Le GP de Malaisie pourrait-il suivre l’exemple de Spa et Barcelone pour retrouver la F1 ?
Une alternance pourrait être la meilleure solution pour Sepang
Le retour de la Formule 1 en Malaisie en 2026 a ravivé les ambitions du pays, après le succès populaire rencontré à Sepang lors d’une course organisée pour remplacer le Grand Prix de Bahreïn. Mais malgré cet engouement, les autorités malaisiennes ne sont pas encore convaincues qu’une présence annuelle au calendrier soit la meilleure solution. Le gouvernement étudie désormais plusieurs scénarios, dont une organisation en alternance avec un autre pays, afin de concilier les retombées économiques de l’événement avec son coût financier.
Le Grand Prix disputé à Sepang ce mois-ci a marqué le retour de la Formule 1 en Malaisie, neuf ans après la dernière édition organisée sur le circuit en 2017. Cette réapparition au calendrier a été rendue possible par la reprogrammation du Grand Prix de Bahreïn, finalement accueilli sur le tracé malaisien dans le cadre de la saison 2026.
Le succès de l’événement a rapidement relancé les discussions concernant un retour permanent de la discipline dans le pays. Plusieurs représentants du gouvernement malaisien avaient ainsi évoqué publiquement la possibilité de réintégrer durablement le calendrier de la Formule 1, avec une course organisée chaque année.
Mais cette option n’est désormais plus la seule envisagée. Le ministre malaisien de la Jeunesse et des Sports, Mohammed Taufiq Johari, a confirmé que le gouvernement examinait également une formule permettant à Sepang d’accueillir la F1 de manière moins régulière.
Lors d’une intervention devant le Parlement, il a notamment évoqué la possibilité d’une organisation conjointe avec un autre pays.
"Il y a également eu une proposition visant à organiser la course une fois tous les quelques années, en collaboration avec un autre pays, mais cette idée n’en est encore qu’à un stade préliminaire."
Cette piste pourrait permettre à la Malaisie de conserver une présence au calendrier sans avoir à supporter chaque année les coûts liés à l’organisation d’un Grand Prix.
Elle s’inscrirait également dans la stratégie de la Formule 1, qui cherche à intégrer de nouveaux marchés malgré un calendrier désormais limité à 24 courses. Le principe de l’alternance n’est d’ailleurs pas inédit, puisque les Grands Prix de Belgique, à Spa-Francorchamps, et de Barcelone doivent déjà se partager une place au calendrier selon un système de rotation annuelle.
Une formule similaire pourrait donc représenter une solution pour la Malaisie, même si aucun accord ni aucun pays partenaire n’a été annoncé à ce stade.
Près de 100000 billets vendus en 2026, contre 30000 en 2017
La principale interrogation du gouvernement concerne la viabilité économique d’un retour durable de la Formule 1. Les autorités cherchent notamment à déterminer si les recettes générées par une course annuelle seraient suffisantes pour justifier les dépenses nécessaires à son organisation.
Sur ce point, les chiffres de fréquentation enregistrés cette année constituent un argument favorable au retour de la F1 à Sepang.
Mohammed Taufiq Johari a souligné l’écart important entre les ventes de billets de la dernière édition organisée en 2017 et celles de l’événement de 2026.
"Si nous regardons 2017, les ventes de billets n’étaient que d’environ 30000, contre près de 100000 billets cette année."
"Cette progression témoigne d’un intérêt nettement plus important pour la Formule 1 lors de son retour en Malaisie."
Mais le ministre estime que le succès d’une édition exceptionnelle ne garantit pas nécessairement qu’une telle fréquentation puisse être maintenue d’une saison à l’autre.
"C’est précisément cette question qui se trouve au centre des évaluations actuellement menées par le gouvernement. Une course annuelle pourrait offrir davantage de visibilité internationale et de retombées économiques, mais elle impliquerait également des engagements financiers récurrents."
"À l’inverse, une organisation plus espacée pourrait réduire les coûts tout en préservant l’attrait d’un événement moins fréquent."
La Malaisie n’a donc pas encore arrêté sa stratégie concernant un éventuel retour à long terme de la Formule 1.
Les travaux d’évaluation doivent être achevés d’ici la fin du mois de novembre. Une recommandation sera ensuite transmise au gouvernement malaisien, qui devra décider de la formule à privilégier.
Pour la Formule 1, l’intérêt renouvelé de la Malaisie représente une possibilité supplémentaire de renforcer sa présence en Asie, ce qui était dans les vœux de Stefano Domenicali... mais dans un contexte où les demandes pour rejoindre le calendrier se multiplient. Avec 24 rendez-vous et plusieurs contrats déjà conclus pour les prochaines années, la marge de manœuvre reste limitée, même pour des courses en alternance.
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