Horner se sent ’blessé et dépossédé’ depuis son éviction de Red Bull

Il dénonce la brutalité de la décision après plus de vingt ans de service

Horner se sent ’blessé et dépossédé’ depuis son éviction de Red Bull
Auteur : Franck Drui
14 octobre 2026 - 08:03

Christian Horner n’a toujours pas digéré les circonstances de son départ de Red Bull. Écarté de ses fonctions de directeur d’équipe et de PDG en juillet 2025, le Britannique a quitté l’écurie seulement six mois avant les débuts en piste de son tout premier groupe propulseur développé en interne, en collaboration avec Ford. Un projet qu’il avait personnellement contribué à lancer en 2021 et dont il n’a finalement pas pu accompagner les premiers succès. Dans un entretien accordé au Guardian, l’ancien dirigeant revient sur une séparation particulièrement douloureuse, tout en exprimant sa fierté après la première victoire du moteur Red Bull à Sepang.

Le départ de Christian Horner a marqué la fin d’une époque chez Red Bull Racing. Après plus de vingt ans à la tête de l’écurie de Milton Keynes, le Britannique a été démis de ses fonctions à la suite d’une période de résultats décevants, entamée lors de la seconde moitié de la saison 2024 et prolongée en 2025.

Son dernier Grand Prix à la tête de l’équipe s’est disputé à Silverstone, en juillet 2025. Max Verstappen avait alors terminé à une frustrante cinquième place, tandis que Yuki Tsunoda avait franchi la ligne d’arrivée avec un tour de retard sur les leaders.

Quelques jours plus tard, Horner quittait ses fonctions de directeur d’équipe et de PDG. Cette décision intervenait à un moment particulièrement sensible de l’histoire de Red Bull, alors que l’écurie se préparait à devenir motoriste à part entière pour la première fois en Formule 1.

En janvier 2026, six mois seulement après son éviction, Red Bull faisait débuter son premier groupe propulseur conçu par sa propre division Red Bull Powertrains, dans le cadre de son partenariat avec Ford.

Un projet dont les fondations remontaient à 2021 et dans lequel Horner avait joué un rôle central.

"Lorsque j’ai commencé chez Red Bull, il y avait moins de 400 personnes. Quand je suis parti, il y en avait 2200," a-t-il rappelé.

"J’ai consacré mon cœur et mon âme à cette entreprise et j’ai convaincu des personnes de quitter d’autres équipes pour rejoindre Red Bull. Je n’ai jamais connu une rotation importante du personnel, parce qu’il existait une loyauté extraordinaire sur une longue période."

Au-delà des résultats sportifs, Horner considère la création de Red Bull Powertrains comme l’un des projets les plus importants de son passage à Milton Keynes.

"La décision de développer un groupe propulseur en interne représentait un défi industriel majeur pour une structure historiquement connue comme une écurie de Formule 1, et non comme un constructeur de moteurs."

Pour Horner, ne pas avoir pu assister à l’aboutissement de ce travail reste l’une des conséquences les plus difficiles de son éviction.

"L’entreprise chargée de développer notre propre moteur avait été créée en 2021, et j’étais sur le point de voir ce moteur prendre la piste lorsque je suis parti. J’ai ressenti une immense tristesse de ne pas voir ce moteur installé dans une voiture."

"Personne ne pouvait m’enlever les 124 victoires et les 14 titres mondiaux, mais je me suis senti particulièrement blessé et dépossédé de ne pas avoir eu l’occasion de voir gagner ce moteur fabriqué par Red Bull Powertrains."

Une éviction "brutale" et particulièrement douloureuse

Horner ne cache pas que la manière dont son départ a été décidé a profondément affecté son état d’esprit.

Au-delà de la perte de ses responsabilités, il évoque une rupture soudaine avec une entreprise à laquelle il avait consacré une grande partie de sa carrière professionnelle.

"Cela m’a semblé particulièrement brutal et triste de terminer de cette manière," a-t-il confié.

"C’était douloureux. Très douloureux. Je n’ai pas vraiment réalisé ce qui s’était passé avant un mois, parce que, dans l’immédiat, je me suis concentré sur le soutien à ma fille, qui traversait une période terrible."

