Leclerc dément : ’je n’ai reçu aucun message pour laisser passer Hamilton’

Ferrari au cœur de la polémique à Zandvoort

Leclerc dément : ’je n’ai reçu aucun message pour laisser passer Hamilton’
Auteur : Franck Drui
24 août 2026 - 10:47

Le Grand Prix des Pays-Bas a laissé un goût amer à Lewis Hamilton, qui estimait que le temps perdu derrière Charles Leclerc avait peut-être joué un rôle dans son incapacité à monter sur le podium. Le Monégasque a toutefois apporté une version différente de la séquence, expliquant qu’il n’avait jamais reçu la moindre consigne de laisser passer son équipier et qu’il avait, au contraire, été invité par Ferrari à rester en piste.

À mi-course environ, Lewis Hamilton s’est retrouvé dans le sillage de Charles Leclerc avec des pneus plus frais. Le Britannique avait prolongé son premier relais après la relance consécutive au drapeau rouge et disposait alors d’un avantage pneumatique lui permettant de revenir rapidement sur son équipier.

Hamilton souhaitait poursuivre sa remontée et espérait donc que Leclerc lui ouvre la voie, ce qui n’a pas été fait et lui a causé une très grande frustration à l’arrivée. Mais la situation était plus complexe du côté de Ferrari : le Monégasque était engagé dans une bataille stratégique avec George Russell, notamment autour de l’undercut et de l’overcut.

Leclerc a finalement expliqué qu’il n’avait jamais reçu de consigne lui demandant de céder sa position à Hamilton.

"Ce sont le genre de choix dont nous devons parler," a-t-il expliqué à froid.

"Pour moi, la chose que je veux surtout examiner concerne plutôt le deuxième arrêt, en réalité, lorsque nous poussions George à s’arrêter et qu’une fois qu’il s’est arrêté, oui, Lewis arrivait, mais deux tours plus tard, on m’a demandé de rentrer aux stands."

Cette décision est précisément celle qui interroge le Monégasque. Selon lui, Ferrari aurait pu exploiter davantage l’arrêt de Russell afin de construire un avantage pneumatique avant la fin de course.

"Pour moi, il était très important de créer un écart de performance entre mes pneus et ceux de la Mercedes afin de revenir fort à la fin, et nous ne l’avons pas vraiment fait. Nous devons donc comprendre pourquoi," a-t-il poursuivi.

Leclerc assure avoir été particulièrement surpris par la décision de Ferrari de le faire rentrer si rapidement après l’arrêt de Russell.

"J’ai été très surpris de rentrer si tôt alors que nous avions fait exactement ce que nous voulions. Avec l’arrêt de George, c’était le moment pour nous de rester cinq ou dix tours de plus afin de construire un écart avec les pneus et revenir sur George à la fin," a-t-il expliqué.

Ferrari a changé d’avis en quelques tours

La chronologie des communications radio permet également de comprendre pourquoi la situation a pu sembler confuse depuis l’extérieur. Leclerc affirme avoir reçu une première consigne lui demandant de s’arrêter, avant d’être finalement invité à rester en piste, puis rappelé aux stands un tour plus tard.

"Deux tours plus tard, on m’a demandé de rentrer, ce que j’ai fait, je pense trois tours plus tard," a-t-il détaillé.

Et Ferrari n’a pas laissé beaucoup de place à la discussion.

"Non, il n’y a pas vraiment eu de débat. On m’a demandé de m’arrêter, puis vers la fin du tour, on m’a demandé de rester en piste, ce que j’ai fait, et le tour suivant, on m’a demandé de rentrer."

Dans cette séquence particulièrement mouvante, Leclerc assure surtout n’avoir jamais reçu la moindre instruction concernant Hamilton. Ferrari l’a-t-elle arrêté parce qu’il n’avait pas écouté une éventuelle consigne de laisser passer son équipier ?

"Non ! Je n’ai reçu aucun message me demandant de laisser passer Lewis," a-t-il affirmé. "Je me concentrais sur mon rythme et j’essayais de faire de mon mieux pour ma propre course."

Le Monégasque rappelle également que sa stratégie avait déjà nécessité une prise de risque auparavant. Son premier relais avait été particulièrement long avant qu’il ne soit finalement arrêté pour tenter de prendre l’avantage sur les voitures qui le précédaient.

"J’avais réalisé un très bon premier relais. J’ai dû m’arrêter tôt pour essayer de faire l’undercut sur les voitures devant, et c’est un peu un travail d’équipe," a-t-il expliqué.

Une stratégie qui implique parfois que l’un des deux pilotes accepte de prendre davantage de risques pour favoriser le résultat collectif.

"Parfois, il faut se mettre un peu en danger, notamment lors du premier relais pour cela, et Lewis était très fort lors du deuxième relais, mais c’est comme ça."

Au terme de la course, Hamilton a finalement pris la quatrième place, à seulement quelques encablures de George Russell, troisième. Le Britannique a donc pu légitimement nourrir des regrets concernant le temps perdu derrière Leclerc, qui a lui-même terminé cinquième, juste derrière son équipier.

Le Monégasque ne nie pas que ces situations peuvent générer de la frustration entre les deux pilotes Ferrari, mais il refuse d’y voir un problème plus profond.

"Je pense que parfois je serai frustré. Parfois, Lewis sera frustré, mais c’est comme ça," a-t-il reconnu.

Pour Leclerc, l’essentiel est de ne pas perdre de vue que la lutte entre les deux Ferrari ne concernait finalement qu’une position au classement, sans conséquence majeure pour l’équipe.

"C’est une position pour l’équipe. Cela ne change rien, donc je ne suis pas déçu ou je ne ressens rien de particulier à ce sujet ; j’ai simplement eu le sentiment que la chance n’était pas vraiment de notre côté, avec le mauvais timing de la voiture de sécurité virtuelle," a-t-il expliqué.

Le timing de la VSC a en effet compliqué les calculs de Ferrari et réduit la valeur du choix stratégique effectué par l’équipe. Leclerc préfère néanmoins accepter cet aléa plutôt que de chercher un responsable.

"C’est comme ça, on sait que les VSC peuvent bien tomber ou mal tomber," a-t-il ajouté.

"Avant la pause, j’avais un peu la chance de mon côté pendant deux ou trois courses, et parfois on découvre l’autre côté de la pièce, ce qui m’est arrivé ici au Grand Prix des Pays-Bas," a conclu Leclerc.


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