’Quand il pleut, on ne court plus !’ : Berger dénonce une F1 devenue une ’farce’

Les courses sur piste mouillée perdent progressivement leur place

’Quand il pleut, on ne court plus !’ : Berger dénonce une F1 devenue une ’farce’
Auteur : Franck Drui
10 octobre 2026 - 10:08

Gerhard Berger ne cache plus son exaspération face à certaines décisions prises en Formule 1. L’ancien pilote Ferrari et McLaren critique vivement la manière dont la discipline gère désormais les courses disputées sous la pluie, estimant que les conditions météorologiques difficiles ne devraient pas systématiquement conduire à neutraliser ou retarder les épreuves. L’Autrichien s’interroge également sur les événements survenus lors du Grand Prix de Bahreïn en Malaisie, où des problèmes logiciels ont perturbé la procédure de départ, allant jusqu’à remettre en question la nécessité d’avoir interrompu celle-ci.

Interrogé par le quotidien autrichien Kronen Zeitung sur le chaos survenu à Sepang le week-end dernier, Berger estime qu’il convient d’abord de déterminer précisément les responsabilités dans les dysfonctionnements rencontrés. Selon lui, une distinction doit être faite entre les éventuelles défaillances imputables à la FIA et celles relevant directement des équipes.

L’ancien pilote, aujourd’hui âgé de 67 ans, souligne notamment que toutes les monoplaces ne semblaient pas avoir été affectées de la même manière par les problèmes techniques.

"J’ai entendu Alonso dire qu’il n’avait rencontré absolument aucun problème. La question est donc la suivante : était-il seulement justifié d’interrompre la procédure de départ ?"

"Le fait que certaines équipes aient été confrontées à des difficultés techniques ne devrait pas nécessairement conduire à pénaliser celles qui ont réussi à les éviter. La fiabilité et la maîtrise technique font partie intégrante de la compétition et une équipe ayant mieux travaillé ne devrait pas subir les conséquences des problèmes rencontrés par ses adversaires."

L’Autrichien prend notamment l’exemple de Red Bull et de son moteur thermique pour défendre cette position, avant d’établir un parallèle avec le Grand Prix des États-Unis 2005, disputé à Indianapolis avec seulement six monoplaces après le retrait des équipes équipées de pneumatiques Michelin.

"Je ne comprends absolument pas pourquoi une équipe qui fait du meilleur travail, comme cela a été le cas avec Red Bull, par exemple, et son moteur thermique, devrait être pénalisée pour cela. Les problèmes techniques, cela arrive, mais si quelques équipes ont réussi à faire fonctionner les choses correctement à Sepang, alors il faut tout simplement prendre le départ avec moins de voitures, comme à Indianapolis en 2005."

Mais les critiques de l’ancien pilote ne se limitent pas aux événements de Sepang. Berger se montre encore plus sévère concernant la gestion des courses sous la pluie, qu’il considère comme l’un des problèmes majeurs de la Formule 1 actuelle.

Selon lui, la discipline a progressivement abandonné l’idée de laisser les pilotes affronter des conditions météorologiques difficiles, privilégiant désormais des procédures de départ derrière la voiture de sécurité ou de longues attentes jusqu’à ce que la piste soit bien moins détrempée.

Une évolution qu’il juge contraire à l’esprit même de la compétition.

"Ces deux dernières années, les courses sous la pluie ont été reléguées au second plan d’une manière qui n’est pas digne de la Formule 1. Soit on prend le départ derrière la voiture de sécurité, soit on attend que la piste ait suffisamment séché pour pouvoir rouler en pneus slicks. Nous nous dirigeons vers ce qui se passe aux États-Unis : quand il pleut, on ne court plus."

Berger regrette particulièrement la disparition progressive de ce qui constituait, à ses yeux, l’une des épreuves les plus révélatrices du talent des pilotes.

"C’était un véritable défi pour les pilotes, qui pouvaient démontrer leur talent dans les conditions les plus difficiles. En plus de cela, les courses devenaient plus imprévisibles, ce qui donnait également leur chance aux outsiders. Mais avec la manière dont les choses sont gérées aujourd’hui, cela devient de plus en plus une farce."


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