ces problèmes semblent distincts, leurs solutions sont étroitement liées. Les données accumulées depuis les essais hivernaux sont actuellement analysées pour anticiper l’impact de chaque ajustement.
La réunion du 9 avril s’annonce donc décisive : elle devra trouver un équilibre entre sécurité, spectacle et performance. Un défi de taille pour une discipline qui joue gros avec sa révolution technique.
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