La procédure du départ du GP des Pays-Bas va être réexaminée
Pourquoi le départ de Zandvoort a-t-il autant surpris les pilotes ?
Le départ du Grand Prix des Pays-Bas a laissé plusieurs pilotes perplexes après un choix de procédure qui n’a pas empêché les conditions particulièrement piégeuses de provoquer plusieurs incidents dès le premier tour. Entre une piste majoritairement sèche et un dernier virage en banking encore humide, Max Verstappen a perdu le contrôle de sa Red Bull tandis que Gabriel Bortoleto partait en tête-à-queue. Pierre Gasly confirme désormais que la situation fera l’objet d’un examen lors du briefing des pilotes à Monza.
Pour la dernière édition du Grand Prix des Pays-Bas à Zandvoort dans l’ère moderne, le premier tour a immédiatement tourné au chaos. Max Verstappen a accéléré trop fort, trop tôt, et touché un vibreur humide avec sa roue arrière droite dans le dernier virage avant de perdre sa Red Bull et de terminer sa course contre le mur en béton situé à l’extérieur de la courbe (photo ci-dessous).
Au même moment, Gabriel Bortoleto a été victime d’un spectaculaire tête-à-queue à 360 degrés dans le peloton. Le pilote Audi est néanmoins parvenu à éviter les murs, alors que son équipier Nico Hülkenberg a lui aussi échappé de peu à l’accident. L’Allemand a immédiatement fait part de sa frayeur à la radio, craignant de percuter Bortoleto de plein fouet sur le côté.
Le Brésilien a ensuite expliqué que les conditions étaient particulièrement délicates dans cette portion du circuit.
"C’était juste ce virage, si je suis tout à fait honnête avec vous. C’était complètement détrempé à cet endroit. Je pense que c’est pour cela que Max a perdu le contrôle, et c’était pareil pour moi."
Bortoleto a également détaillé la manière dont son propre incident s’était produit, alors qu’il se trouvait sur la partie descendante du banking.
"J’étais sur la partie descendante du banking. J’ai fait un petit mouvement réflexe vers la gauche, je pense, lorsque j’ai vu un gros nuage de fumée apparaître devant moi. Et lorsque j’ai fait cela, je suis parti moi aussi."
Le problème résidait précisément dans le contraste entre les différentes parties du tracé. La majeure partie du tour était sèche, mais le dernier virage conservait plusieurs zones humides, avec de l’eau présente au pied de la courbe relevée. La procédure habituelle avait pourtant été appliquée : le tour de formation s’était déroulé avant que le départ arrêté ne soit donné depuis la grille.
Or, lorsque les conditions sont difficiles, le directeur de course de la FIA dispose de plusieurs possibilités pour adapter la procédure. Il peut notamment décider d’un départ lancé ou imposer des tours supplémentaires derrière la voiture de sécurité, lesquels sont alors retirés de la distance totale de course, avant de choisir entre un départ arrêté ou lancé. Mais là, il y a eu un tour de formation derrière la voiture de sécurité, donc au ralenti par rapport aux capacités des F1.
Pierre Gasly estime justement qu’une autre approche aurait pu être préférable à Zandvoort.
"Si nous procédons comme nous l’avons fait, avec un tour derrière la voiture de sécurité puis un départ arrêté, j’aurais préféré que nous fassions simplement un tour de formation normal, afin que nous puissions rouler un peu plus vite."
"Je pensais que l’idée était de passer au moins une fois dans le dernier virage, sur le banking, derrière la voiture de sécurité avant de procéder au départ normal."
Gasly ne pense toutefois pas qu’une autre décision concernant les pneumatiques aurait fondamentalement changé la situation. Malgré l’humidité persistante dans le dernier virage, les pneumatiques slicks restaient le choix logique.
"Oui, c’était humide. Évidemment, nous aurions quand même chaussé les pneus slicks, je ne pense pas que cela aurait changé grand-chose. C’était donc simplement les conditions et le choix des pneus, malheureusement."
Le Français souhaite désormais que le retour des pilotes soit étudié afin d’éviter que ce type de situation ne se reproduise.
"Nous allons examiner à Monza ce qu’était le retour des pilotes, mais je pense que c’était soit pas de voiture de sécurité et seulement un tour de formation, soit, avec la voiture de sécurité, nous donner au moins un tour supplémentaire."
Parti dans le top 10, Gasly figurait parmi les premiers pilotes à arriver sur les lieux après la sortie de piste de Verstappen. Il confirme que le dernier virage était nettement plus piégeux que le reste du tracé.
"C’était le virage le plus humide. C’était extrêmement difficile, même pour sortir du virage 13, et Max a eu un énorme décrochage sur les zones humides, sans parvenir à le rattraper."
Liam Lawson, appelé à remplacer Isack Hadjar chez Red Bull pour le week-end néerlandais, partage l’analyse de Gasly et estime que la procédure choisie était difficile à comprendre. Le Néo-Zélandais affirme même que les pilotes avaient anticipé les problèmes avant le départ.
"Je ne sais pas pourquoi nous avions la voiture de sécurité. Faire un départ arrêté et effectuer juste un tour derrière la voiture de sécurité n’a aucun sens."
"Je ne suis pas certain de la raison de cette décision, mais j’ai le sentiment que nous pouvions tous voir cela venir. Nous disions probablement tous la même chose avant, lorsque nous avons appris la procédure, mais nous n’avions aucun contrôle là-dessus."
Comme Bortoleto et Gasly, le pilote Red Bull souligne surtout l’écart considérable entre les conditions rencontrées sur les différentes portions du tour.
"C’était simplement impossible. La première moitié du tour était sèche et les derniers virages étaient complètement détrempés. Il était donc très facile de faire ce que Max a fait avec autant de puissance sur un pneu slick."
Lawson explique pour sa part avoir volontairement levé le pied dans cette zone, faute de pouvoir évaluer précisément le niveau d’adhérence disponible.
"J’ai vraiment levé le pied parce que, honnêtement, je n’avais aucune confiance dans le niveau d’adhérence que nous allions avoir à cet endroit. Je pense que Max essayait probablement de se rapprocher et de préparer un dépassement, et il a simplement perdu le contrôle."
Avec plusieurs pilotes directement concernés et un consensus assez clair sur la difficulté du dernier virage, le déroulement du départ de Zandvoort devrait donc être étudié par la FIA. Reste à déterminer si cette analyse débouchera sur une modification des procédures lorsque des conditions mixtes similaires se présenteront à l’avenir.
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