La FIA détaille le mécanisme qui évite aux motoristes de F1 ’un supplice éternel’
L’ADUO se basera sur des données objectives
La FIA a mis en place cette année un mécanisme de compensation pour rattraper un possible retard sur le plan du moteur, notamment par des autorisations d’évolutions sur le nouveau V6 hybride, dans le cas où un retard conséquent ou un problème fondamental soient notés par la fédération.
Nikolas Tombazis, le directeur des monoplaces au sein de la FIA, a détaillé le fonctionnement de l’ADUO, c’est son nom, qui est un ensemble de règles précises que nous vous avions expliquées dans un article récemment.
L’ADUO sera utilisable sur la base de données précises, que la FIA mesurera grâce aux performances des voitures et de leurs blocs propulseurs, comme l’a confirmé l’ingénieur de la fédération.
"Nous mesurons les performances des groupes motopropulseurs à l’aide de divers moyens, de manière très rigoureuse, en calculant la moyenne de trois séries de six courses chacune" a déclaré Tombazis à RacingNews365.
"Le programme s’appelle ADUO, et sur cette base, les personnes dont la puissance de combustion interne est inférieure de plus de 2 %, ou de 4 % ou 6 %, bénéficient progressivement de ces avantages."
"Ces avantages se traduisent par un nombre d’heures de banc d’essai plus important, davantage d’opportunités d’homologation et un plafond de coûts progressivement plus élevé. Nous pensons que, dans un contexte de plafonnement des coûts, cela est nécessaire, car sinon, si vous partez avec du retard, vous serez condamné au supplice éternel."
"Nous avons également prévu d’accorder une réduction du plafond de coûts, disons, si vous rencontrez de sérieux problèmes de fiabilité, car ces groupes motopropulseurs sont des outils très coûteux."
"Vous pouvez imaginer que si vous commencez à casser des moteurs à tout va, en moins d’une demi-saison, vous aurez épuisé votre plafond budgétaire, vous vous retrouverez soudainement sans argent et vous serez dans une situation très difficile, sans autre choix que de quitter le sport."
"Il est clair que nous ne voulons en aucun cas que les constructeurs de moteurs se sentent obligés de quitter le sport parce qu’ils n’ont aucun espoir d’être compétitifs. Cela irait totalement à l’encontre de l’objectif même de leur entrée dans le sport."
Tombazis estime que les mesures mises en place sont plus adaptées à la F1, plutôt qu’un système de balance de performance comme en WEC. Malgré les différents mécanismes en Formule 1, comme le handicap de développement, il réfute l’idée que ce soit un dispositif aussi invasif sur les performances que la BoP en endurance.
"Je tiens à souligner que, malgré tout ce que j’ai dit, je m’opposerais très fermement à l’expression ’balance des performances’ ou à toute autre expression similaire. En fin de compte, il faut se rappeler que les voitures qui s’affrontent sur la piste sont toutes soumises aux mêmes réglementations techniques."
"Il n’existe aucun moyen artificiel de donner plus de performances à l’une ou à l’autre. Elles sont toutes soumises aux mêmes réglementations. C’est simplement que certaines, si elles partent derrière, ont des possibilités de rattraper leur retard."
"Je tiens également à préciser qu’en Formule 1, tant au niveau du châssis que du moteur, il existe une quantité énorme de savoir-faire, d’expérience accumulée, de connaissances accumulées, d’infrastructures, tout ce qui rend extrêmement difficile pour un nouveau venu d’être rapidement compétitif."
"Vous partez vraiment derrière, et l’un des objectifs a été de permettre l’arrivée de nouveaux venus tant au niveau des équipes que des unités motrices."
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