Ocon critique le fonctionnement du ’mode dépassement’ en F1

"Si vous l’utilisez, vous reculez"

Auteur : Franck Drui
8 avril 2026 - 14:15
Ocon critique le fonctionnement du ’mode dépassement’ en F1

La frustration grandit aussi pour Esteban Ocon face aux nouvelles règles techniques de la Formule 1, et le pilote Haas n’a pas mâché ses mots après le Grand Prix du Japon. Le Français a qualifié le système de boost dédié aux dépassements de véritable "cauchemar", après une course où il s’est retrouvé piégé derrière ses rivaux.

Introduit dans le cadre du règlement 2026, le mode « Overtake » permet aux pilotes de bénéficier d’un surplus d’énergie électrique (+0,5 MJ), offrant théoriquement une vitesse de pointe plus élevée plus longtemps avant de devoir recharger la batterie. Sur le papier, un outil destiné à favoriser les dépassements.

Mais en piste, la réalité est bien différente. En utilisant ce boost pour dépasser, un pilote vide sa batterie et devient immédiatement vulnérable dans la ligne droite suivante. Résultat : le dépassement peut être aussitôt annulé. Pire encore, si les deux pilotes déclenchent leur déploiement en même temps, la situation reste figée.

Un fonctionnement qui exaspère de nombreux pilotes, à commencer par Max Verstappen, très critique envers ce règlement, au point d’alimenter les interrogations sur son avenir dans la discipline.

Bloqué derrière Liam Lawson durant la seconde moitié de la course à Suzuka, Ocon a parfaitement illustré ces limites.

"J’ai apprécié la première moitié de la course avant la voiture de sécurité. Mais ensuite, ce n’était plus amusant, clairement pas agréable. Mais ça fait partie de la course. À Suzuka, il est très difficile de dépasser."

"L’utilisation du boost a été un cauchemar : si vous l’utilisez, en fait vous reculez. Donc nous avons simplement essayé de rester sur un rythme de base et de continuer à pousser."

Jusqu’ici, la Formule 1 et la FIA se sont surtout concentrées sur les problèmes visibles en qualifications, où les pilotes sont contraints de lever le pied dans des tours censés être disputés à pleine charge.

Une première réunion clé est d’ailleurs prévue demain, le 9 avril, pour discuter des retours sur ce règlement, avec notamment en toile de fond les vitesses de rapprochement extrêmes, en partie responsables du violent accident d’Oliver Bearman au Japon.

Mais pour Ocon, l’essentiel est ailleurs.

"Je pense qu’il vaudrait mieux avoir une plus grande capacité d’énergie, un peu comme l’an dernier. Pour moi, on est en permanence en manque d’énergie, et on ne peut rien planifier."

"On ne peut pas vraiment préparer un dépassement, ni tenter quelque chose. Tout est trop à la limite."

S’il reconnaît les efforts en cours pour corriger certains aspects, il estime que l’essentiel du problème reste entier.

"Je comprends les corrections pour le lift and coast en qualifications, mais c’est peut-être 1 % de la solution. Il reste 99 % à traiter."


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