Pourquoi un tel chaos sur les pénalités dans les stands à Monaco
La FIA explique ce qui s’est passé dans la pitlane monégasque
Le Grand Prix de Monaco a été marqué par une vague inhabituelle de pénalités pour excès de vitesse dans la voie des stands, bouleversant plusieurs résultats, dont celui de Pierre Gasly privé de podium. En cause : une interprétation particulière de la trajectoire dans la pitlane et du système de mesure.
Monaco 2026 restera comme l’un des plus controversés de ces dernières années concernant les pénalités dans la voie des stands. Cinq pilotes ont écopé de sanctions de cinq secondes pour excès de vitesse, dont Lewis Hamilton et George Russell, tandis que Pierre Gasly a vu un podium s’envoler après deux infractions.
Oscar Piastri et Franco Colapinto complètent la liste des pilotes sanctionnés dans une course déjà chaotique, marquée également par d’autres avertissements en essais libres. Dès les Libres, George Russell, Kimi Antonelli, Alexander Albon et Fernando Alonso avaient été signalés pour des dépassements de la limite, parfois inférieurs à 0,5 km/h.
Selon les informations communiquées avant la course, ces pénalités seraient liées à une particularité du tracé dans la voie des stands, notamment autour de la zone de l’équipe Cadillac au bout des stands, où plusieurs pilotes auraient légèrement modifié leur trajectoire.
Alexander Albon avait d’ailleurs été prévenu en course que plusieurs infractions étaient relevées pour avoir "coupé la ligne autour de la zone Cadillac", une section désormais plus ouverte que par le passé et moins contrainte par des barrières.
Ce changement de configuration aurait encouragé les pilotes à "couper" davantage la ligne blanche délimitant la voie rapide des stands. Si cette pratique n’est pas interdite en soi, elle aurait toutefois eu des conséquences inattendues sur le système de mesure de la FIA.
En effet, la vitesse en pitlane n’est pas calculée par un radar de vitesse mais par des boucles de chronométrage électroniques et les transpondeurs FIA. Le temps entre deux points permet ensuite de déterminer la vitesse moyenne du véhicule.
Or, en coupant légèrement la trajectoire, la distance réellement parcourue est réduite, ce qui change le calcul et peut générer des dépassements artificiels de la limite fixée à 60 km/h, même lorsque la vitesse réelle est respectée.
Ce phénomène, bien que marginal, a entraîné des écarts minimes mais suffisants pour déclencher des sanctions, certains pilotes ayant été mesurés à seulement quelques dixièmes de km/h au-dessus de la limite.
Le cas de George Russell a été particulièrement pénalisant pour Mercedes. Le Britannique, alors en lutte pour les avant-postes, a reçu une pénalité de cinq secondes avant de se voir infliger un drive-through pour non-exécution correcte de la sanction lors d’un arrêt sous voiture de sécurité.
"On m’a dit qu’il n’y avait rien de mal de mon côté," a expliqué Russell. "Il y a un problème logiciel."
Pas de problème en réalité...
Pour Pierre Gasly, la situation a été encore plus lourde de conséquences. Le pilote Alpine a franchi la ligne d’arrivée en troisième position, mais a perdu son podium après deux pénalités successives, chacune pour des excès de 0,1 et 0,4 km/h au-dessus de la limite.
Dévasté après l’arrivée, le Français a indiqué que son équipe comptait demander des explications à la FIA sur ces sanctions jugées extrêmement sévères. Un droit de révision a été demandé.
Dans la voie des stands de Monaco, la zone d’entrée permet aussi une trajectoire différente où les pilotes peuvent "couper" légèrement le virage pour gagner quelques mètres.
Selon un porte-parole de la FIA, la mesure de vitesse commence dès que la première roue entre dans la voie rapide des stands, généralement la roue avant gauche dans le cas d’une entrée coupée.
Comme le système repose sur une moyenne calculée entre plusieurs boucles de chronométrage et les transpondeurs officiels, les écarts finaux restent extrêmement faibles, souvent inférieurs à 1 km/h.
Lewis Hamilton, deuxième à l’arrivée malgré une pénalité de cinq secondes, a confirmé que cette configuration pouvait expliquer les sanctions.
"Je n’étais pas en excès de vitesse," a-t-il affirmé. "C’est juste la façon dont la voie des stands est faite. J’ai parcouru cette pitlane pendant des années. Ce n’est pas comme si je n’avais pas activé le limiteur ou quelque chose comme ça. Il était immédiatement enclenché."
"Je pense que c’est la ligne que nous prenons tous depuis des années, où l’on coupe une partie de la ligne blanche. Et j’ai été surpris d’apprendre que j’étais en excès de vitesse, parce que je ne l’étais pas réellement."
"Tout dépend de la distance et c’est quelque chose qu’il faut vraiment analyser, car beaucoup de pilotes ont été concernés aujourd’hui sans forcément dépasser la limite. Et sur un circuit aussi court, une pénalité de cinq secondes ou un stop-and-go détruit complètement une course. Je suis content que cela ne m’ait pas trop pénalisé."
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