Mekies raconte une année qui lui semble ’irréelle’ chez Red Bull

Tout s’est enchaîné sans vraie pause depuis son arrivée

Mekies raconte une année qui lui semble ’irréelle’ chez Red Bull
14 août 2026 - 18:10

Red Bull n’a cessé de progresser depuis un an, et Laurent Mekies donne le crédit de ces progrès à la résilience de toute son équipe. Malgré le retour en arrière causé par le nouveau règlement et le défi énorme relevé en matière de moteur, l’équipe ayant décidé de fabriquer son propre V6 hybride avec Ford, la progression montrée en fin d’année 2025 et celle du début de saison sont saluées par le Français.

Quand il est arrivé dans l’équipe à la place de Christian Horner, le titre mondial des pilotes semblait perdu pour 2025, mais Max Verstappen a signé une remontée exceptionnelle pour échouer à une poignée de points de Lando Norris. Au moment de tirer le bilan d’une année à Milton Keynes, le directeur et PDG se souvient de cette fin d’année dernière.

"L’année a été une montagne russe" a confié Mekies à Racer. "Je ne vais pas mentir, mais cela a été avant tout un privilège incroyable de faire partie de l’équipe. En arrivant l’année dernière, si je me souviens des premières semaines, cela semble un peu irréel aujourd’hui."

"Mais en essayant de faire la connaissance de nos gens incroyables aussi vite que possible, des gens incroyables du côté du châssis, des gens incroyables du côté du moteur, il y a d’abord eu cette poussée massive pour redresser la barre après un début de saison 2025 difficile."

"Et je me rappelle très bien que Pierre [Waché] et l’équipe ne voulaient pas abandonner, n’acceptaient pas le manque de performance de la voiture de l’année dernière. Ils auraient eu toutes les raisons du monde de tourner la page, avec l’arrivée de la réglementation 2026, l’arrivée du nouveau moteur, un nouveau patron, toutes les raisons du monde de dire ’cette voiture ne fonctionne pas. On réglera ça l’année prochaine’."

"Mais personne n’a voulu faire ça. Et lentement mais sûrement, ils ont trouvé un nouveau point d’équilibre pour la voiture, de nouveaux développements pour la voiture, de nouvelles voies. Et associé à un peu de magie de Max, cela nous a donné la remontée."

Et c’est aussi cet état d’esprit et l’ampleur du travail pour 2026 qui ont donné l’impression au Français que l’hiver n’avait presque pas eu lieu.

"Nous n’avons pas eu le temps de réaliser que c’était vraiment terminé à Abu Dhabi, parce que nous avions un grand compte à rebours devant nous. Pour être juste envers notre personnel, ce compte à rebours avait commencé, genre, quatre ans plus tôt."

"Et ce compte à rebours était le projet le plus fou auquel on puisse participer, qui consiste à essayer de fabriquer son propre groupe propulseur."

"C’est le genre de projet qu’aucun conseil d’administration au monde, aucun actionnaire au monde ne prendrait en charge et n’accepterait, en se disant ’c’est une bonne idée, allons créer notre propre groupe propulseur de Formule 1 et allons nous battre contre des gens qui font ça depuis 90 ans’. Je pense que personne ne ferait ça."

"C’est vraiment la méthode Red Bull. Nous faisons ce que nous pensons être impossible à réaliser. Et c’est ce qu’à l’époque les actionnaires et la direction ont décidé. Et une équipe formidable a été rassemblée, menée par Ben [Hodgkinson, directeur technique de RBPT]. Et ces gars-là ont travaillé dans l’ombre pendant ces quatre années."

"À un moment donné, vous voyez le compte à rebours approcher de la fin. Et il est juste de dire que, pendant l’hiver, nous avions ce nuage noir au-dessus de nos têtes. Parce que si vous ratez le projet du groupe propulseur, vous êtes parti pour une, deux ou trois saisons sans être compétitif."

"Nous l’avons vu également lors du précédent cycle réglementaire en 2014, ceux qui se sont ratés, sans parler du fait qu’ils aient pu être nouveaux ou non, se sont retrouvés en retrait des meilleurs pendant de très, très nombreuses saisons."

"Et pour en arriver à janvier, après de nombreuses journées et nuits de travail de tout le monde sur le campus et le week-end, la voiture a pris la piste avec Isack [Hadjar] lors de la première journée des essais d’avant-saison à Barcelone, et il a bouclé 100 tours."