"Les deux dernières années avaient été assez difficiles pour elle, et c’était une période particulièrement sensible. J’avais une enfant de 11 ans qui faisait le deuil de sa mère. Rien n’était plus important que cela."

La première victoire du moteur Red Bull-Ford, un moment de fierté

Malgré l’amertume liée à son départ, Horner continue de suivre les performances de son ancienne équipe.

Après un début de saison 2026 particulièrement difficile dans le cadre de la nouvelle réglementation technique, Red Bull a décroché sa première victoire de l’année au début du mois d’octobre, lors du Grand Prix de Malaisie à Sepang.

Max Verstappen a ainsi offert au groupe propulseur Red Bull-Ford son premier succès en Formule 1.

Cette victoire constituait également une étape historique pour le moteur DM-01, dont la désignation rend hommage à Dietrich Mateschitz, cofondateur de Red Bull aujourd’hui disparu.

Horner a reconnu avoir ressenti une grande satisfaction en voyant le programme auquel il avait tant contribué atteindre cet objectif.

"J’ai ressenti une immense fierté en voyant ce que cela représentait pour tout le monde et en constatant qu’ils avaient envoyé un représentant de Red Bull Powertrains sur le podium," a-t-il expliqué.

"J’ai reçu des messages de toute l’équipe et j’ai envoyé un message à Max après la course. Il a fait preuve d’une grande générosité, et voir ce moteur gagner a constitué un moment historique."

"Cela m’a conforté dans l’idée que, si vous réunissez les bonnes personnes, avec la bonne culture et les outils nécessaires, tout est possible."

"Red Bull a toujours été l’équipe anticonformiste. Elle a repoussé les limites. Seul Red Bull pouvait faire quelque chose d’aussi fou que de construire un nouveau moteur au sein d’une filiale d’un fabricant de boissons énergisantes."

"Sa devise était de ne pas se conformer aux règles établies, de bousculer les habitudes. C’est un peu différent aujourd’hui."

L’ancien directeur de Red Bull estime enfin que certaines valeurs, notamment la loyauté et l’élégance dans les relations professionnelles, tendent à disparaître du paysage moderne de la Formule 1.

Sans remettre en cause le fait que les équipes doivent être jugées sur leurs résultats, il considère que les circonstances de son éviction ont été particulièrement sévères.

"L’histoire se répète. Toutes les équipes n’agissent pas de cette manière," a-t-il déclaré.

"Beaucoup d’équipes n’ont pas obtenu les résultats attendus au fil des années, mais vous ne voyez pas la même brutalité que celle dont j’ai fait l’objet lorsque je suis parti. Nous avions signé la pole position lors de la course précédente (à son éviction)."

"Mon éviction a représenté un choc professionnel, même si l’éloignement du paddock a permis de prendre du recul sur les tensions permanentes qui accompagnent la direction d’une écurie de Formule 1."

"Après plus de deux décennies passées au cœur des rivalités sportives, techniques et politiques du championnat, cette interruption imposée a constitué une forme de répit inattendu."

"Mais plus d’un an après avoir quitté Red Bull, je suis toujours blessé et profondément affecté par la manière dont s’est achevée mon aventure à Milton Keynes."


Comment suivre au mieux l’actualité de notre site ?

Vous appréciez nos actus ? Alors sélectionnez Nextgen-Auto.com comme source privilégiée sur Google, pour voir davantage de news F1 de ce site dans vos résultats d’actualités. Vous ne manquerez plus aucune information et serez parmi les premiers à lire nos interviews et analyses.

S’abonner est simple : il vous suffit de cliquer sur ce lien et de cocher les sources Nextgen-Auto.com.

Vous pouvez aussi vous abonner à notre chaîne WhatsApp Nextgen-Auto.com pour recevoir en temps réel les "breaking news" et quelques informations exclusives avant leur publication !

Nous suivre sur notre Profil Google afin que nos news vous soient présentées en priorité dans votre fil d’informations sur votre smartphone ! Il suffit de cliquer sur "Suivre sur Google".


Partage

redbull2_66_-6.jpg