Leclerc a-t-il accusé ses freins Brembo trop vite ? Ferrari poursuit son enquête

La solution était-elle déjà sur la SF-26 d’Hamilton ?

Leclerc a-t-il accusé ses freins Brembo trop vite ? Ferrari poursuit son enquête
Auteur : Franck Drui
9 juin 2026 - 09:44

La polémique née après l’abandon de Charles Leclerc au Grand Prix de Monaco ne va pas s’arrêter tout de suite. Si le pilote Ferrari a publiquement pointé du doigt ses freins après sa sortie de piste alors qu’il occupait une position sur le podium, plusieurs analyses techniques suggèrent désormais que les causes pourraient être bien plus complexes qu’une simple défaillance du système de freinage fourni par Brembo.

La frustration de Leclerc a éclaté au grand jour à Monaco. Après avoir perdu une occasion de monter sur le podium à domicile, le pilote Ferrari avait vivement réagi à la radio puis devant les médias, refusant d’endosser la responsabilité de l’incident et évoquant de sérieux problèmes de freinage rencontrés tout au long du week-end.

Cette sortie médiatique a rapidement pris de l’ampleur lorsque Brembo a publié un communiqué inhabituel, affirmant être "très surpris" par les déclarations du Monégasque et estimant qu’il était prématuré de tirer des conclusions avant une analyse complète des données.

Désormais, une autre lecture des événements émerge en Italie. L’analyste technique de La Gazzetta dello Sport, Paolo Filisetti, estime que l’explication pourrait être beaucoup plus complexe qu’une simple panne mécanique.

"Plus précisément, la cause et la solution pourraient coïncider," écrit-il.

"Il semble probable qu’il s’agisse d’une combinaison de facteurs et de réglages spécifiquement liés au système de récupération d’énergie sur les freins arrière ainsi qu’à la plage de température de fonctionnement des disques et des plaquettes."

L’évolution de la réglementation moteur 2026, qui accorde une place encore plus importante à la récupération d’énergie, renforce en effet l’interconnexion entre le groupe propulseur hybride et les systèmes de freinage.

Dans ce contexte, les particularités du circuit monégasque pourraient avoir joué un rôle déterminant.

"Il semble raisonnable de ne pas sous-estimer le fait que, précisément ce week-end, la FIA a choisi de réduire la puissance du système électrique pour des raisons de sécurité," souligne Filisetti.

D’après son analyse, la combinaison d’une récupération d’énergie réduite et des faibles vitesses moyennes observées à Monaco pourrait avoir empêché les freins arrière de Leclerc d’atteindre leur fenêtre optimale de fonctionnement.

"Ils étaient trop froids et donc incapables d’assurer un niveau élevé de friction entre les disques et les plaquettes," explique-t-il.

"Les gros freinages en bout de ligne droite sont quasiment absents sur ce circuit."

Filisetti insiste toutefois sur le fait que seule l’étude approfondie de la télémétrie permettra d’établir avec certitude ce qui s’est produit.

Néanmoins, un élément attire particulièrement son attention : Lewis Hamilton n’a rencontré aucun problème similaire depuis qu’il a adopté une configuration de freinage différente il y a plusieurs courses.

"Le fait qu’Hamilton n’ait rencontré aucun problème, alors que Leclerc a répété tout au long du week-end que son ressenti au freinage était loin d’être parfait, suggère que la solution utilisée depuis trois courses sur la voiture de Lewis a empêché ce problème de réapparaître," estime l’analyste italien.

Leclerc a d’ailleurs déjà confirmé qu’il adoptera à partir du Grand Prix d’Espagne la configuration utilisée par son équipier britannique, qui comprendrait notamment des composants fournis par Carbone Industrie.

Les répercussions de l’affaire ont même dépassé le simple cadre sportif. Les actions de Brembo ont reculé à la Bourse de Milan après le week-end monégasque lors de la reprise des échanges lundi, avec une baisse d’environ 1,5 %.

Tous les observateurs ne sont cependant pas convaincus que les freins soient l’explication principale de l’accident. Le pilote Ferrari aurait pu ramasser une importante quantité de débris de gomme hors trajectoire, tandis que la dégradation progressive du revêtement monégasque pourrait également expliquer son accident, comme pour celui de Lance Stroll.

Alors que Ferrari poursuit son enquête et que les données continuent d’être analysées, une conclusion semble déjà s’imposer : la sortie de piste de Charles Leclerc pourrait résulter d’une combinaison complexe de facteurs techniques, de réglages, de conditions de piste et de caractéristiques propres au circuit de Monaco, bien loin de la seule responsabilité initialement attribuée au système de freinage.


Debriefing du GP de Monaco

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