Pourquoi Haas F1 n’a le droit qu’à une journée de simulateur... par mois !

L’écart avec Ferrari révélé par Bearman à Madrid

Pourquoi Haas F1 n’a le droit qu’à une journée de simulateur... par mois !
Auteur : Franck Drui
11 septembre 2026 - 12:35

Le simulateur est devenu un outil incontournable de la Formule 1 moderne, permettant aux équipes de travailler en amont des Grands Prix sur les réglages, les trajectoires et la compréhension des monoplaces sans même prendre la piste. Mais toutes les écuries ne disposent pas des mêmes moyens pour exploiter cette technologie. Chez Haas, Ollie Bearman estime que lui et Esteban Ocon sont parmi les pilotes qui utilisent le moins cet outil, seul Lewis Hamilton semblant évoluer dans une situation comparable, mais à l’opposé en matière de ressources disponibles.

La question de l’utilisation du simulateur par Hamilton avait notamment fait parler plus tôt cette saison. Le pilote Ferrari avait décidé de renoncer au simulateur comme outil permettant de définir les réglages de sa monoplace depuis le Grand Prix du Canada.

Bearman estime aujourd’hui que lui et son équipier Ocon sont probablement les deux pilotes du plateau qui se rapprochent le plus de Hamilton en matière de faible utilisation du simulateur.

Le Britannique s’est exprimé sur le nouveau simulateur de Haas à Banbury. Celui-ci devrait être physiquement achevé d’ici la fin de l’année, mais il faudra encore patienter avant qu’il soit pleinement opérationnel, notamment en raison du développement nécessaire de certains éléments logiciels.

Et Bearman a profité de la comparaison avec Ferrari pour livrer une remarque particulièrement savoureuse, qui souligne également l’écart de moyens entre Haas et les équipes les mieux financées du plateau.

"Leur simulateur [celui de Ferrari] fonctionne huit jours par semaine (rires). Notre temps dans leur simulateur ? Un jour par mois ! Donc vous pouvez imaginer les différences," a lancé le pilote Haas.

Derrière la plaisanterie, l’écart d’utilisation est donc considérable. Ferrari peut exploiter son installation de manière très intensive, tandis que Haas doit encore composer avec des capacités extrêmement limitées.

"Je dirais que sur la grille, Esteban et moi-même sommes ceux qui en font le moins, peut-être à l’exception de Lewis. Je dirais que nous sommes ceux qui pilotons le moins sur le simulateur," a-t-il ajouté.

En attendant que son propre outil soit opérationnel, Haas doit donc se contenter d’une seule journée de simulateur par mois à Maranello.

"La Scuderia étant prioritaire, le temps disponible pour nous est nécessairement restreint," admet Bearman.

"L’équipe ne peut pas accéder au simulateur quand elle le souhaite et doit composer avec les créneaux laissés disponibles."

"À cela s’ajoute un autre problème, moins visible : la préparation des séances de simulation."

"Dans les équipes disposant de davantage de ressources, un pilote de développement ou un jeune pilote peut effectuer le travail préparatoire avant que le titulaire ne prenne place dans le simulateur. Son rôle consiste notamment à vérifier que l’installation fonctionne correctement et que le programme est pertinent avant que le pilote de course ne prenne le relais."

"Chez Haas, Esteban et moi, nous devons nous-mêmes effectuer cette préparation. Cela réduit d’autant le temps que nous pouvons réellement consacrer au travail de simulation."

Les ressources limitées de Haas sont régulièrement évoquées en Formule 1, notamment lorsqu’il est question des évolutions apportées à la monoplace ou de la disponibilité des pièces. Le simulateur illustre toutefois une autre facette, moins souvent évoquée, des difficultés auxquelles doit faire face l’écurie disposant des ressources les plus limitées du plateau.

L’installation de Banbury doit permettre à Haas de réduire progressivement cet écart. Mais même lorsque le simulateur sera physiquement terminé, l’écurie devra encore finaliser les logiciels et les différents éléments nécessaires à son exploitation avant que Bearman et Ocon, s’il est encore pilote pour l’équipe en 2027, puissent réellement en tirer pleinement profit.


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