Les deux accidents qui ont changé la vision de Russell sur la sécurité en F1
"Quand il y a un risque inutile, je veux faire entendre ma voix"
Directeur de l’Association des pilotes de Grand Prix (GPDA) depuis 2021, George Russell assume pleinement son rôle dans les discussions concernant la sécurité en Formule 1. Souvent considéré comme le "politicien" du paddock par ses pairs, le pilote Mercedes F1 explique que son engagement est avant tout lié à deux accidents qui l’ont profondément marqué : ceux de Billy Monger et Anthoine Hubert.
George Russell n’a jamais cherché à masquer son implication dans les discussions qui entourent l’avenir de la Formule 1. Depuis qu’il a remplacé Romain Grosjean au sein de la direction du GPDA il y a 5 ans, le Britannique participe activement aux décisions et aux débats portant sur la sécurité et l’évolution de la discipline. Une responsabilité qu’il prend particulièrement à cœur, notamment en raison de deux souvenirs qu’il qualifie encore aujourd’hui "d’horrifiants".
Le premier remonte à 2017, lorsque Billy Monger avait été victime d’un terrible accident en Formule 4 britannique qui avait conduit à une double amputation des jambes. Le second est encore plus tragique : en 2019, Anthoine Hubert avait perdu la vie lors d’un accident en Formule 2 à Spa-Francorchamps.
Deux événements auxquels Russell a assisté en direct et qui ont profondément influencé sa vision de son rôle au sein de la GPDA.
L’implication politique de Russell lui vaut aujourd’hui une réputation particulière dans le paddock. Certains de ses pairs le considèrent comme le "politicien" de la grille, une image qui amuse le pilote Mercedes F1 plus qu’elle ne le dérange.
Interrogé par RN365 sur cette perception, Russell reconnaît : "Oui, c’est intéressant comme point de vue, c’est assez drôle à entendre."
Pour le Britannique, son engagement ne répond pourtant pas à une ambition personnelle. Il découle avant tout de sa volonté, partagée avec les autres pilotes, de participer à l’évolution de leur sport.
"Je pense que la Formule 1 évolue constamment et que les pilotes veulent réellement contribuer à améliorer le sport et à le rendre meilleur," poursuit-il.
"Et particulièrement lors de saisons comme celle-ci, où il y a un grand changement de règles, nous devons continuer à faire avancer les choses. Au final, quelqu’un doit rassembler ces différents points de vue et les transmettre aux bonnes personnes."
Russell reconnait toutefois que les origines de son engagement sont elles beaucoup plus personnelles.
"Cela vient beaucoup de deux choses pour moi : l’accident de Billy Monger et celui d’Anthoine Hubert, que j’ai tous les deux vus en direct," révèle-t-il.
"C’était horrifiant à voir et, en tant que pilote, vous avez une perspective unique que les responsables de la réglementation, les concepteurs et les ingénieurs n’ont pas, simplement parce que c’est nous qui sommes dans la voiture."
L’accident de Monger avait profondément marqué le monde du sport automobile. Le Britannique, alors âgé de 17 ans, avait été victime d’une collision en Formule 4 à Donington et avait dû subir une double amputation des jambes.
Deux ans plus tard, le décès d’Anthoine Hubert à Spa-Francorchamps avait rappelé de manière dramatique que les progrès considérables réalisés en matière de sécurité n’avaient pas supprimé tous les dangers inhérents à la course automobile.
Pour Russell, ces deux événements constituent encore aujourd’hui une référence lorsqu’il s’agit d’évaluer les risques auxquels les pilotes sont confrontés.
Le Britannique ne prétend évidemment pas pouvoir rendre la Formule 1 totalement dépourvue de risques. Il considère même qu’une telle ambition serait contraire à la nature même de la discipline.
"Mais s’il y a des domaines qui, selon moi, pourraient contribuer à sauver des vies ou à rendre le sport plus sûr, à le rendre légèrement plus sûr lorsque c’est nécessaire, ou à éviter des risques inutiles, alors..." explique-t-il.
"La Formule 1 sera toujours un sport dangereux et nous ne devrions jamais essayer d’éradiquer complètement cela, parce que cela fait partie du jeu," admet-il.
"Mais cette acceptation du risque ne signifie pas qu’il faille renoncer à progresser. Lorsqu’il y a un risque inutile et quelque chose qui peut être évité, oui, je veux faire entendre ma voix et participer à ce changement," conclut Russell.
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