Leclerc : Comprendre où l’on perd du temps est plus difficile avec ces F1

Parfois un casse-tête car "il y a tellement de variables"

Leclerc : Comprendre où l’on perd du temps est plus difficile avec ces F1
Auteur : Franck Drui
19 août 2026 - 10:54

Charles Leclerc estime que la complexité des monoplaces de Formule 1 actuelles rend beaucoup plus délicate l’analyse des difficultés rencontrées par les pilotes. Alors que les F1 de 2026 imposent de nouveaux paramètres de pilotage et d’exploitation, le Monégasque juge qu’il n’est plus possible de simplement regarder les données pour identifier immédiatement une faiblesse et savoir comment la corriger.

Le pilote Ferrari a pourtant connu un début de saison encourageant, avec des podiums obtenus en Australie puis au Japon. La tendance s’est ensuite inversée, notamment à Montréal, où Leclerc a vécu l’un des week-ends les plus difficiles de sa carrière en raison de problèmes particulièrement importants au freinage.

La situation a finalement évolué à Silverstone, où une avancée réalisée le vendredi soir lui a permis de retrouver davantage de confiance. Leclerc a ensuite décroché sa première victoire depuis 2024 avant d’enchaîner avec une deuxième place en Belgique.

Ces progrès illustrent toutefois, selon lui, la difficulté à comprendre précisément le comportement des monoplaces de 2026. Contrairement aux précédentes générations à effet de sol, elles réclament une approche différente et leur performance dépend d’un ensemble de paramètres beaucoup plus étroitement liés les uns aux autres.

Leclerc explique ainsi qu’un pilote peut identifier une perte de performance sans nécessairement être capable d’en déterminer immédiatement la cause exacte. L’unité de puissance, les réglages de la voiture et les demandes formulées au pilote peuvent notamment interagir de manière complexe.

"Je pense que toute l’harmonie du pilotage dépend de l’unité de puissance et de la manière dont tout est réglé, et c’est justement pour cela que ces voitures sont si difficiles," a expliqué Leclerc.

Le Monégasque souligne une différence importante avec les générations précédentes, pour lesquelles l’analyse des données pouvait parfois permettre de cibler plus directement une faiblesse.

"Il y a tellement de variables que ce n’est pas comme par le passé, où vous pouviez regarder les données et dire : ’C’est clairement là que je perds du temps, c’est clairement là que je dois changer ma façon de piloter’."

La situation peut même devenir contre-productive lorsqu’un pilote tente de modifier son approche sans tenir compte des autres paramètres de la monoplace.

"Si vous changez votre façon de piloter alors que la programmation va dans la direction opposée, vous pouvez finalement vous retrouver beaucoup plus lent qu’au départ, donc il y a énormément de variables différentes."

Cette nouvelle réalité impose aux pilotes de conserver une certaine souplesse dans leur approche, notamment lorsque les premières sensations ne correspondent pas aux attentes.

"Il faut garder l’esprit ouvert, et j’ai pu le constater," a poursuivi Leclerc.

"J’ai commencé la saison en étant à l’aise avec la voiture et très performant, mais à Montréal et à Monaco, j’ai énormément souffert, puis cela est revenu après avoir changé pas mal de choses."

Pour Leclerc, les sensations derrière le volant ne suffisent donc pas toujours à déterminer la meilleure direction à prendre. Une modification de son style de pilotage peut résoudre un problème dans certaines circonstances tout en en créant un autre ailleurs, selon la manière dont les différents systèmes de la voiture réagissent.

"Je ne pense pas que ce soit vraiment noir ou blanc avec ces voitures. Il y a beaucoup de variables différentes et comprendre toutes les conséquences lorsque vous êtes légèrement en difficulté est plus difficile qu’il n’y paraît."

Cette complexité remet également en question certaines idées reçues sur le style de pilotage à adopter avec ces monoplaces.

"Je ne suis pas d’accord avec l’idée qu’être particulièrement agressif avec ces voitures fonctionne, du moins pas avec notre Ferrari, mais cela peut fonctionner avec une autre voiture."

"C’est pourquoi j’ai dû revoir ma façon de piloter avec la SF-26."


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