Les pilotes excédés par les bugs des F1 de 2026 après un départ retardé de 1h40

Le chaos de Sepang relance brutalement les critiques

Les pilotes excédés par les bugs des F1 de 2026 après un départ retardé de 1h40
Auteur : Franck Drui
4 octobre 2026 - 14:03

Le Grand Prix de Bahreïn en Malaisie a bien fini par offrir une course remportée par Max Verstappen, mais les longues dizaines de minutes ayant précédé son véritable départ ont provoqué une vive réaction des pilotes. Après 40 minutes de retard provoquées par des pluies torrentielles, une première tentative de lancement a échoué lorsque plusieurs monoplaces se sont immobilisées, apparemment victimes d’un problème logiciel. La course n’a finalement débuté qu’environ une heure et 40 minutes après l’horaire initial, poussant plusieurs pilotes à remettre ouvertement en cause la complexité technique de la réglementation 2026.

Les conditions météorologiques avaient initialement justifié le report. Une violente averse avait détrempé Sepang et rendu impossible le lancement immédiat du Grand Prix.

Après environ 40 minutes d’attente, les conditions s’étaient suffisamment améliorées pour permettre une nouvelle tentative. Mais celle-ci a tourné court d’une manière beaucoup plus inhabituelle.

Plusieurs pilotes ont ralenti puis immobilisé leur monoplace pendant les tours de formation précédant la mise en grille, obligeant la direction de course à abandonner la procédure. Les premiers éléments indiquaient alors un possible bug logiciel affectant les voitures.

Il a finalement fallu attendre environ une heure et 40 minutes après l’horaire initialement prévu pour que le Grand Prix puisse véritablement commencer.

George Russell s’est montré particulièrement critique envers le spectacle proposé aux spectateurs pendant cette longue attente. Entre le retard initial, le drapeau rouge, les nombreux tours derrière la voiture de sécurité et les procédures supplémentaires, le pilote Mercedes estime que l’ensemble de la journée a donné une image inhabituelle de la discipline.

Il a également évoqué les tours supplémentaires effectués afin de permettre à Sergio Pérez de dépasser et de reprendre sa position.

"Toute la journée a donné l’impression d’être un peu laborieuse, avec le retard, puis le drapeau rouge, puis les tours interminables derrière la voiture de sécurité, et ensuite, soudainement, des tours supplémentaires pour permettre à Checo [Sergio Pérez] de revenir dans le tour des leaders. Cela ne ressemblait pas vraiment à la F1 aujourd’hui."

"J’aurais été un peu déçu si j’avais été dans les tribunes à regarder tout cela se dérouler, donc... ce n’était pas bon."

Au-delà de la manière dont le départ a été géré, Russell estime que l’épisode met surtout en lumière l’extrême complexité des groupes propulseurs introduits avec la réglementation 2026.

"Les groupes propulseurs sont exceptionnellement compliqués. Plus vous rendez les choses complexes, plus il y a de choses susceptibles de mal fonctionner."

"C’est donc évidemment quelque chose que nous devons garder à l’esprit pour l’avenir."

Lando Norris a été encore plus lapidaire en qualifiant la situation "d’horrible".

Pour le pilote McLaren, les difficultés rencontrées lors de la procédure constituent un nouvel argument contre la place prise par certains systèmes électroniques dans les F1 actuelles.

Norris estime ainsi que l’incident de Sepang "prouve simplement que nous ne devrions pas avoir toutes ces choses du côté électronique".

Mais les critiques les plus développées sont venues de Carlos Sainz.

Le pilote Williams estime que la Formule 1 doit procéder à un véritable examen de la situation ayant conduit aux événements de Sepang. Pour lui, les difficultés rencontrées ne peuvent pas être dissociées de la complexité générale du règlement technique 2026.

"La F1 doit vraiment se remettre en question et regarder comment nous avons pu nous retrouver dans cette situation."

"Il est clair que le règlement est extrêmement compliqué pour les pilotes, pour les équipes, pour les groupes propulseurs, pour les constructeurs. C’est trop compliqué."

"Encore une fois, ma seule interrogation est de savoir qui, il y a cinq ans, a décidé que c’était la direction à prendre ?"

Sainz prend néanmoins soin de distinguer les décisions prises lors de la conception de la réglementation des efforts actuellement fournis par la FIA et la F1 pour gérer leurs conséquences. Selon lui, les acteurs présents aujourd’hui tentent de faire au mieux avec un cadre décidé plusieurs années auparavant.

Son jugement sur cette orientation initiale est en revanche particulièrement sévère.

"Nous faisons de notre mieux avec ce que nous avons reçu en tant que sport et en matière de règlement. La FIA et la F1 font de leur mieux avec ce qui a été décidé il y a quatre ou cinq ans, mais il est clair que ce qui a été décidé il y a quatre ou cinq ans était mauvais..."

"Il n’y a pas grand-chose de plus à dire. Nous devons simplement apprendre, en tant que sport, à ne pas refaire ces erreurs et à ne pas subir à nouveau ce genre de situations étranges."

Pour Sainz, l’épisode est directement lié à la quantité d’électronique nécessaire au fonctionnement de la génération actuelle de groupes propulseurs.

"C’est ce qui arrive lorsqu’il y a autant de logiciels, autant de systèmes de contrôle impliqués. Si nous avions eu un V8 atmosphérique, cela ne serait jamais arrivé."

Vainqueur de la course, Max Verstappen a rejoint l’analyse générale de ses rivaux. Le pilote Red Bull "espère que les événements de Sepang permettront à la F1 de tirer des enseignements pour éviter qu’une situation comparable ne se reproduise".

Lewis Hamilton s’est lui aussi montré perplexe devant la procédure. Le septuple champion du monde, qui avait dû immobiliser sa Ferrari avant de parvenir à repartir après une réinitialisation, a souligné qu’il n’avait" encore jamais eu à arrêter puis redémarrer une F1 de cette manière auparavant".

Oscar Piastri a lui aussi reconnu le caractère inédit de la situation. Le pilote McLaren a expliqué qu’il n’avait "jamais vu une course de F1 retardée par un bug. C’était une première".

L’Australien se montre toutefois plus prudent lorsqu’il s’agit d’en déterminer les responsabilités. Tant que l’origine exacte du dysfonctionnement n’aura pas été établie, Piastri estime qu’il serait prématuré d’accuser directement la réglementation, les systèmes des monoplaces ou ceux de la FIA.

Il rappelle notamment que l’activité orageuse avait également perturbé plusieurs systèmes électroniques durant la journée.

"Je ne sais pas à quoi c’était lié. Je ne sais pas si cela avait un rapport avec les conditions humides, avec les changements de code, je ne sais pas si cela avait un rapport avec la foudre. Nous avons entendu dire que beaucoup de systèmes de la F1 et de la FIA étaient tombés en panne à cause de certains éclairs, donc je ne sais pas si quelque chose a été en quelque sorte réinitialisé."

"Évidemment, cela n’a pas donné une très bonne image, mais je pense qu’il serait injuste de pointer quelqu’un du doigt avant d’avoir une explication."


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