L’Afrique du Sud écartée par la F1 ? Le pays conteste et poursuit sa candidature
Pourquoi le GP au Rwanda ne condamne pas le projet sud-africain
L’attribution d’un Grand Prix de Formule 1 au Rwanda pour une période de dix ans, à partir du début des années 2030, aurait pu porter un coup aux ambitions de l’Afrique du Sud, qui cherche depuis plusieurs années à retrouver sa place au calendrier. Mais le ministre sud-africain des Sports, des Arts et de la Culture, Gayton McKenzie, refuse de considérer cette annonce comme une défaite. Félicitant son voisin africain, il assure que les deux projets ne sont pas incompatibles et maintient l’objectif d’organiser une course en Afrique du Sud dès 2028 ou 2029.
La Formule 1 a officialisé cette semaine un accord de dix ans avec le Rwanda, qui accueillera un nouveau Grand Prix d’Afrique au début des années 2030. L’épreuve doit se dérouler sur le RISE Motordrome, un circuit entièrement nouveau qui sera construit à Bugesera, à environ 40 kilomètres au sud de Kigali, la capitale du pays.
Le projet est développé par Tilke Engineers & Architects, en collaboration avec WurzDesign, la société d’Alexander Wurz, ancien pilote de Formule 1. Situé à proximité du nouvel aéroport international du Rwanda, le complexe doit répondre aux exigences du Grade 1 de la FIA, indispensable pour accueillir un Grand Prix de Formule 1.
Cette annonce constitue une avancée majeure pour le retour du championnat sur le continent africain, absent du calendrier depuis le Grand Prix d’Afrique du Sud 1993. Mais elle intervient également alors que l’Afrique du Sud poursuit ses propres démarches pour organiser une nouvelle épreuve.
Le pays avait notamment tenté de faire revenir la Formule 1 sur le circuit de Kyalami en 2023, avant que le projet n’échoue faute de garanties financières suffisantes de la part des promoteurs auprès de Formula One Management.
Depuis, les autorités sud-africaines continuent de travailler sur une candidature, avec l’ambition de faire revenir le championnat avant la fin de la décennie.
Interrogé lors d’un point presse, Gayton McKenzie a d’abord tenu à féliciter publiquement le Rwanda pour la conclusion de son accord avec la Formule 1.
Le ministre sud-africain des Sports, des Arts et de la Culture a insisté sur le fait que son pays accueillait favorablement cette annonce, malgré les commentaires présentant le résultat comme une victoire du Rwanda sur l’Afrique du Sud.
"Je tiens à féliciter le Rwanda d’avoir obtenu une place au calendrier de la F1 pour une année située dans les années 2030. Nous, en Afrique du Sud, sommes très heureux que le Rwanda ait obtenu cette place. Je veux m’adresser directement au président du Rwanda, au peuple rwandais et à la ministre, qui est une très bonne amie à moi. Je tiens à la féliciter."
McKenzie a ensuite répondu aux observateurs qui estimaient que l’Afrique du Sud avait perdu une compétition directe pour accueillir le prochain Grand Prix africain.
"J’ai donc vu beaucoup de commentaires de personnes disant : ’Oh, l’Afrique du Sud a été battue, l’Afrique du Sud a été battue’. Je veux donc répondre à cette question. Ce n’est pas une tombola. Je vais le répéter : ce n’est pas une tombola."
Pour le ministre, les candidatures des deux pays doivent être considérées indépendamment, notamment parce qu’elles ne suivent pas le même calendrier. Le Rwanda avait engagé ses démarches bien avant que McKenzie ne prenne ses fonctions au gouvernement sud-africain.
"Le Rwanda avait déposé sa candidature des années avant même que j’imagine devenir ministre des Sports et de l’Agriculture. Le Rwanda a fait le travail nécessaire. Nous sommes arrivés ensuite. J’ai été nommé et j’ai suivi ce que la F1 voulait que nous fassions. Maintenant, lorsque l’on demande une place au calendrier de la F1, nous ne sommes pas en compétition."
L’Afrique du Sud vise toujours un Grand Prix en 2028 ou 2029
McKenzie a confirmé que son gouvernement poursuivait ses efforts pour faire revenir la Formule 1 en Afrique du Sud avant la fin des années 2020. L’objectif demeure d’obtenir une place au calendrier en 2028 ou en 2029, soit plusieurs années avant le début prévu du contrat rwandais.
