La F1 est en forme mais Las Vegas plombe les résultats financiers
Année 2024 record, mais dernier trimestre décevant
La Formule 1 continue de réaliser des performances financières solides et même record sur l’année 2024, mais son dernier trimestre met en lumière quelques fragilités structurelles, notamment autour du Grand Prix de Las Vegas.
Pour l’année 2024, les revenus primaires (ventes de billets et droits TV principalement) de la F1 ont connu une hausse généralisée. Le chiffre d’affaires total de la F1 a atteint 3,411 milliards de dollars, en hausse par rapport aux 3,222 milliards de dollars enregistrés en 2023.
L’ajout de deux courses supplémentaires en 2024, avec le retour de la Chine et d’Imola, a boosté les revenus issus des frais de promotion des courses. On comprend donc pourquoi Liberty aimerait garder le chiffre de 24 GP à terme, et pourquoi pas monter à 25.
En parallèle, les droits TV et médias ont continué leur ascension. Le sponsoring a aussi bénéficié de nouveaux partenaires et d’une valorisation plus importante des activations commerciales.
Mais cette dynamique positive cache un dernier trimestre plus nuancé.
Entre octobre et décembre 2024, les revenus de la F1 ont chuté de 1,230 milliard de dollars en 2023 à 1,126 milliard de dollars, soit une baisse de 8,4 %. Cette diminution s’explique notamment par un recul des revenus issus des droits médias et de la promotion des courses.
Le Grand Prix de Las Vegas, un pari raté ?
Point central des difficultés du dernier trimestre : le Grand Prix de Las Vegas. La F1 a choisi d’en assurer directement la promotion, espérant maximiser ses profits. Cependant, la réalité financière s’est avérée plus irritante... Les tickets d’entrée ont en particulier généré moins d’argent qu’attendu, alors que les coûts d’exploitation et de promotion ont eux augmenté : le signe d’un modèle qui s’essouffle déjà ?
L’impact financier est quoi qu’il en soit net : le résultat d’exploitation de la F1 a reculé au quatrième trimestre, passant de 153 millions de dollars en 2023 à 126 millions de dollars en 2024, soit une baisse de 17,6 %.
Le bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement ajusté est un autre indicateur révélateur. Il a chuté au quatrième trimestre de 238 millions de dollars en 2023 à 202 millions de dollars en 2024, une baisse de 15,1 %. Néanmoins, sur l’ensemble de l’année, la F1 a enregistré une progression de son résultat, qui est passé de 725 millions de dollars en 2023 à 791 millions de dollars en 2024.
À l’échelle annuelle, toutefois, la F1 a réussi à augmenter son résultat d’exploitation de 392 millions de dollars en 2023 à 492 millions de dollars en 2024. Le tableau d’ensemble est rassurant, mais le pari de Liberty autour de Las Vegas est lui plus inquiétant.
Plus d’1,2 milliard payés aux équipes
D’autant que les marges d’erreurs se réduisent face à l’inflation des coûts. Si la F1 affiche une croissance de son revenu annuel, les dépenses en effet ne cessent d’augmenter.
Les paiements aux équipes (plus d’1,2 milliard !) ont progressé, conformément au système de répartition (entièrement variable) prévu par les Accords Concorde de 2021, mais avec une progression légèrement moins que l’augmentation du chiffre d’affaires. Les équipes devraient donc s’en plaindre...
D’autres coûts variables ont pesé lourd : frais de transport accrus, nouvelles dépenses réglementaires et logistiques liées à l’expansion du calendrier, sans oublier l’exploitation du Las Vegas Grand Prix, évidemment.
Domenicali veut voir le positif chez Liberty Media
« La Formule 1 a terminé l’année 2024 avec un record en termes de nombre de courses, de revenus », a déclaré pour sa part Stefano Domenicali, Président et PDG de la Formule 1.
L’Italien se veut rassurant.
« Nous sommes tout aussi optimistes pour 2025, alors que nous célébrons le 75e anniversaire de la F1, ce qui nous apportera un élan supplémentaire en termes d’image de marque. Nous avons marqué cet événement en réunissant toute la communauté de la F1 lors d’un lancement de saison inédit à l’O2. Notre portefeuille de sponsors est le plus solide de l’histoire du sport et notre pipeline commercial reste robuste. Ce succès commercial s’accompagne d’une excitation sur la piste, car nous nous attendons à une compétition encore plus intense après un championnat 2024 déjà très disputé, et nous accueillons plusieurs pilotes rookies sur la grille. »
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