Mercedes F1 et Ferrari respecteront les refus de déplacement de leur staff au Qatar et Abu Dhabi
"Si vous ne voulez pas courir, n’y allez pas"
À quelques jours d’une décision attendue sur le maintien des Grands Prix du Qatar et d’Abu Dhabi, les interrogations concernant la sécurité des déplacements au Moyen-Orient restent au cœur des préoccupations de la Formule 1. Alors que la situation géopolitique demeure incertaine et que les réactions observées en MotoGP alimentent les discussions, Toto Wolff et Frédéric Vasseur ont affiché leur confiance envers la FIA et la FOM (Formula One Management). Les directeurs de Mercedes F1 et Ferrari ont toutefois tenu à poser une limite claire : aucun membre de leurs équipes ne sera contraint de se rendre dans la région s’il estime que les conditions de sécurité ne sont pas réunies.
L’incertitude persiste autour des deux dernières épreuves de la saison 2026 de Formule 1. À seulement quatre ou cinq jours d’une décision concernant la possibilité d’organiser les Grands Prix du Qatar et d’Abu Dhabi, les équipes attendent toujours de connaître les conclusions des évaluations de sécurité menées par les instances dirigeantes du championnat.
La situation au Moyen-Orient, ainsi que les inquiétudes exprimées dans le paddock MotoGP, soulèvent notamment la question de la liberté laissée aux pilotes et aux membres des équipes de refuser un déplacement qu’ils jugeraient trop risqué.
Interrogés à l’occasion du Grand Prix du Brésil, Toto Wolff et Frédéric Vasseur ont expliqué comment Mercedes et Ferrari abordaient cette période d’incertitude.
Pour Toto Wolff, les décisions concernant le maintien des courses doivent avant tout reposer sur des informations objectives et sur les recommandations émises par les autorités compétentes.
Le directeur de Mercedes estime que Stefano Domenicali, président de la Formule 1, et Mohammed Ben Sulayem, président de la FIA, ont déjà clairement défini les critères qui guideront leur décision.
"Stefano et Mohammed ont été assez clairs sur la situation : la Formule 1 suit les recommandations internationales, qu’il s’agisse de restrictions de voyage, de compagnies aériennes qui ne desservent plus certaines destinations, d’avertissements concernant la région ou des informations communiquées par les gouvernements locaux."
"Donc pas seulement ce que disent les promoteurs, mais aussi ce que disent les gouvernements locaux. C’est sur cela qu’il faut s’appuyer, à mon avis, et je suis totalement d’accord avec cette approche."
Cette position intervient alors que le comportement de certains pilotes de MotoGP, qui ont exprimé publiquement leurs réserves concernant les déplacements dans la région, a suscité de nombreuses réactions.
Interrogé sur l’exemple du MotoGP, Wolff a livré une analyse particulièrement directe.
L’Autrichien estime que les prises de position de sportifs ne disposant pas nécessairement d’une connaissance approfondie des enjeux géopolitiques peuvent prendre une importance médiatique considérable en raison de leur notoriété.
"Je pense que lorsque des pilotes prennent position, alors qu’ils ne connaissent rien, sur le plan géopolitique, à ce qui se passe, mais qu’ils disposent d’un public qui les écoute, cela crée une certaine valeur médiatique."
Il ne remet toutefois pas en cause leur droit de refuser de participer à une épreuve. Au contraire, Wolff estime que la réponse apportée par les dirigeants du MotoGP constitue une approche raisonnable, fondée sur la responsabilité individuelle.
"Mais j’aurais fait la même chose que la direction du MotoGP. Vous voulez rouler ou piloter, allez-y. Si vous ne voulez pas, n’y allez pas."
"C’est aussi simple que cela, et chacun peut prendre ses propres décisions à ce sujet, et je respecte cela."
Malgré cette position, Wolff souligne qu’il reste indispensable de suivre attentivement l’évolution de la situation sécuritaire dans les prochains jours et les prochaines semaines.
L’Autrichien se dit convaincu que les dirigeants de la Formule 1 et de la FIA réagiraient immédiatement si les informations recueillies faisaient apparaître une aggravation des risques.
"Bien sûr, il faut rester attentif à ce qui se passe dans les prochains jours et les prochaines semaines, et Stefano suit la situation de très près pour la surveiller."
"Si les choses devaient devenir plus dangereuses et que nous recevions des informations allant dans ce sens, alors il serait le premier, avec Mohammed, à protéger les personnes qui étaient censées voyager."
"C’est pour cette raison que je suis leurs recommandations."
Mercedes ne semble d’ailleurs pas encore confrontée à une inquiétude particulière de la part de son personnel.
Wolff assure que, pour le moment, aucun collaborateur n’a soulevé la question d’un éventuel refus de se rendre au Qatar ou à Abu Dhabi.
"D’après ce que j’entends en interne, la question n’a pas été soulevée. Cela n’a pas été un sujet de discussion."
Cela ne signifie pas pour autant que l’équipe imposera le déplacement à tous ses employés si les courses sont maintenues.
"Mais là aussi, si quelqu’un estime ne pas se sentir à l’aise, s’il ou elle ne se sent pas à l’aise à l’idée de voyager, alors c’est quelque chose que je respecterai toujours."
"Et peut-être que cela représentera une occasion de donner sa chance à quelqu’un d’autre. Cela ne changerait rien à notre relation."
"J’ai toujours respecté le fait que certaines personnes ne voulaient pas se rendre à certains Grands Prix, et c’est ainsi que je vois les choses actuellement."
Vasseur : "Nous respecterons la décision de chaque membre de l’équipe"
Frédéric Vasseur partage entièrement la position de son homologue de Mercedes. Le directeur de Ferrari estime que les structures de gouvernance de la Formule 1 disposent des moyens nécessaires pour évaluer correctement la situation et prendre les décisions appropriées.
"Oui, comme Toto l’a dit, je pense que notre organisation est assez solide. J’ai une confiance totale dans la FIA, dans FOM et dans Stefano, et nous verrons ce que nous ferons."
Concernant les éventuelles inquiétudes au sein de Ferrari, Vasseur explique que ses collaborateurs sont actuellement concentrés sur un calendrier particulièrement chargé.
"Concernant la question de savoir si nous avons reçu des interrogations en interne, honnêtement, nous sommes au milieu de neuf courses en onze semaines."
"Tout le monde est concentré sur cette série de trois courses consécutives, et peut-être que le sujet sera abordé un peu plus tard, mais ce n’est pas le cas aujourd’hui."
"Dans tous les cas, nous respecterons la décision de chaque membre de l’équipe. Si quelqu’un ressent une inquiétude et ne veut pas venir, nous respecterons sa décision."
Vasseur conclut en réaffirmant sa confiance dans les instances dirigeantes du championnat, tout en reconnaissant que les prochaines semaines seront déterminantes.
"Mais jusqu’à présent, nous avons une immense confiance dans notre système, dans notre organisation, et nous verrons dans les prochaines semaines."
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