"Nous nous sommes simplement regardés et cela semblait tellement normal. Voir déjà les gens de Red Bull Powertrains Ford et les gens du châssis travailler ensemble avec le même maillot était un sentiment incroyable. Et il est devenu très, très clair très tôt que nous avions l’impression d’être dans la bataille. C’est devenu normal très rapidement."

"Ne me comprenez pas mal, c’était ressenti comme normal avec une quantité énorme de choses qui ne fonctionnaient pas comme vous le souhaiteriez, et avec une quantité énorme de choses où nous n’étions pas au niveau requis, mais cela semblait suffisamment proche pour se battre."

Après une pré-saison encourageante, Mekies affirme que l’écart avec Mercedes lors de la première manche de la saison en Australie a été un choc, mais il rappelle à nouveau que Red Bull a réussi à rattraper près d’une seconde sur l’équipe qui est actuellement la référence.

"Vous arrivez à Melbourne et vous avez ces énormes points positifs. Le nuage noir n’est plus là. Vous vous dites que vous allez vous battre. Mais ensuite, la dure réalité est que vous êtes à 1,2 seconde du rythme."

"Ce qui, en toute honnêteté, est probablement assez logique si l’on pense à quel point nous avons poussé tard l’année dernière. Et à certains égards, vous le voyez aussi chez nos amis de chez McLaren cette année, et nous avons probablement poussé encore plus fort et plus tard qu’eux l’année dernière."

"Donc si vous combinez cela, le groupe propulseur, d’accord, nous étions à 1,2 seconde, une partie du côté du châssis, une partie du côté du moteur, mais nous avions le sentiment que nous pouvions nous battre."

"Même si le public et peut-être une plus large audience ont été surpris que nous disions ’les gars, nous serons la quatrième équipe, et nous le prenons comme un point positif pour le moment’, alors bien sûr, quand vous êtes sur le week-end de course et que vous voyez la réalité de voir trois autres équipes devant vous, ce n’est pas une sensation très agréable."

"Mais une fois de plus, Red Bull Racing a fait ce dans quoi ils sont incroyables, le rythme de développement. Et nous sommes maintenant à seulement une demi-saison, et la majeure partie de ces 1,2 seconde s’est envolée. Il nous reste probablement les 0"3 à trouver par rapport au rythme ultime."

"Nous savons très bien que les trois derniers dixièmes sont les plus difficiles, et seul le temps nous dira si nous parvenons à aller chercher ces trois derniers dixièmes. Mais je dois rendre hommage aux équipes de Pierre, aux équipes de Ben pour ce qui a été accompli durant ces quelques mois, quatre mois, cinq mois, en nous ramenant dans la normalité de se battre pour la victoire un jour ou pour le podium à la course suivante."

Réussir de tels progrès avec un groupe propulseur conçu par Red Bull a impressionné Mekies, et il pense qu’il n’est pas le seul à avoir été surpris par ce niveau de performance.

"Cela a dépassé les attentes pour moi et je pense pour beaucoup de monde. Si je dois vous parler de nos spécialistes du groupe propulseur, dans le moment le plus difficile des 12 derniers mois, je ne peux juger que des 12 derniers mois, il y a eu des moments où il y avait des problèmes assez complexes et sérieux à résoudre pour être sur la grille, et pour être sur la grille au bon niveau."

"Mais même dans les moments les plus difficiles, ils ont toujours eu le sentiment d’avoir les bons moyens pour arriver au bon endroit. Et donc, oui, c’était une surprise. Je pense qu’ils ont dépassé les attentes, aucun doute là-dessus."

"Mais encore une fois, je dois donner du crédit à Ben et à son équipe pour avoir été forts dans les bons jours et, plus important encore, dans les mauvais jours. De cette étape de 2025 à la fin de la saison, l’ampleur de la progression de Red Bull a été immense."

"Malgré des départs de grands noms et un nouveau projet de groupe propulseur, la première moitié de cette année fait assurément jeu égal. Les fondations sont en place pour les futures victoires et les futurs titres, et l’échéancier réaliste est bien plus court qu’il n’aurait pu l’être."

"Je ne pense pas que nous abordions l’année prochaine avec un quelconque désavantage par rapport à Mercedes, McLaren ou Ferrari. Cela ne veut pas dire que ce sera nous ou eux ou quoi que ce soit. Cela veut dire que vous aurez quatre grandes équipes qui auront des chances assez égales de développer leur voiture pour se battre pour le titre l’année prochaine."


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