Cette différence de calendrier constitue l’un des principaux arguments avancés par le ministre pour contester l’idée d’une rivalité directe entre les deux candidatures.
"Maintenant, ils disent que le Rwanda nous a battus. Non, le Rwanda ne nous a pas battus. Nous, Sud-Africains, visons toujours 2028 ou 2029. Le Rwanda a fait ce qu’il devait faire et leur première course sera dans les années 2030 selon l’avancement de leur projet."
Pour McKenzie, la priorité est désormais de consolider le financement du projet sud-africain. L’échec de la tentative de retour à Kyalami en 2023 avait notamment montré l’importance des garanties commerciales exigées par Formula One Management.
Le ministre affirme que des discussions ont été menées avec plusieurs entreprises majeures et que le projet bénéficie désormais de soutiens financiers.
"Nous avons parlé aux personnes les plus importantes, à savoir les sponsors."
Gayton McKenzie a ensuite dévoilé plusieurs noms d’entreprises associées aux ambitions sud-africaines.
"Nous avons MTN. Nous avons Betway. Nous avons Discovery, nous avons Canal+, et il y a aussi un grand partenaire que je ne peux pas encore annoncer, parce que nous allons le faire lors de notre événement. Il s’agit de l’une des plus grandes banques, qui s’associe à nous. Je ne peux pas la nommer maintenant, car nous organiserons un autre événement au cours duquel nous l’annoncerons."
La présence de partenaires privés constitue un élément important du dossier, compte tenu des engagements financiers nécessaires pour accueillir un Grand Prix.
Deux Grands Prix africains pourraient-ils coexister ?
L’annonce du Rwanda ne ferme donc pas, selon McKenzie, la porte à un retour de la Formule 1 en Afrique du Sud. Les deux pays défendent des projets distincts, avec des échéances différentes : 2028 ou 2029 pour les ambitions sud-africaines, et le début des années 2030 pour le Grand Prix du Rwanda.
Si la F1 devait accepter une deuxième course africaine, les deux événements pourraient théoriquement coexister au calendrier. Mais cette perspective reste hypothétique, puisque seul le contrat rwandais a été officiellement annoncé. McKenzie répond fermement aux sceptiques.
"Je ne peux pas débattre avec des gens qui ont cette mentalité minimaliste, cette mentalité défaitiste, selon laquelle l’Afrique ne devrait avoir droit qu’à une seule course, alors que le Moyen-Orient en compte quatre, les États-Unis trois et l’Europe neuf," a déclaré McKenzie.
"Et vous voudriez que l’Afrique n’en ait qu’une seule ? Quel genre de raisonnement est-ce là ? Vous voulez qu’un continent entier, composé de 54 pays, je dis bien 54 pays, n’en accueille qu’une seule ? Nous sommes, pour notre part, très heureux pour le Rwanda."
"Nous travaillons, nous sommes sur la bonne voie. Il ne faudra pas venir dire plus tard : ’Oh, ils nous ont devancés’. Le Rwanda ne figure pas dans nos dossiers. Nous sommes très contents pour le Rwanda, car cela sert notre objectif : faire en sorte que l’Afrique puisse accueillir la F1."
Comment suivre au mieux l’actualité de notre site ?
Vous appréciez nos actus ? Alors sélectionnez Nextgen-Auto.com comme source privilégiée sur Google, pour voir davantage de news F1 de ce site dans vos résultats d’actualités. Vous ne manquerez plus aucune information et serez parmi les premiers à lire nos interviews et analyses.
S’abonner est simple : il vous suffit de cliquer sur ce lien et de cocher les sources Nextgen-Auto.com.
Vous pouvez aussi vous abonner à notre chaîne WhatsApp Nextgen-Auto.com pour recevoir en temps réel les "breaking news" et quelques informations exclusives avant leur publication !
Nous suivre sur notre Profil Google afin que nos news vous soient présentées en priorité dans votre fil d’informations sur votre smartphone ! Il suffit de cliquer sur "Suivre sur Google".
Calendrier - circuits F1
- L’Afrique du Sud écartée par la F1 ? Le pays conteste et poursuit sa candidature
- La F1 pourrait attendre encore un mois avant de trancher sur sa fin de saison
- Amnesty International accuse la F1 de ’sportswashing’ après son accord avec le Rwanda
- La F1 confirme qu’Imola est prêt, le Qatar et Abu Dhabi de plus en plus sous pression
- Hamilton demande un changement à Singapour, le circuit pourrait refuser