L’affaire du podium de Monaco s’étend : Mercedes F1 conteste maintenant les pénalités de Russell

Wolff confirme le dépôt d’une demande officielle

L’affaire du podium de Monaco s’étend : Mercedes F1 conteste maintenant les pénalités de Russell
Auteur : Franck Drui
14 juin 2026 - 15:37

La polémique autour du classement final du Grand Prix de Monaco n’est pas terminée. Après la réintégration de Pierre Gasly sur le podium à la suite de l’annulation de ses pénalités pour excès de vitesse dans la voie des stands, Mercedes F1 a confirmé avoir lancé sa propre procédure afin de contester les sanctions infligées à George Russell.

L’écurie allemande a officialisé pendant la course son intention de demander un droit de révision concernant les pénalités reçues par Russell dans les rues de la Principauté. Le Britannique avait vu sa course ruinée après avoir été l’un des cinq pilotes sanctionnés pour excès de vitesse dans la voie des stands.

La situation de Russell s’était ensuite compliquée lorsqu’une erreur de Mercedes dans l’exécution de la pénalité initiale avait conduit les commissaires à lui infliger un drive-through supplémentaire, le faisant chuter hors des points.

L’affaire a pris une nouvelle dimension après qu’Alpine a obtenu gain de cause dans sa demande de droit de révision concernant Pierre Gasly. Les deux pénalités de cinq secondes du Français ont été annulées, permettant au pilote Alpine de récupérer la troisième place qu’il avait franchie sur la piste à Monaco.

Face à cette décision, Mercedes a consulté ses juristes afin de déterminer s’il existait une base réglementaire permettant de contester les sanctions infligées à Russell.

Interrogé au GP de Barcelone, Toto Wolff a confirmé l’initiative de son équipe : "Oui, nous avons également écrit à la FIA pour demander un droit de révision."

Contrairement à Red Bull et McLaren, qui contestent directement la décision ayant permis à Gasly de récupérer son podium, Mercedes concentre sa démarche sur les pénalités reçues par Russell.

L’équipe allemande sait toutefois que ses chances de succès sont extrêmement réduites. D’une part, Mercedes a dépassé le délai réglementaire initial de 96 heures après le Grand Prix de Monaco pour déposer un recours contre les sanctions. D’autre part, une différence fondamentale distingue les dossiers Gasly et Russell.

Les pénalités du pilote Alpine n’ont jamais été purgées en course puisqu’elles ont été ajoutées après l’arrivée. À l’inverse, Russell a bien exécuté ses sanctions pendant l’épreuve. Or, le règlement ne prévoit aucun mécanisme permettant aux commissaires d’annuler rétroactivement une pénalité déjà purgée.

Les commissaires eux-mêmes l’ont reconnu dans leur décision concernant Gasly : "Nous notons que, concernant d’autres voitures ayant été pénalisées, certaines ont purgé leur pénalité et que cela a malheureusement affecté leur stratégie de course ainsi que leur résultat final."

"Il subsistera sans aucun doute des interrogations quant au caractère réel ou non de ces infractions. Il n’existe aucun règlement donnant aux commissaires le pouvoir d’annuler une pénalité déjà purgée."

"Dans tous les cas, il est impossible d’imaginer comment un tel pouvoir pourrait être appliqué. Il convient notamment de noter qu’aucune autre partie n’a demandé un droit de révision dans les délais autorisés."

Conscient des obstacles réglementaires, Wolff admet lui-même que la démarche de Mercedes a peu de chances d’aboutir, mais estime qu’il est nécessaire de défendre les intérêts de son pilote.

"Je dois être honnête, je ne suis pas certain que ce soit une issue réaliste, parce que cela ouvre une véritable boîte de Pandore," a reconnu le directeur de Mercedes.

"Normalement, lorsqu’un pilote reçoit une pénalité stop-and-go et ne l’effectue pas, cela se transforme en 20 secondes ajoutées à son temps de course, et ces 20 secondes replaceraient George à la quatrième place."

"Mais quelles seraient alors toutes les autres conséquences ? Je ne pense donc pas que cela tiendra devant les juges, mais nous devons le faire pour George."

Mercedes n’est pas seule à remettre en question les conséquences de la décision favorable à Alpine. Red Bull et McLaren ont également enregistré leur intention de faire appel.

Le patron de McLaren, Andrea Stella, a lui aussi souligné la complexité du dossier.

"La situation dans laquelle certaines voitures ayant reçu une pénalité l’ont purgée pendant la course, tandis que d’autres ne l’ont pas fait, puis où l’on se retrouve avec certaines de ces voitures dont la pénalité est finalement annulée, constitue un cas très difficile."

L’Italien a confirmé que McLaren poursuivait actuellement son analyse du dossier : "Nous avons déjà déposé une intention d’appel. Nous allons utiliser le temps dont nous disposons pour confirmer ou non cette intention."

"Pour le moment, je préfère ne pas trop commenter la situation, si ce n’est pour dire qu’il s’agit d’un dossier extrêmement complexe et que nous estimons effectivement devoir envisager un appel."


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